Mois: avril 2013

Résidences non principales (1) Taux de vacance le plus reduit

Le logement est, a priori, la principale fonction urbaine, mais un ensemble de logements n’implique pas, a lui seul, une réalité urbaine ; ainsi, dans les articles suivants la référence seront des municipalités avec plus de 20.000 habitants, une taille au delà de laquelle des réalités d’une certaine complexité deviennent apparentes et l’on évite certains cas extrêmes comme le hameau 100% rural ou la commune station de ski.

D’après le recensement de 2011 la municipalité espagnole avec le taux le plus réduit de logements vacants était Moguer (pres de 21.000 habitants), avec 8.068 logements dans l’ensemble, desquels seulement 105 vacants (1,3%) et 199 secondaires. C’est une municipalité liée aux dynamiques métropolitaines de Huelva, la capitale provinciale ; l’économie municipale dépend en partie du village côtier touristique de Mazagón (partagé avec la municipalité voisine de Palos, a qui appartient la bande littorale), mais aussi en grande partie d’une agriculture d’irrigation (fraise, entre autres cultures) qui attire un contingent important de travailleurs de saison étrangers, qui ont eu par le passé des problèmes de logement spécifiques.  Attention, l’image google ne montre que la zone urbaine principale.

Comme comparaison, en France en 2012 la commune avec la plus réduite proportion de logements vacants était Colomiers (34.300 habitants), avec dans l’ensemble 14.813 logements, dont 174 résidences secondaires et 148 vacantes (1%). A l’ouest de Toulouse et dans son agglomération, sa croissance commence dans la décennie de 1960 et son économie est liée a l’aéronautique (Airbus) et le tertiaire.

Dans les deux cas, des populations liées a des dynamiques d’agglomeration.

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Biblio (39) Recensement des logements en Espagne 2011

Pourcentage de logements vacants en 2011 en Espagne, par province

Pourcentage de logements vacants en 2011 en Espagne, par province

Le 19 avril l’Instituto Nacional de Estadística a difusé des résultats sur les logements du recensement 2011 (les données démographiques ont été publiées préalablement, avec dans l’ensemble 46,815 millions d’habitants). Les chiffres principaux sont:

  • 25,208 millions delogements (augmentation de 4,26 millions pour la dernière décennie).
  • 18,083 millions de résidences principales (augmentation de 3,89 millions)
  • 3,681 millions de résidences secondaires (augmentation de 28.602 unités)
  • 3,443 millions de logements vacants (augmentation de 336.943 unités

La dynamique générale pour la dernière décennie a été :

  • +14,6% habitants
  • +27,5% résidences principales (egal au nombre de menages)
  • +20,3% ensemble des logements

L’Espagne est un pays grand, tant en termes géographiques comme en termes démographiques, et ces nombres résument des situations locales très différentes. Par régions, l’augmentation la plus importante du nombre total de logements s’est produit  a Murcia (un espace sous la demande touristique), avec +31,1%, et la moins importante au Pays Basque (la région avec le système le plus strict de planification regionale et contrôle de la croissance) avec +14,4%.

Que veulent dire ces nombres en relation avec d’autres contextes ?

D’après les données de l’INSEE, en France il y avait en 2012 (pour 65,6 millions d’habitants) un total de 33,192 millions de logements, desquels 27,680  millions de résidences principales, 3,153 mill. de secondaires,  et 2,359 mill. de vacants.

Les données de l’US Census Bureau montrent pour 2011 (pour 311 millions d’habitants) 132,419 millions de logements, desquels 114,907 mill. de résidences principales, 4,133 mill. de résidences secondaires, et 13,379 mill. vacants.

Comparant les données des trois pays, la dimension moyenne des ménages (habitants par résidence principale) est très similaire, avec 2,5 en Espagne, 2,4 en France et 2,7 aux Etats-Unis. La différence principale est dans le taux de vacance (unîtes vacantes sur l’ensemble du parc) : 13,7% en Espagne, 7% en France, 10,1% aux Etats- Unis (un marché grand, avec des valeurs plus hautes comme 14% pour l’agglomération de Phoenix). Le taux de résidences secondaires est aussi différent : 14,6% en Espagne, 9,5% en France, 3,1% aux Etats-Unis ; les effets du « reve nord-européen » d’une maison sous le soleil sont  importants.

Le recensement montre l’importance de l’histoire : la région avec le plus haut pourcentage de logements secondaires (Castilla y León) et le plus haut pourcentage de logements vacant (Galice) doivent en partie ces résultats a l’exode rural pendant la deuxième moitie du XXème siècle.

Si pendant la dernière décennie on a construit plus 700.000 logements vacants en 2011, il est aussi important de noter plus d’un million de logements vacants construits pendant les années de forte croissance entre 1961 et 1980 dans des conditions pires et avec plus de problèmes pour son retour au marché. Voici deux catégories de problèmes : le premier est un problème bancaire et d’économie en général, car souvent ces logements sont encore propriété du promoteur, et ont passé aux mains des banques par défaut de paiement, tandis que dans le deuxième la perte économique est très repartie, mais le problème urbain de dégradation est potentiellement plus grave.

La cigogne

Hier j’ai visité Hoyos (Cáceres, dans la région espagnole d’Extremadura). La cigogne est l’un des symboles d’Extremadura, et vraiment on en voit en grand nombre, pas seulement pendant la saison traditionnelle de migraison (sur certains secteurs elles restent toute l’année, ayant trouvé des sources de nourriture). Elles plantent leurs nids sur les emplacements les plus incroyables (par exemple, les poteaux d’un grand panneau d’autoroute…) et elles font une figure majestueuse quands elles se posent sur leurs nids (ce moment ou vous n’avez pas votre apareil photo pret…). Elles sont une partie du paysage.

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La Gavia

gavia 3Le projet du Parc de la Gavia a Madrid s’apuie sur la reutilisation d’eaux d’assainissement urbain, dont une partie du traitement serait assumé par des etangs de filtration dont l’humidité aiderá a la croissance de la vegetation. Le projet, de l’architecte japonais Toyo Ito, etait inscrit dans les candidatures olympiques madrilenes. Maintenant il est devenu une realité, un passage difficile pour un parc. Les architectes voient souvent leurs batiment sous leur meilleur aspect le jour de la livraison, mais les paysagistes integrent dans leurs projets le temps et la croissance des essences vegetales, de telle sorte que les premiers moments d’un parc peuvent decevoir certains, surtout quand le projet avait suscité la curiosité par sa geometrie. Mais en fait, le parc rend ce que l’on peut atendre: un espace ouvert dans une zone plutot seche du sudest de Madrid, avec au moins un arrosage a l’eau recyclée… et la croissance des arbres pourrait donner un bon resultat avec un suivi convenable.

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Le parc n’est pas officiellement ouvert, mais etant donnée que les travaux ont eté interrompus par cause de coupes budgetaires, les voisins ont fait des ouvertures dans les grilles et l’utilisent.

Photos prises avec un telephone portable, donc ne cherchez pas la grande qualité…
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L’un des etangs qui configurent les « arbres d’eau »

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Biblio (38) Le pont d’envol en angle

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Je m’intéresse a beaucoup de choses, et spécialement a celles qui ne font pas partie de mon travail quotidien, mais qui montrent des processus intéressants de définition d’une idée ; un peu ce que certains appellent les sciences de la conception, mais aussi un peu la joie de changer d’air regardant les choses ave le serieux d’un enfant qui joue.

Un pont d’envol en angle est une piste de porte-avions avec deux axes en angle, de telle sorte que son usage est plus efficace dans la combinaison de décollages et arrivages (appontages) d’avions. Ce n’est qu’a la fin de la deuxième guerre mondial que cette idée apparait, et d’une façon assez intéressante, presque autant que les idées développées en parallèle et qui ne sont pas adoptées. D’un coté, les réacteurs entrent en scène, avec des vitesses d’approche plus hautes et plus lourds que les avions précédents, ce qui mène a certains a proposer des pistes flexibles pour permettre a des avions de venir se poser en glissant, sans train d’atterrissage pour économiser du poids ; et d’autre part il y a un problème d’utilisation d’un espace très restreint, d’organisation du flux des avions sur la piste, et de vitesse de réponse. Le pont d’envol en angle se présente comme la forme d’avoir deux pistes dont la longitude effective soit plus grande que la somme de leurs longueurs.

Une intéressante évolution de ce qui au fond est un problème de conception sur le point de compacité que l’on peut atteindre avec un système ou circulent des objets divers, depuis l’idée du porte-avions qui initialement semble avoir été définie par Clement Ader

L’histoire racontée par Hone, Friedman et Mandeles mérite d’être lue, car c’est un exemple de comment on arrivé a un concept simple par des chemins complexes.

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (12) Julián Camarillo et une réflexion finale

juliancamarillo

L’entourage de la rue Julián Camarillo était en 2009 la 13eme section censale par PIB dans la région, 1.304 millions d’euros. Avec 1.987 résidents et 26.134 emplois (sixième valeur dans la région), la relation était de 13 emplois par habitant.

La zone industrielle d’origine est en transition ; les industries ne sont plus ce qu’elles étaient, il y a quelques logement ou lofts, et aussi toute sorte de bureaux, y compris des ateliers d’architecture. Par position dans la ville et configuration des espaces urbains il parait difficile de voir cette zone devenir un centre urbain, mais il parait clair qu’en 20 ans son identité aura changé.

Logements

Logements

Bureaux

Bureaux

La centralité urbaine est difficile a définir, mais il parait clair qu’elle est liée a l’activité. On peut faire l’exercice de cette semaine a l’envers : Quel est le « blanc » de la carte, c’est-à-dire, quelles sections censales avaient en 2009 un PIB sous la moyenne régionale, et ainsi auraient plus de mal a être centrales ?. c’est le résultat de la carte suivante, en … blanc. La puissance de l’axe Castellana au centre de Madrid ressort avec plus de netteté, tandis que certaines municipalités simplement disparaissent sauf pour leurs zones industrielles… même si elles ont leurs propres centralités locales. Donc, la centralité ne saurait se resumer a un seul nombre economique, mais elle depend aussi de l’echelle d’analyse.

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Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (11)

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La Cité Universitaire était en 2009 la douzième zone de la région par PIB, avec 1.417 millions d’euros. Avec une population de 1.514 résidents et 27.089 emplois (4eme section par emplois), la relation était de quelques 18 emplois par habitant.

Le modèle de campus américain, implanté a Madrid au début du XXème siècle pour ce qui encore sont en majorité des université publiques, a produit une importante concentration de PIB, mais il faudra voir si elle se contracte plus vite que d’autres quartiers avec la crise. L’autre activité importante dans la zone est le Palacio de la Moncloa, siège de la Présidence du Gouvernement.

Dans l’ensemble la zone affiche une qualité urbaine moyenne-haute ; il y a quelques bâtiments d’intérêt, mais les espaces verts sont le plus intéressant, et on n’arrive pas aux images de certains campus d’Amérique du Nord.

Encore une fois, pas une vraie centralité, mais une zone monofonctionnelle très importante et utilisée. La transition avec la ville existante n’est pas mauvaise, mais la distance a pied est trop élevée vers les zones plus centrales.

Logements

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Bureaux

Bureaux

 

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (10) Banco

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Le Círculo de Bellas Artes, vu de la Calle de Alcalá

Les alentours de la Banque d’Espagne étaient en 2009 la neuvième section censale de la région, avec un PIB de 1.819 millions d’euros. Avec 1.543 habitants et 19.549 emplois (9eme section par emplois dans la région), la proportion était de 12 emplois par habitant.

C’est une centralité claire a plus d’un égard, mais avec un certain penchant « institutionnel ». La zone compte sa « propre » banque nationale, le Congres des Députés, un centre culturel d’exception avec le Círculo de Bellas Artes, le musée Thyssen- Bornemisza, toute sorte d’entreprises, une bonne poignée de restaurants… La zone est traversée par la partie initiale de la Calle de Alcalá, l’une des plus iconique de la ville.

Jusque au XIXème siècle c’était plutôt une zone de bord, comme tout l’entourage du Paseo del Prado. Par surface bâtie, les bâtiments actuels datent du XIXeme siècle (6%), entre 1900 et 1936 (35%), entre 1940 et 1980 (22%), entre 1980 et 2000 (28%, il faut rappeler que le cadastre espagnol compte la réhabilitation intégrale comme année de construction), et depuis 2000 (9%)

Sur un peu plus de 24 hectares (y compris les rues) et 167 parcelles il y a un peu plus de 840.000 m2 construits (3,4 m2/m2 de COS), dont 132.363 correspondent a 1.211 logements (94 réhabilités partiellement depuis 2000). 317.335 correspondent a des bureaux, 76.829 a hôtels et restaurants,71.825 a des stationnements et 37.797 a des commerces.

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Logements

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L’angle de la calle de Alcalá et de la Gran Vía depuis la terrase superieure du Círculo de Bellas Artes. C’est la zone qui apparait dans le bien connu tableau d’Antonio López sur la Gran Vía (il y a un reportage interesant sur le site de la Television Espagnole)

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La terrase du café du Círculo de Bellas Artes

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L’angle de Gran Vía et la Calle de Alcalá, le soir