economie

Biblio (122) Le revenu personnel et sa distribution en Espagne, en France et aux Etats- Unis

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Apres avoir publié la carte sur l’inégalité en Espagne, a cause de certains commentaires il parait pertinent de montrer une vision comparative :

Espagne: Renta personal de los municipios españoles y su distribución, Miriam Hortas Rico et Jorge Onrubia Fernández, FEDEA, 2014. Appuyé sur des données de 2007

France: Les revenus et le patrimoine des menages, Cédric Houdré y Juliette Ponceau, edition 2014, INSEE. Données de 2011

Inegalités dans les etats européens, d'apres la publication de l'INSEE

Inegalités dans les etats européens, d’apres la publication de l’INSEE

Etats-Unis: State of Disparity, a Project looking at the economic disparity in CT, WSHU radio (fait du Connecticut, mais apportant une vision de l’ensemble du pays). Données de 2006 a 2010.

L’inegalité augmente, mais a chaque endroit d’une façon differente

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Cartes 2015 (10) Inégalités de revenu personnel en Espagne

Fedea (Fundación de Estudios de Economía Aplicada) est une entité d’analyse économique financée par un large groupe de grandes entreprises espagnoles. En novembre 2014 elle a publié l’étude « Revenu personnel des municipalités espagnoles et sa distribution » (Miriam Hortas Rico et Jorge Onrubia Fernández). Le site web de Fedea intègre deux cartes ou il est possible de voir, par municipalités, le revenu et l’inégalité selon l’index de Gini (le plus proche a 1 est le plus inégal).  Les données d’origine sont les micro données sur l’Impôt du Revenu des Personnes Physiques en 2007, pour les 1.109 municipalités dépassant les 5.000 habitants, et le projet serait d’étendre la série dans le temps.

Carte originale de Fedea sur la distribution du revenu (accedez au hyperlien, vous pouvez faire zoom et obtenir des données en detail pour chaque municipalité sur le site original)

Carte originale de Fedea sur la distribution du revenu (accedez au hyperlien, vous pouvez faire zoom et obtenir des données en detail pour chaque municipalité sur le site original)

L’usage d’un gradient d’une même tonalité ne facilite pas la lecture ; le plus important dans la carte est, comme toujours, la donnée sous-jacente, mais je crois qu’il y a des façons plus claires d’exprimer le contenu, qui est préoccupant (il est bon de rappeler que ce sont des données de 2007, et la crise n’a rien fait pour ameliorer la situation). Et c’est ce que j’ai essayé, partant des données de base publiés sur le site web. Les cartes montrent des quintiles.

Revenu par personne, moyenne municipale. C'est clair, l'Ouest et le sud sont moins bien lotis.

Revenu par personne, moyenne municipale. C’est clair, l’Ouest et le sud sont moins bien lotis.

Gini par municipalité. La côte mediterranéene semble plus inegale; les banlieus sont apparament plus egalitaires (ce n'est qu'une premiere analyse regardant la carte).

Gini par municipalité. La côte mediterranéene semble plus inegale; les banlieus sont apparament plus egalitaires (ce n’est qu’une premiere analyse regardant la carte).

Part du revenu correspondant au 1% mieux loti. Dans la large majorité des municipalités ils sont en dessus de 10%, mais il y a quand même un nombre important de points rouges.

Part du revenu correspondant au 1% mieux loti. Dans la large majorité des municipalités ils sont en dessus de 10%, mais il y a quand même un nombre important de points rouges.

Catalyseurs du changement urbain (9) Communes

Les Communes peuvent être un puissant catalyseur du changement urbain… ou de l’inertie, en fonction de sa capacité de dynamisation du territoire. Ceci est assez lié aux comptes économiques… quelque chose d’intéressant cette année d’élections municipales en Espagne et en France. Aux Etats-Unis le système d’administration locale varie selon l’Etat, donc la seule comparaison fiable est entre Etats Européens et Etats des USA…

Ce qui suit est une analyse assez primaire d’après des données de l’Office Virtuel pour la coordination financière avec les entités locales (http://serviciosweb.meh.es/apps/EntidadesLocales/), qui regroupe les données de plus de 8.000 municipalités espagnoles et des Diputaciones et autres organes classées comme Entités Locales. Ce sont des données de comptabilité annuelle, dans une série entre 2003 et 2013 (dernière année disponible). Les chiffres sont en milliers d’euros courants pour chaque année (sans tenir compte de l’inflation). Pour ceux qui ne sont pas en Espagne, la plupart des investissements en urbanisme et logement pendant les dernières décennies sont privés ; l’administration locale obtient des ressources en la matière par voie fiscale et des cessions obligatoires par les aménageurs privés d’un pourcentage des droits de construction des opérations avec le foncier associé (la vente de ces parcelles est souvent la plupart du poste de vente de terrains).

Comme résultat de l’analyse, trois graphiques sur des matières liées a l’urbanisme et des aires en relation.

Recettes fiscales des entités locales espagnoles, en milliers d'euros, selection de postes

Recettes fiscales des entités locales espagnoles, en milliers d’euros, selection de postes

Recettes : les corporations locales ont atteint un maximum de recettes en 2009, et en 2013 elles étaient un peu en dessous du niveau de 2006. L’impôt sur les immeubles urbains (les données d’avant 2009 ne font pas la différence avec l’impôt sur les reste des biens immobiliers) passe de 15% des recettes en 2003 a 25% en 2013, tandis que les ventes de parcelles se sont réduites de 3,4% a 0,34 (en 2006 elles avaient atteint 6%). L’utilisation privative des domaines publics passe de 1,5% a 3,1%, comme montre bien la prolifération des terrasses de bars et restaurants, en partie a cause des lois contre le tabac. Et l’impôt sur la plus-value foncière n’est passé que de 2,9% a 3,6%, avec des oscillations plutôt réduites.

Investissement des entités locales espagnoles, selection de postes

Investissement des entités locales espagnoles, selection de postes

Investissement : l’investissement dans des nouvelles infrastructures et biens d’usage général était de près de 7% en 2003, tandis qu’en 2013 elle s’est réduit a 2,2%. L’investissement pour l’entretien de ces biens et infrastructures s’est réduit de 3,4 a 1,6% pendant la même période, et les investissements nouvelles et d’entretien pour le fonctionnement des services ont suivi une évolution semblable.

Investissement par poste dans les entités locales espagnoles, selection de postes.

Investissement par poste dans les entités locales espagnoles, selection de postes.

Investissements au détail : l’investissement réel (sans compter couts de personnel et autres éléments) des municipalités espagnoles a suivi une courbe plus complexe. Jusqu’en 2010 cet investissement réel représentait plus de 25% de dépenses, mais en 2013 elles sont descendues a 9,4%.  L’urbanisme et le logement sont restées autour d’un tiers de l’investissement réel total jusqu’en 2010, et depuis ils ont augmenté pour atteindre 44% en 2013, même si en valeur totale elles sont la moitié de la valeur de 2003. En comparaison, l’éducation (un poste ou le rôle de l’administration locale est réduit) est descendue de 4% a 3% de l’investissement réel, se réduisant a un tiers en valeur totale de la valeur de 2003.

Dans l’ensemble, l’évolution des recettes et dépenses a été relativement équilibrée (les chiffres additionnées pour la période montrent que les recettes ont été plus importantes que la depense), mais il y a eu des évolutions notables dans les poids relatifs.  Les ventes de foncier, liées indirectement a la bulle immobilière, se sont réduites substantiellement, tandis que la fiscalité du foncier a fortement augmenté. Les investissements en infrastructure nouvelle se sont réduits presque a la valeur des investissements de maintenance. L’investissement réel en logement et urbanisme a augmenté en proportion sur l’ensemble de l’investissement réel. Mais comme en valeur absolue ce poste s’est réduit fortement, aujourd’hui cet investissement couvre plutôt la résolution de déficits préalables.

Biblio (114) La formation des structures spatiales urbaines : marchés et projets

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Ce travail d’Alain Bertaud analyse les liens entre projet (c’est un architecte urbaniste) et marché, en apportant des réponses a de questions comme pourquoi il n’est pas désirable d’avoir des rues privées ou que certaines choses soient publiques. En prenant des exemples qui vont de Hartford, Connecticut, a la Chine, il analyse les liens entre économie et urbanisme. Intéressant, et souvent ouvert au débat.

Biblio (98) Paysage et économie

Biblio 98 paisaje italia economia

D’après la Convention Européenne du Paysage, paysage est « une partie du territoire telle quelle est perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ». La convention évoque les liens entre économie et paysage, mais le fait est que sa mise en œuvre est plutôt orientée vers l’environnemental et le perceptif, en partie a cause des difficultés pour quantifier et mettre en relation la multitude des actions sur le paysage avec un impact économique concret de chaque intervention sur une valeur d’ensemble. Il y a des méthodologies pour calculer le Produit Intérieur Brut, mais il est complexe d’évaluer la valeur d’un paysage dans une configuration donnée et en soi même (et pas comme une simple somme des valeurs des activités), ce qui permettrait d’évaluer l’impact d’un projet concret.

Bien sûr, on peut toujours dire que le développement durable doit tenir compte des trois dimensions (sociale, environnementale et économique), et que le calcule économique ne garantit pas une meilleure politique, ou une description cohérente de la réalité. On peut même dire que la création d’un algorithme n’est qu’une façon de s’assurer que les gens vont trouver des astuces pour l’employer pour leur profit.

Malgré tout, il y a des approches a cette thématique. Tiziano Tempesta évalue le cas italien : « les politiques mises en œuvre pour la sauvegarde du paysage en Italie sont essentiellement des contrôles des transformations du paysage et des aides aux agriculteurs. Etant donné que les politiques du paysage ont un cout pour le contribuable, dans les deux cas il est nécessaire d’évaluer les bénéfices qui découlent de ces actions publiques ». Le texte n’arrive pas a des conclusions définitives, ni des algorithmes magiques, mais il contient des réflexions intéressantes.

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (12) Julián Camarillo et une réflexion finale

juliancamarillo

L’entourage de la rue Julián Camarillo était en 2009 la 13eme section censale par PIB dans la région, 1.304 millions d’euros. Avec 1.987 résidents et 26.134 emplois (sixième valeur dans la région), la relation était de 13 emplois par habitant.

La zone industrielle d’origine est en transition ; les industries ne sont plus ce qu’elles étaient, il y a quelques logement ou lofts, et aussi toute sorte de bureaux, y compris des ateliers d’architecture. Par position dans la ville et configuration des espaces urbains il parait difficile de voir cette zone devenir un centre urbain, mais il parait clair qu’en 20 ans son identité aura changé.

Logements

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Bureaux

Bureaux

La centralité urbaine est difficile a définir, mais il parait clair qu’elle est liée a l’activité. On peut faire l’exercice de cette semaine a l’envers : Quel est le « blanc » de la carte, c’est-à-dire, quelles sections censales avaient en 2009 un PIB sous la moyenne régionale, et ainsi auraient plus de mal a être centrales ?. c’est le résultat de la carte suivante, en … blanc. La puissance de l’axe Castellana au centre de Madrid ressort avec plus de netteté, tandis que certaines municipalités simplement disparaissent sauf pour leurs zones industrielles… même si elles ont leurs propres centralités locales. Donc, la centralité ne saurait se resumer a un seul nombre economique, mais elle depend aussi de l’echelle d’analyse.

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Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (11)

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La Cité Universitaire était en 2009 la douzième zone de la région par PIB, avec 1.417 millions d’euros. Avec une population de 1.514 résidents et 27.089 emplois (4eme section par emplois), la relation était de quelques 18 emplois par habitant.

Le modèle de campus américain, implanté a Madrid au début du XXème siècle pour ce qui encore sont en majorité des université publiques, a produit une importante concentration de PIB, mais il faudra voir si elle se contracte plus vite que d’autres quartiers avec la crise. L’autre activité importante dans la zone est le Palacio de la Moncloa, siège de la Présidence du Gouvernement.

Dans l’ensemble la zone affiche une qualité urbaine moyenne-haute ; il y a quelques bâtiments d’intérêt, mais les espaces verts sont le plus intéressant, et on n’arrive pas aux images de certains campus d’Amérique du Nord.

Encore une fois, pas une vraie centralité, mais une zone monofonctionnelle très importante et utilisée. La transition avec la ville existante n’est pas mauvaise, mais la distance a pied est trop élevée vers les zones plus centrales.

Logements

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Bureaux

Bureaux

 

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (10) Banco

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Le Círculo de Bellas Artes, vu de la Calle de Alcalá

Les alentours de la Banque d’Espagne étaient en 2009 la neuvième section censale de la région, avec un PIB de 1.819 millions d’euros. Avec 1.543 habitants et 19.549 emplois (9eme section par emplois dans la région), la proportion était de 12 emplois par habitant.

C’est une centralité claire a plus d’un égard, mais avec un certain penchant « institutionnel ». La zone compte sa « propre » banque nationale, le Congres des Députés, un centre culturel d’exception avec le Círculo de Bellas Artes, le musée Thyssen- Bornemisza, toute sorte d’entreprises, une bonne poignée de restaurants… La zone est traversée par la partie initiale de la Calle de Alcalá, l’une des plus iconique de la ville.

Jusque au XIXème siècle c’était plutôt une zone de bord, comme tout l’entourage du Paseo del Prado. Par surface bâtie, les bâtiments actuels datent du XIXeme siècle (6%), entre 1900 et 1936 (35%), entre 1940 et 1980 (22%), entre 1980 et 2000 (28%, il faut rappeler que le cadastre espagnol compte la réhabilitation intégrale comme année de construction), et depuis 2000 (9%)

Sur un peu plus de 24 hectares (y compris les rues) et 167 parcelles il y a un peu plus de 840.000 m2 construits (3,4 m2/m2 de COS), dont 132.363 correspondent a 1.211 logements (94 réhabilités partiellement depuis 2000). 317.335 correspondent a des bureaux, 76.829 a hôtels et restaurants,71.825 a des stationnements et 37.797 a des commerces.

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Logements

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L’angle de la calle de Alcalá et de la Gran Vía depuis la terrase superieure du Círculo de Bellas Artes. C’est la zone qui apparait dans le bien connu tableau d’Antonio López sur la Gran Vía (il y a un reportage interesant sur le site de la Television Espagnole)

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La terrase du café du Círculo de Bellas Artes

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L’angle de Gran Vía et la Calle de Alcalá, le soir

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (7)

¿Quelles sont les conditions spatiales des zones les plus productives ? étant donné que la productivité dépend des activités des personnes dans un contexte déterminé de prix, régulation, compétence et technologie, je ne suis pas sur que l’influence des conditions spatiales soit absolument déterminante; le tissu urbain a une inertie que les flux économiques n’ont pas. Ne prenez pas ceci comme un alibi pour dire que tout vaut ; c’est plutôt la raison d’assurer une qualité architecturale et environnementale convenable, car elle devra faire face a un environnement forcement en mutation. En tout cas, il parait pertinent de voir quelle était la situation a Madrid en 2009 (dernière année avec des statistiques disponibles).

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Les prochains articles seront consacrés a cinq des sections censales avec les plus hauts PIB en 2009 dans le centre de Madrid et son entourage proche :

Azca (3)

Campo de las Naciones (6)

Banco de España (9)

Ciudad Universitaria (12)

Julián Camarillo (13)

Biblio (38) L’economie spatiale

En 2001 Masahisa Fujita, Paul Krugman et Anthony Venables ont publié  “The Spatial Economy. Cities, Regions and International Trade”; le livre est en vente, et on peut accéder au chapitre introductoire par le site web de Paul Krugman. Comme ceux qui suivent ce blog savent, je ne suis pas un économiste, mais je suis intéressé par les phénomènes de ce genre et leur influence sur la ville ; certaines des questions exposées dans le livre évoquent des théories économiques que tout simplement je ne connais pas, ou je ne pourrais pas juger par manque de connaissance, ou sur lesquelles je pourrais peut être me montrer sceptique, pas tellement sur leur conception mais plutôt sur leur utilité pratique. Pourtant, je trouve intéressante l’exposition de l’évolution de la discipline de l’économie spatiale et comment elle s’est orientée, au moins en partie, plutôt vers les éléments plus modélisables que vers la question d’ensemble.