typologie

Ilots (6) 22@ a Barcelone

MediaTIC

MediaTIC

En septembre 2000 est approuvée une modification du Plan General Métropolitain de Barcelone pour la rénovation des zones industrielles de Poblenou, aussi connue comme District d’Activités 22@BCN. Le but est de transformer une aire industrielle en un espace pour le développement d’activités de nouvelle technologie (histoire d’éviter des friches industrielles éternelles). On définit des conditions pour le réaménagement de la zone, la régulation des destinations du sol et les intensités, les conditions des équipements et les cahiers des charges pour des Plans Spéciaux.

Hauteur des batiments en nuances de bleu (le plus foncé est 1 niveau, en degradé les hauteurs augmentent)

Hauteur des batiments en nuances de bleu (le plus foncé est 1 niveau, en degradé les hauteurs augmentent)

Au début la zone est occupée essentiellement par des usines. La solution d’aménagement fait passer de 2 m2/m2 de COS au début jusqu’à 3 m2/m2 a la fin sur les zones a transformer (jaune), le reste (rouge) augmentant a 2,2. Ceci peut sembler restreint, seulement 50% au cas le plus haut ; mais l’évolution de la typologie des bâtiments (passage de bâtiments de petite hauteur consacrés a des usines a des bâtiments plus étroits) fera évoluer les hauteurs, et ensuite le paysage urbain. Une partie de l’accroissement de la surface hors œuvre brute sert a payer des améliorations de l’urbanisation

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Le cadastre montre peu de changement ; certes, il est un peu en retard (certains bâtiments comme « l’ Agrafeuse » de la Plaza de Las Glorias n’y sont pas encore), mais il faut reconnaitre qu’au moins une partie des projets a souffert avec la crise immobilière. Les façades a la Diagonal se sont transformées, et un certain nombre de projets transforme le quartier petit a petit, comme le bâtiment MediaTIC de l’image du début de l’article…

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Catalyseurs du changement urbain (3) Chevaux, voitures et chambres

A l’aube du XXème siècle apparait l’automobile ; jusqu’à ce moment, les gens se déplacent en ville a pied ou grâce aux chevaux. Les ménages urbains ayant des chevaux ou autres animaux de trait, normalement chers, étaient rares. L’avènement de la production en masse de l’automobile et son expansion progressive par toutes les couches sociales implique un problème dimensionnel ; un cheval est bien plus petit qu’une voiture, et même une voiture a chevaux peut être plus flexible en dimension.

Un box d’écurie peut faire 3×3 m, car l’animal est très rarement de plus de 2 m de long. Si l’on laisse plusieurs chevaux attachés temporellement sur la rue, ils occupent une dimension relativement réduite ; si l’on passe aux chars, la chose peut changer. En même temps que les automobiles, les vélos apparaissent, avec une empreinte au sol encore bien plus réduite.

Une voiture actuelle peut aller d’un peu moins de 4 m a un peu plus de 5, et la largeur, avec rétroviseurs, peut être autour de 2 m. La plus grande différence par rapport au cheval en termes urbains est que l’équidé était généralement propriété d’une entreprise ou un ménage avec une activité professionnelle, tandis que l’automobile s’est généralisé a la plupart des familles, qui trouvent le besoin de l’avoir près de chez soi.  Le problème du passage du cheval a la bagnole n’est pas tellement la congestion de l’espace public par des éléments en mouvement, car les photos d’avant de l’avènement de l’auto montrent des rues pleines de toute sorte d’attelages et véhicules ; c’est le problème de garer un nombre substantiellement plus grand de véhicules de façon distribuée dans la ville.

Vers 1900 il n’y avait que les logements des mieux lotis qui avait des portes cochères ; la plupart des logements n’avaient aucun espace pour des véhicules. La parution des premiers règlements exigeant des places de parking liés aux logements coïncide normalement avec les décennies 1960 et 1970, le décollage de la motorisation massive en Europe et aux Etats-Unis. Et ici entre en jeu la typologie architecturale : dans les zones pavillonnaires le garage trouve facilement sa place en tant que construction auxiliaire, surtout dans de parcelles de grande surface, ou l’on se gare sur des rues ou la faible densité l’autorise. Le problème le plus grave se pose avec les logements en hauteur. Le recours au cœur d’ilot est une solution, mais elle fait de ces espaces des zones résiduelles. L’enfouissement du parking nécessite de rampes d’une certaine longueur, et l’espace n’est pas toujours suffisant. Et l’adaptation des bâtiments les plus anciens, sur des petites parcelles, n’est pas toujours possible.

Une porte cochère contemporaine en Espagne

Une porte cochère contemporaine en Espagne

Aujourd’hui il y a deux visions, au moment ou les chevaux (au moins en Europe et en Amérique du Nord… et presque nulle part…) ne sont plus une alternative de transport. Certains proposent de maintenir les quotas de places de parking obligatoires par logement, même si parfois la même administration permet après la vente séparée de logements et places de parking, créant ainsi une pression sur le stationnement sur la rue car certains font le choix de se garer la. Cette option implique la persistance du rythme de création d’une infrastructure de base qui facilite une croissance supplémentaire de l’automobile. Et d’autres demandent l’abrogation de ce quotas ; ce qui n’est pas une interdiction de la construction de ces places, mais en absence de quota obligatoire le parking peut devenir une surface comprise dans le total constructible de la parcelle, donc le promoteur doit faire le choix de distribution des surfaces entre cet usage et le logement, sur certaines zones avec moins de parking et sur d’autres avec plus.

Une évolution technologique qui, a la fin, transforme plein de choses dans la ville, y compris les typologies.

Forme et chiffres (7) Irrégularité et projet

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1906

Aujourd'hui

Aujourd’hui

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Noisy- le- Grand, a quelques 13 km a l'est de Paris. Un projet urbain qui ouvre l'ilot et combine des typologies, dans le cadre d'un projet de centralité urbaine pour une commune de banlieue

Noisy- le- Grand, a quelques 13 km a l’est de Paris. Un projet urbain qui ouvre l’ilot et combine des typologies, dans le cadre d’un projet de centralité urbaine pour une commune de banlieue. Que des logements ou presque, mais a coté de la place du marché et pres de supermarchés et un grand centre commercial regional

Forme et chiffres (6) Régularité et densification

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Les images de cet article correspondent a une ville espagnole ; mais je ne vais pas indiquer laquelle, car ça n’a aucune importance ; ça pourrait d’ailleurs être une ville de pas mal de pays, car les tissus évoluent avec le temps, comme si bien l’indique l’ouvrage en Biblio de cette semaine.

La grille d’extension conçue a un moment donné pour une hauteur et une typologie de bâtiment déterminées (en ce cas, logement individuel sur deux étages avec une cour sur chaque parcelle, ave des dimensions plutôt restreintes), est densifié de façon très importante par le passage au logement collectif, sur des parcelles plus grandes (tout le monde veut sa place de parking dans le bâtiment) et avec 3 fois la hauteur originale. Etant donné que l’ilot est étroit, on n’a jamais vu de cour centrale commune et on n’est pas du tout prés d’en voir une avec ces densités. La possibilité de logements traversant est plutôt réduite, et le produit immobilier est plutôt restreint en termes de qualité. Mais cette densité vous fait rentable l’existence de commerce en RDC, la possibilité de se rendre au boulot a pied, ou d’autres avantages de cette densité. Prenez en plus deux facteurs : la ville est un organisme avec une grande inertie, car les bâtiments peuvent facilement durer plus de 50 ans ou un siècle, et les règlements d’urbanisme peuvent changer plusieurs fois pendant cette période, donc il y a des fortes chances que vous ne verrez jamais tous les bâtiments d’un ilot a la même hauteur…

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Donc nous voila face a un paysage urbain dont le plan est certes regulier, mais ou les murs mitoyens et les différences de hauteur peuvent devenir, non des situations temporelles mais en fait permanentes ; un dessinateur BD classique, Ibañez, dessinait normalement comme fond de scène des images avec ces changements de hauteur et ce skyline si fragmenté qui caractérise les villes espagnoles du dernier siècle. Mais ça n’arrive pas qu’en Espagne ; si vous êtes a Paris, certaines zones comme le sud du XVème montrent bien la coupure qui a signifié la première guerre mondiale, avec des ilots ou ces différences de hauteur et régulation sont bien visibles…

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Formes et chiffres (5) Ouvrir l’ilot

Ouvrir l’ilot a été une obsession de l’urbanisme moderne depuis 1900. Mais comment et a quel point?. Comme d’habitude, Rotterdam est un inmense zoologique plein de maillons manquants…

Ouverture par retrait d'un pan de mur mitoyen. La continuité de la rue est plus visible, ainsi que la forme globale de l'ilot

Ouverture par retrait d’un pan de mur mitoyen. La continuité de la rue est plus visible, ainsi que la forme globale de l’ilot

Ouverture par retrait d'un pan d'angle; tres vite l'ilot devient un ensemble de barres et  l'espace se dissout.

Ouverture par retrait d’un pan d’angle; tres vite l’ilot devient un ensemble de barres et l’espace se dissout.

Comme d’habitude, si le gif animé n’est pas correctement visible, essayez de l’ouvrir sur une fenetre independante

Biblio (49). Évolutivité des tissus urbains. L’impact de la trame urbaine et de la forme architecturale

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Cet ouvrage de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile de France aborde une question importante : comment évolueront à l’ avenir les tissus urbains conçus sous des paramètres déterminés. Il est connu que l’Ensanche de Barcelone de Cerdá que l’on voit aujourd’hui est bien plus dense et très différent de ce qui a été fixé en 1860, et quelque chose de semblable arrive dans toutes les villes. Les auteurs affirment qu’il est possible d’intégrer dans le projet urbain des flexibilités permettant une évolution future du tissu. Leur analyse se base sur trois facteurs :

–           Trame urbaine (voirie, taille et organisation des parcelles), structure foncière et espace public.

–           Forme architecturale, intégrant programmation, gabarits et formes architecturales avec des typologies adaptées a la programmation.

–           Les aspects juridiques découlant des normes diverses et des relations entre propriétés.

Une analyse de cas franciliens est en annexe.

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Forme et chiffres (3) Retraits et clotures

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Sur certains logiciels, l’image superieure (gif animé) peut avoir des problemes. Tentez alors de la voir separement en clickant sur elle.

Normalement, le retrait de la ligne de façade par rapport a l’alignement sur rue est limité. Faire une dimension égale a celle du jardin postérieur est probablement l’idée la moins intéressante (2 petits jardins ne sont pas si alléchants). Si le retrait augment pour réduire la cour postérieure a la moindre dimension, avec des beaux arbres la rue serait bien meilleure en termes de paysage mais on perd la « liberté » de faire ce que l’on veut dans un espace caché par rapport a la rue (mais non par rapport aux voisins ou google earth…). Mais certains le font, pour finir avec un parking ou une remise en façade…

Un cas a Madrid

Un cas a Madrid

Forme et chiffres (2) Coefficient d’occupation du sol 1 sur une emprise d’opération

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Les bâtiments peuvent se développer sur une parcelle nette, comme sur l’exemple précédent ; c’est à dire, sans modifier la parcelle initiale, ou modifiant les limites entre parcelles sans toucher a la limite d’ensemble. Mais dans certains cas il faut intégrer dans l’opération, avec le sol des parcelles, celui nécessaire pour d’autres affectations du sol non privées, d’accord avec les obligations légales en chaque cas.

Prenons l’Espagne comme exemple : si vous allez construire sur un foncier sans des bâtiments et des rues préalables, ni des habitants, il faut créer ces rues et permettre l’établissement sur l’emprise des surfaces pour des équipements et jardins publics dont les habitants feront usage (en Espagne on considère généralement que des jardins publics sont nécessaires, même si les logements sont des pavillons, chacun avec son jardin). Il faut aussi avoir une certaine quantité de places de parking sur la rue, ce qui demande un espace. Chaque loi et chaque plan établissent un quota minimal pour chacune de ces surfaces.

Pour faire un calcul rapide et visible, on peut considérer qu’avec un COS de 1 sur l’emprise de la zone d’intervention totale il faut compter avec une surface égale a celle des parcelles pour localiser rues, équipements et vert public. Donc, si le COS est de 1 sur le total de ce sol, le COS sur les parcelles qui seront finalement privées, qui cumulent la moitie de l’emprise, sera 2, étant donné que normalement la surface a bâtir dans les jardins ou les parcelles d’équipements publics n’est pas comptabilisée (le COS est calculée pour les surfaces de plancher lucratives pour l’aménageur). Donc, le COS ne dit quelque chose que quand on sait sur quelle emprise foncière il est appliqué… et surtout (et la il faut reconnaitre que les codes formalistes ont raison) le seul chiffre ne vous permet pas de connaitre la forme urbaine ; reprenant l’exemple d’aujourd’hui et celui d’hier, 1 m2/m2 sur les seules parcelles est faisable avec des logements individuels en bande, mais 1 m2/m2 sur une emprise plus large demande normalement un changement de morphologie urbaine.

Forme et chiffres (1) Coefficient d’occupation du sol 1 sur une parcelle nette

Sous un règlement de construction il y normalement des chiffres, qui expliquent le résultat formel. Les images montrent comment avec un même coefficient d’occupation du sol les conséquences formelles peuvent être très différentes. fbc-A-parcsolas-10p6fren25fon-0pl-1 m2m2

Pour commencer, des parcelles : 20 parcelles, 10 pour chaque front d’ilot, avec 6x25m (150 m2), un produit immobilier très commun. Le trotoir n’est pas comptabilisé dans les chiffres, car normalement c’est un domaine public.

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Un COS de 1 revient a couvrir tout avec 1 étage.

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Si la moitie de la surface bâtie est concentrée sur un premier étage, le jardin apparait. Il y a toujours 2 logements de 150 m2 édifiés, mais plus agréables que si les fenêtres n’étaient pas possibles….

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Passer a des parcelles avec deux fois plus de façade (12×25 m, 300 m2) réduit le nombre de parcelles a la moitie et chaque logement atteint les 300 m2. Les espaces libres peuvent se faire sur le retrait latéral, quoique ce n’est pas si attractif…

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Si la parcelle grandit encore (20×25 m, 500 m2) le nombre de parcelles est encore réduit a 6, 3 pour chaque façade d’ilot, et chaque logement, avec 500 m2, est au centre de son jardin. Mais avec 2 étages les logements sont plutôt grands… ou le logement collectif devient raisonnable (chaque étage a 250 m2).

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Sur cette même trame de parcelles de 500 m2 on peut passer a 4 etages, avec su chaque etage 125 m2, donc 2 logements possibles. 48 logements la ou on a commencé avec 20 logements individuels…