Madrid

Ilots (4) El Viso

El Viso. Vue du sud d'apres données du cadastre

El Viso. Vue du sud d’apres données du cadastre

El Viso est une zone pavillonnaire construite a Madrid en 1933-1936, dans la lignée de la Loi de Logements a Bon Marché de 1925. Ce ne fut jamais un quartier pour ouvriers, car très vite ce fut une zone de classes moyennes et intellectuelles.

El Viso. Surface des parecelles. La taille des cercles rouges est proportionnelle a la surface batie de logements sur chaque parcelle

El Viso. Surface des parecelles. La taille des cercles rouges est proportionnelle a la surface batie de logements sur chaque parcelle

Viso 2

De nos jours c’est une espece d’anomalie a côté de la zone plus dense de Paseo de la Habana- Castellana. Les pavillons primitifs ont evolue, en gagnant quelques etages ci et la, et certains hebergent aujourd’hui d’autres usages. Mais le tracé et la sensation de basse densité sont toujours la. Vous pouvez le constater sur google street view.

El Viso vu de l'Est. Au fond les tours d'AZCA

El Viso, vue de l’Est. Au fond les tours d’AZCA

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Ilots (2) Façades

Façade sur la rue d'Alcalá, Madrid

Façade sur la rue d’Alcalá, Madrid

Quand on pensé en termes de façades, on pense aux bâtiments (un a un, prix séparément) ; quand on pense en termes d’ilots, la façade du bâtiment est dans un contexte, qu’il soit plat ou non…

La façade est visible dans le contexte de son plan, mais aussi dans celui de l’angle, et par rapport aux autres dans la même rue, mais dans l’ilot suivant. Et elle est aussi visible par rapport a ce qui se passe dans la rue, que ce soient des voitures, des grues, des chevaux, des bateaux,…

La façade n’est qu’une face de la réalité, car souvent elle ne donne pas tellement d’information sur la profondeur du bâtiment, ou sa relation avec le cœur d’ilot.

El edificio de la Calle de Alcalá, en ortofoto (cuerpo blanco)

Le batiment de la rue d’Alcalá, en othoimage (corps blanc)

Esquina entre Menéndez Pelayo y Menorca, Madrid

Angle des rues Menéndez Pelayo et Menorca, Madrid

Esquina entre Menéndez Pelayo e Ibiza, Madrid. Cambio de ancho de calle, cambio en la relación espacial

Angle des rues Menéndez Pelayo et Ibiza, Madrid. Une rue plus large change la perception

Catalyseurs du changement urbain (5) Baies vitrées

miradores

Comment encourager depuis les Administrations l’usage d’une forme architecturale sans que pour autant ça comporte un cout pour le trésor publique ? En réduisant ses couts pour celui qui la produit. A un moment donné a Madrid on décide que la surface d’une baie vitrée est comptabilisée a 50% dans le total de la surface bâtie établie par les plans d’urbanisme pour chaque parcelle. C’est ainsi un espace plus rentable par rapport a d’autres m2 du bâtiment. Ce qui explique la profusion des baies vitrées dans l’architecture des deux décennies précédentes a Madrid.

Est-ce une solution architecturale meilleure ? plus élégante ? impossible de le savoir en termes abstraits, car ça dépend de chaque projet. Dans l’autre sens, il y a des villes comme Barcelone ou les baies vitrées sont a priori mal vues par le règlement depuis plus d’un siècle. C’est une question de sensibilité locale… A Barcelone la vision locale vient de l’entassement extrême de la population dans la vieille villa avant l’extension de Cerda au XIXème siècle, quand les pièces en porte-à-faux parfois recouvraient les rues. Je ne saurai pas indiquer la raison de l’attitude madrilène.

Catalyseurs du changement urbain (4) Volts? frigidaires? La vache!

Ancienne vacherie a Paris. Image prise du blog « Le pieton de Paris » (http://pietondeparis.canalblog.com/archives/2013/05/31/27298307.html), avec un bon article sur la matiere.

L’introduction des réfrigérateurs (ma grand-mère disait « frigidaire », question de génération…) en tant qu’appareil a usage courant a impliqué, parmi d’autres conséquences, l’évolution de la place des animaux en ville. Mon autre grand-mère avait encore dans la décennie 1970 des poules sous l’évier, dans son appartement au troisième étage, car pendant l’après-guerre civile espagnole c’était encore assez courant (pas mal des habitants urbains étaient encore fraichement arrivés des zones rurales, comme elle), et parce qu’elle n’avait pas de frigo a la maison et le commerce n’était pas encore en mesure de fournir une demande massive en viande. Pour être plus précis, a un moment donné ils ont acquis un frigo, mais les pannes de courant étaient encore bien trop fréquentes.

Ce qui nous mène a une question préalable: la diffusion de l’énergie électrique. La généralisation de l’électricité en ville a a peine plus d’un siècle, suite a une expansion graduelle: en premier l’éclairage, et après l’introduction d’autres appareils. Le revenu des ménages urbains a du s’accroitre pour permettre l’achat de nouveaux appareils, mais aussi pour supporter les réseaux de génération et de transport de courant dans leur amélioration en capacité et fiabilité.

Cette généralisation de l’électricité touche le lien entre animaux et humains dans les villes de plusieurs façons, et en Europe elle touche spécialement la production et distribution des produits laitiers. Depuis Pasteur on sait que le lait est un milieu idéal pour le développement des pathogènes, surtout quand le temps passe entre la traite et la consommation et si l’on ne contrôle pas la température, et donc jusque a la généralisation du chemin de fer la stratégie fut d’approcher la vache au citoyen. Des villes comme Madrid ou Paris avaient a la fin du XIXème siècle une grande quantité de vacheries, petits lieux d’élevage bovin pour produire et distribuer le lait aux populations urbaines, parfois dans les rez-de-chaussée ou les cours d’ilot dans des zones aujourd’hui bien cotées. Certains exemples comme les architectures en carrelage du temps de Louis Bonnier a Paris montrent une convergence avec l’expansion de l’hygiène urbaine au même temps.

L’amélioration aussi bien des chaines de transport comme de celles de réfrigération aussi bien du coté de l’offre (froid industriel) comme de celui de la demande (frigo pour chaque ménage) on réduit progressivement le besoin de vacheries près des ménages. Avec la montée en puissance de l’automobile et la disparition du cheval, voici l’une des évolutions les plus importantes. On peut bien se demander comment on ferait aujourd’hui pour garantir une qualité de la production laitière en ville avec la pollution, mais en tout cas ceci a aussi produit une évolution des campagnes : la production laitière n’était auparavant exportable que sous forme de fromage, et le nouveau contexte facilite une industrialisation des élevages et de l’ensemble de la filière.

Il serait intéressant de voir, avec le contexte relativement récent des grippes aviaires, comment évolue la relation entre humains et volaille dans les villes asiatiques, avec des fortes taux de croissance et démographique et économique et des infrastructures, pas si lointaines de celles de  l’Europe ou l’Amérique du Nord ‘il y a un siècle.

Catalyseurs du changement urbain (2) La fiscalité et les « casas a la malicia » du Madrid de la renaissance

Une planche du plan de Madrid de 1749

Une planche du plan de Madrid de 1749

Madrid devient la capitale de l’Espagne en 1561, et ceci mené a l’application de la « regalía de aposento », qui imposait aux habitants l’obligation de céder la moite de leurs propres logements pour héberger les fonctionnaires royaux. Il parait que les autorités municipales auraient accordé avec le Roi cette charge en échange des avantages de devenir la capitale permanente du pays. Cette charge provenait du moyen age, quand les cours itinérantes faisaient de ceci un problème passager, mais en fixant la capitale ça devient une nuisance qui marque les typologies architecturales.

Toutes les maisons étaient soumises a l’obligation, mais certaines avaient des dimensions ou une distribution des pièces qui faisait difficile la partition. Comme résultat, la décision des habitants fut longtemps celle de construire leurs logements pour empêcher la partition, ce qui a mené au nom de « maisons a la malice ». En tout cas, ces maisons étaient contraintes de payer une taxe monétaire. Ceci a mené avec le temps, en un premier temps a une structure de recouvrement des taxes, et plus tard a la formation du premier cadastre de la ville entre 1749 et 1759.

regalia aposento

On peut consulter su internet un volume sur les textes légaux sur la matière… en 1738. Comme toujours dans les textes du passé, il est assez intéressant de lire la description des catégories professionnelles ayant droit a l’hébergement…

Une traduction du texte spécifique sur les maisons a la malice (page 28 du texte électronique signalé) serait :

 «dans toutes les maisons qui peuvent être facilement divisibles en deux parties, et qui sont dans cette ville de Madrid, ou siège la Cour, appartient la moitie a sa Majesté au titre du droit d’hébergement… et pour celles qui ne sont pas divisibles, car elles n’ont qu’une pièce, on fait une évaluation de son produit, et le propriétaire contribue avec un tiers de celui-ci a ce droit, laissant a la charge du propriétaire les espaces, dont on considère ce qui va du tiers a la moitié, qu’il devrait donner ; et ces maisons sont appelées de partition incommode, tiers partie, ou malice ».

C’est-à-dire, l’évasion d’une charge a mené longtemps a une architecture madrilène marqué par des logements d’une seule hauteur et d’une seule pièce. Parfois, des chambres étaient aménagées dans la partie supérieure mais invisibles depuis la rue, et il y avait aussi des cas ou la division intérieure compliquait la partition. En tout cas, les voisins préféraient l’embarras d’une mauvaise architecture a la charge de partager leur espace d’habitation.

Etre a la hauteur (4) Retiro

Retiro

Le Retiro, le bord d’un plateau. Grille de 100 m

Le parc du Retiro apparait comme un espace périphérique de chasse (comme d’autres parcs dans des capitales royales européennes), ici a l’est du ravin du Prado, limite urbaine de Madrid en ce moment.

Le plan de Texeira montre ce jardin par rapport a une pièce essentielle de son ensemble, le Palais du Buen Retiro, aujourd’hui disparu (un peu la même histoire du jardin des Tuileries a Paris par rapport au palais disparu pendant la Commune). Le palais était sur la rampe naturelle qui assurait le lien le plus facile avec la ville ; maintenant on trouve a sa place le quartier des Jeronimos et les Musées du Prado.

La limite sud du parc est bien moins claire ; l’Observatoire est sur une falaise face a Atocha, tandis qu’au nord de Reina Victoria le tissu urbain est hétéroclite. Le tronçon sud de Menéndez Pelayo montre clairement des différences de niveau, tandis que le tronçon nord et les façades vers Alcalá et Alfonso XII sont au même niveau que la rue. L’intérieur du parc n’est pas une plateforme plate, mais le relief y es raisonnablement intégré.

Etre a la hauteur (3) Jeu royal

La zone vue depuis le nord

La zone vue depuis le nord. Le Palais est la masse sous le dôme de La Almudena (gauche)

Le Palais Royal de Madrid est sur une plateforme a 55 m de hauteur sur les berges de la Manzanares. J’ai entendu dire que le plan inital de Filipo Juvara, l’architecte, etait pour un batiment avec 4 cours pincipales, mais il a du etre reduit a une seule a cause des denivellements (les courbes de niveaux n’etaient pas encore inventées, donc faire un projet a distance n’etait pas facile).

Le denivellement entre le Palais et la riviere est amenagé en plateformes de jardins. Un nouveau projet est en construction, le Musée des Collections Royales, qui s’adapte a la corniche. Au sud de la plateforme ou se trouvent le Palais et la Cathedrale de l’Almudena est le Viaducto, un pont urbain, endroit de choix pour les…suicides, a cause du denivellement.

Carte avec des courbes de niveau a 1 m , et grille de référence de 100 m. La zone de la riviere n'est pas bien representée, sans doute la source provient d'un vol fait pedant des recents travaux.

Carte avec des courbes de niveau a 1 m , et grille de référence de 100 m. La zone de la riviere n’est pas bien representée, sans doute la source provient d’un vol fait pedant des recents travaux.

Premiers moments du chantier du Musée, selon http://www.edicioneslalibreria.es/la-historia-de-madrid-bajo-el-museo-de-colecciones-reales/

Vue actuelle du Musée

Vue actuelle du Musée

Etre a la hauteur (2) Hauteurs madrilenes

Hypsometrie générale

Hypsometrie générale

Toutes les grandes villes peuvent avoir un terrain complexe, quoique ce n’est pas obligatoire (pensez au Randstat, a Shanghai ou a la Nouvelle Orleans). Madrid presente un terrain un peu complexe, defini par la Manzanares (une riviere assez aprivoisée) et les ravins de Abroñigal et Castellana; le premier ravin est le corridor du tronçon est de la rocade interieure M30, et Castellana est la principale avenue nord- sud. La ville historique a comencé sur les pentes raides de la rive orientale de la Manzanares, pour apres s’etendre vers l’est.

Courbes chaque 20 metres, une riviere et deux ravins

Courbes chaque 20 metres, une riviere et deux ravins

Le tissu urbain de la zone centrale

Le tissu urbain de la zone centrale

Tous les bâtiments (ou presque...)

Tous les bâtiments (ou presque…)

Etre a la hauteur (1)

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Les villes sont une realité tridimensionelle, même dans le plat pays si cher a Jacques Brel. Donc l’endroit ou on est ne depend pas seulement d’une paire de coordonnées plates, car le paysage change avec la hauteur relative de chaque element: arbres, batiments, le terrain lui même… voila le sujet des prochains articles, concernant une ville avec une haute « diversité altimetrique », Madrid.

Biblio (94) Capacité residuelle

edificabilidadremanente-biblio 94

La Ville de Madrid publie chaque année un rapport sur les droits de construction definis par le Plan General encore non utilisés (edificabilidad remanente). Commer resultat de la crise actuelle (qui au moins en partie est causée par un exces d’offre residentielle par rapport a la demande), leurs chiffres au premier janvier 2014, pour une ville de quelques 3 millions d’habitants sont:

– Logements: 19.867.607 m2 (quelques 195.600 logements, ou environ 1/2 million d’habitants)

– Industrie: 11.383.048 m2

– Tertiaire: 7.874.561 m2

Il y a donc encore un grand potentiel de boulot pour ceux qui travaillent dans des metiers liés a la construction de la ville; mais ou sont les gens qui habiteront ces logements, travailleront dans ces usines ou bureaux, ou feront leurs empletes dans ces commerces? voila la question… cette capacité peut etre vue comme un atout face a un avenir par definition incertain, mais il semble un avenir a long terme…