Mois: janvier 2015

Catalyseurs du changement urbain (3) Chevaux, voitures et chambres

A l’aube du XXème siècle apparait l’automobile ; jusqu’à ce moment, les gens se déplacent en ville a pied ou grâce aux chevaux. Les ménages urbains ayant des chevaux ou autres animaux de trait, normalement chers, étaient rares. L’avènement de la production en masse de l’automobile et son expansion progressive par toutes les couches sociales implique un problème dimensionnel ; un cheval est bien plus petit qu’une voiture, et même une voiture a chevaux peut être plus flexible en dimension.

Un box d’écurie peut faire 3×3 m, car l’animal est très rarement de plus de 2 m de long. Si l’on laisse plusieurs chevaux attachés temporellement sur la rue, ils occupent une dimension relativement réduite ; si l’on passe aux chars, la chose peut changer. En même temps que les automobiles, les vélos apparaissent, avec une empreinte au sol encore bien plus réduite.

Une voiture actuelle peut aller d’un peu moins de 4 m a un peu plus de 5, et la largeur, avec rétroviseurs, peut être autour de 2 m. La plus grande différence par rapport au cheval en termes urbains est que l’équidé était généralement propriété d’une entreprise ou un ménage avec une activité professionnelle, tandis que l’automobile s’est généralisé a la plupart des familles, qui trouvent le besoin de l’avoir près de chez soi.  Le problème du passage du cheval a la bagnole n’est pas tellement la congestion de l’espace public par des éléments en mouvement, car les photos d’avant de l’avènement de l’auto montrent des rues pleines de toute sorte d’attelages et véhicules ; c’est le problème de garer un nombre substantiellement plus grand de véhicules de façon distribuée dans la ville.

Vers 1900 il n’y avait que les logements des mieux lotis qui avait des portes cochères ; la plupart des logements n’avaient aucun espace pour des véhicules. La parution des premiers règlements exigeant des places de parking liés aux logements coïncide normalement avec les décennies 1960 et 1970, le décollage de la motorisation massive en Europe et aux Etats-Unis. Et ici entre en jeu la typologie architecturale : dans les zones pavillonnaires le garage trouve facilement sa place en tant que construction auxiliaire, surtout dans de parcelles de grande surface, ou l’on se gare sur des rues ou la faible densité l’autorise. Le problème le plus grave se pose avec les logements en hauteur. Le recours au cœur d’ilot est une solution, mais elle fait de ces espaces des zones résiduelles. L’enfouissement du parking nécessite de rampes d’une certaine longueur, et l’espace n’est pas toujours suffisant. Et l’adaptation des bâtiments les plus anciens, sur des petites parcelles, n’est pas toujours possible.

Une porte cochère contemporaine en Espagne

Une porte cochère contemporaine en Espagne

Aujourd’hui il y a deux visions, au moment ou les chevaux (au moins en Europe et en Amérique du Nord… et presque nulle part…) ne sont plus une alternative de transport. Certains proposent de maintenir les quotas de places de parking obligatoires par logement, même si parfois la même administration permet après la vente séparée de logements et places de parking, créant ainsi une pression sur le stationnement sur la rue car certains font le choix de se garer la. Cette option implique la persistance du rythme de création d’une infrastructure de base qui facilite une croissance supplémentaire de l’automobile. Et d’autres demandent l’abrogation de ce quotas ; ce qui n’est pas une interdiction de la construction de ces places, mais en absence de quota obligatoire le parking peut devenir une surface comprise dans le total constructible de la parcelle, donc le promoteur doit faire le choix de distribution des surfaces entre cet usage et le logement, sur certaines zones avec moins de parking et sur d’autres avec plus.

Une évolution technologique qui, a la fin, transforme plein de choses dans la ville, y compris les typologies.

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Biblio (115) Combien de temps consacrent les français a leurs courses?

Captura

L’INSEE vient de publier une étude assez intéressante sur le temps consacré par les français aux courses (aussi bien quotidiennes, comme la nourriture, que celles des biens d’élection, comme la mode). D’après les résultats de l’analyse d’une série de données entre 1974 et 2010, les courses sont faites de moins en moins fréquemment, et elles sont toujours plus longues le samedi, avec des déplacements toujours plus loin du domicile.

En 2010 le français moyen (a supposer qu’il existe…) consacre 2 heures 41 minute a la semaine aux courses; entre 1974 et 2010 les femmes on reduit le temps consacré de 28 minutes et les hommes ont rajouté 21 minutes par semaine. Les achats par internet restent peu nombreuses en France. 20% pensent que les courses sont une corvée en 2010, tandis qu’en 1986 ils n’étaient que 10%.

Voici des chiffres qui peuvent sembler loin de l’urbanisme, mais elles montrent que pour le petit commerce urbain, qui apporte une vie aux villes, les choses ne vont pas bien…

Cartes 2015 (3) Bogota

J’ai l’habitude de lire des cartes et d’en déduire les différences des hauteurs des bâtiments a partir du plan. Mais parfois il est bien plus clair de voir ce que ceci implique sur une vision 3D. D’après les données du cadastre, voici a quoi ressemble le centre de Bogota (Colombie) en termes de volumes. Le fond de carte est OSM et le volume du terrain est SRTM.

Vue du fonds de carte en relief depuis le sud. La zona la plus proche est le centre administratif historique

Vue du fonds de carte en relief depuis le sud. La zona la plus proche est le centre administratif historique

Vue du sud avec les volumes. Le centre historique a des hauteurs limitées, et l'on peut apprecier les batiments sur les flancs de collines.

Vue du sud avec les volumes. Le centre historique a des hauteurs limitées, et l’on peut apprecier les batiments sur les flancs de collines.

Vue du même secteur depuis le nord.

Vue du même secteur depuis le nord.

La vue du nord montre en premier les tours des zones d'affaires. On peut apprecier que c'est encore une ville en transition, avec des differences importantes d'hauteur.

La vue du nord montre en premier les tours des zones d’affaires. On peut apprecier que c’est encore une ville en transition, avec des differences importantes d’hauteur.

Catalyseurs du changement urbain (2) La fiscalité et les « casas a la malicia » du Madrid de la renaissance

Une planche du plan de Madrid de 1749

Une planche du plan de Madrid de 1749

Madrid devient la capitale de l’Espagne en 1561, et ceci mené a l’application de la « regalía de aposento », qui imposait aux habitants l’obligation de céder la moite de leurs propres logements pour héberger les fonctionnaires royaux. Il parait que les autorités municipales auraient accordé avec le Roi cette charge en échange des avantages de devenir la capitale permanente du pays. Cette charge provenait du moyen age, quand les cours itinérantes faisaient de ceci un problème passager, mais en fixant la capitale ça devient une nuisance qui marque les typologies architecturales.

Toutes les maisons étaient soumises a l’obligation, mais certaines avaient des dimensions ou une distribution des pièces qui faisait difficile la partition. Comme résultat, la décision des habitants fut longtemps celle de construire leurs logements pour empêcher la partition, ce qui a mené au nom de « maisons a la malice ». En tout cas, ces maisons étaient contraintes de payer une taxe monétaire. Ceci a mené avec le temps, en un premier temps a une structure de recouvrement des taxes, et plus tard a la formation du premier cadastre de la ville entre 1749 et 1759.

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On peut consulter su internet un volume sur les textes légaux sur la matière… en 1738. Comme toujours dans les textes du passé, il est assez intéressant de lire la description des catégories professionnelles ayant droit a l’hébergement…

Une traduction du texte spécifique sur les maisons a la malice (page 28 du texte électronique signalé) serait :

 «dans toutes les maisons qui peuvent être facilement divisibles en deux parties, et qui sont dans cette ville de Madrid, ou siège la Cour, appartient la moitie a sa Majesté au titre du droit d’hébergement… et pour celles qui ne sont pas divisibles, car elles n’ont qu’une pièce, on fait une évaluation de son produit, et le propriétaire contribue avec un tiers de celui-ci a ce droit, laissant a la charge du propriétaire les espaces, dont on considère ce qui va du tiers a la moitié, qu’il devrait donner ; et ces maisons sont appelées de partition incommode, tiers partie, ou malice ».

C’est-à-dire, l’évasion d’une charge a mené longtemps a une architecture madrilène marqué par des logements d’une seule hauteur et d’une seule pièce. Parfois, des chambres étaient aménagées dans la partie supérieure mais invisibles depuis la rue, et il y avait aussi des cas ou la division intérieure compliquait la partition. En tout cas, les voisins préféraient l’embarras d’une mauvaise architecture a la charge de partager leur espace d’habitation.

Catalyseurs du changement urbain (1)

Qu’est ce que fait évoluer le tissu urbain? L’intéressant de cette question est a quel point la réponse peut être multiple ; il y des évolutions en sens ascendant (réponses individuelles a des problèmes ainsi perçus, dont l’agrégation peut finir par configurer une espèce d’intelligence émergente) tout comme au sens descendent (actions portées par l’administration qui impliquent aussi bien des interventions directes sur l’espace urbain que des mandats aux individus pour agir d’un façon donnée). Voici un catalogue assez sommaire des situations possibles, un genre de « table des matières » de ce qui est a venir :

  • Sens ascendant
    • Evolutions de la dimension de l’unité d’usage (ménages, entreprises, systèmes d’équipements…) qui entrainent une évolution des dimensions de l’enceinte physique associée (extension ou réduction). Par exemple, si le nombre et la taille des ménages augmente et la croissance urbaine n’est pas possible, soit on obtient des taudis, soit il y a une extension des logements au sens horizontal ou vertical.
    • Mutations technologiques qui impliquent l’ouverture de choix nouveaux de localisation, que ce soit pour le logement ou autres usages. Par exemple, la disponibilité des voitures a permis l’étalement urbain.
    • Evolution des demandes sociales qui implique un changement de l’agencement des fonctions dans une typologie architecturale. Par exemple, si l’on voit grandir la préférence pour les balcons, l’image des logements change a cause des façades.
    • Evolution des régimes de propriété : un quartier ou les habitants sont propriétaires peut avoir un aspect différent a celui d’un espace ou les habitants sont locataires.
  • Au sens descendent
    • Facteurs politiques ou technologiques qui déterminent des évolutions des possibilités d’usages du territoire : si les murailles deviennent obsolètes a cause de l’évolution des technologies militaires ou parce qu’il n’y a plus de guerre, les villes peuvent les démolir et s’étendre.
    • Facteurs fiscaux : si certaines typologies architecturales font l’objet de fiscalités onéreuses, on peut voir des évolutions dans la production immobilière.
    • Urbanisme : le plan etablit des conditions obligatoires. Paris, Manhattan ou Kyoto ont des paysages urbains particuliers parce qu’a un moment donné la décision fut prise d’agencer les rues comme ça, et d’apporter des règles pour les bâtiments.

Ce que l’on appelle parfois « le charme d’une ville » est donc la combinaison de tous ces éléments, avec des dégrées divers de poésie et de zèle administratif.

Biblio (114) La formation des structures spatiales urbaines : marchés et projets

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Ce travail d’Alain Bertaud analyse les liens entre projet (c’est un architecte urbaniste) et marché, en apportant des réponses a de questions comme pourquoi il n’est pas désirable d’avoir des rues privées ou que certaines choses soient publiques. En prenant des exemples qui vont de Hartford, Connecticut, a la Chine, il analyse les liens entre économie et urbanisme. Intéressant, et souvent ouvert au débat.

Cartes 2015 (2) La panne de la bulle

Comme j’ai déjà annoncé il y a quelques jours, l’argument central du blog cette année sera le grain de la ville ; c’est-à-dire, comment se constitue le détail que l’on voit dans l’espace urbain par un cumul de circonstances. Les ordonnances des bâtiments vieilles de 200 ans sont aujourd’hui une matière de guide touristique, et les crises des temps anciens expliquent souvent comment un quartier est devenu ce qu’il est (tentez d’expliquer l’urbanisme du XVème arrondissement de Paris sans la brutale coupure économique de l’entre guerres mondiales…).

Aujourd’hui je vais parler de comment s’est répandu dans le pays la crise immobilière de l’Espagne ces dernières années. Le secteur immobilier, a la base de la croissance de l’économie depuis la moitié de la décennie 1990, s’est appuyée sur la construction de logements nouveaux essentiellement sur des zones de périphérie. En termes de paysage ceci a impliqué l’aménagement (parfois encore en ce moment et probablement pour des années a venir sans bâtiments) de grandes zones périphériques, en contraste avec des tissus urbains centraux ou les voiries ont été embellies mais les bâtiments n’ont pas tellement changé.

L’arrêt de ce que l’on a appelé la bulle immobilière n’est pas homogène sur le territoire. Ceci peut être analyse de plusieurs façons, et j’ai choisi la suivante. Le Ministerio de Fomento, entité du Gouvernement de l’Espagne le plus lié au logement (matière régionalisée), publié chaque trimestre des données sur l’évolution du prix au m2 des logements, pour un ensemble de 283 municipalités de plus 25.000 habitants, faisant la différence entre celles de moins de deux ans et celles de plus (en comptant toujours a partir de la fin du chantier). Pour l’analyse que je vais entreprendre le prix n’est pas important, mais plutôt a quel moment se produit la « panne de courant » de la donnée a cause d’une information qui n’est plus statistiquement représentative. Je suis conscient qu’il y a d’autres sources d’agents privés qui ont des données différents, mais j’ai choisi celle-ci car elle est publique et chacun peut y faire la comparaison, et en plus elle a des chances de rester active plus longtemps. Une remarque pour ceux qui auront la patience d’aller rechercher les données originales : pour le période analysé (premier trimestre de 2005- troisième de 2014) une municipalité fut rajoutée a la liste ; je me suis passé de ses données pour donner une homogénéité aux données.

J’ai procédé aux analyses suivantes :

Data blackouts for new homes prices in Spain (if animation stops, reload the webpage to see it again)

« Pannes » des données sur le prix des logements neufs en Espagne (si vous voulez revoir l’animation, actualisez la page)

  • Carte des « pannes » des données (image superieure animée, on voit le passage du vert au rouge) : il s’agit d’identifier la dernière donnée disponible dans chaque municipalité sur le logement de moins de deux ans. Il n’y a que deux municipalités (Madrid et Barcelone) sans aucun trimestre en « panne » de données pendant ce temps, et au troisième trimestre 2014 il n’y avait que huit avec des données : Almeria, Barcelone, Caceres, Madrid, Merida, Las Rozas de Madrid, Madrid, Teruel et Saragosse. Pour certains cas (comme Madrid et Barcelone…) les agglomérations, avec un grand nombre de points très proches, peut masquer la visibilité des municipalités encore « actives ».

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  • Graphique d’évolution par trimestres du nombre de villes sans valeurs représentatives pour le prix de l’ensemble des logements (sans distinction d’âge), de celles de plus de deux ans et de celles de moins (logements nouveaux). On voit qu’a partir de 2009 les nuages noirs se font visibles, et que le premier trimestre 2011 marque un seuil substantiel. En comparant ce graphique a l’évolution des logements libres (sans subvention publique a l’achat) qui finissent leurs chantiers et le prix moyen du m2 de sol urbain dans les municipalités de plus de 50.000 habitants, on voit beaucoup de parallèles : les logements de moins de 2 ans se réduisent, car on ne produit plus en grande quantité.

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  • Comparaison des graphiques d’évolution des prix du logement, en moyennes nationales, en Espagne, Colombie, France et les Etats- Unis, par trimestre, entre le premier de 2007 et le deuxième de 2014, avec comme 100% de référence le premier de 2007. On voit qu’en France il n’eut pas de chute de prix (production de logements réduite), aux Etats Unis la correction de 10% semblé passée (quoique la différence de taille de pays demanderait probablement des nuances dans la comparaison), et le graphique de la Colombie rappelle celui de l’Espagne 5 ans avant, ce qui ne semble pas un bon signe.

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  • Vision croisée de la taille démographique des municipalités avec le nombre de trimestres (sans accorder une importance a l’ordre) ou ils ont été « hors radar » pour le prix des logements de moins de deux ans. C’est clair que la taille importe, et les municipalités avec des populations plus hautes (qui en Espagne ont aussi souvent des grandes superficies et des opérations importantes d’aménagement) sont celles qui semblent s’être le moins mal sorti de la crise, avec un marché plus large et une concentration plus importante, malgré tout, d’activité et d’éléments objectifs (distance aux emplois, services, transports) de support des prix et de l’intérêt pour la construction.

Pour l’avenir ceci n’implique pas des leçons automatiques pour la planification de ces municipalités ; les plans doivent confronter l’avenir, toujours incertain, et il y a donc besoin d’une certaine flexibilité. Mais la leçon serait plutôt (comme on verra dans des articles prochains) que les plans a long terme ont un sens en urbanisme a condition de comprendre que les bâtiments arriveront aussi a long terme. Et ce fut tout le problème ici, de dessiner et aménager sans avoir une demande pour les bâtiments qui devaient compenser ces couts de construction des voiries et réseaux divers (laissons appart le foncier, parfois acheté a un prix faramineux).

Biblio (113) Hausse et chute des densités a Manhattan

biblio 113- Manhattan densities

Ce document de travail par Shlomo Angel et Patrick Lamson- Hall, chercheurs au Marron Institute de l’Université de New York, étudie l’évolution des densités de population dans les zones édifiées de Manhattan depuis 1800 jusqu’à 2010. Les sources sont des données des recensements pour la population et des cartes, ce qui leur permet de conclure que les temps sont favorables pour un programme de densification urbaine permettant de loger un plus grand nombre de personnes partant d’actions depuis le niveau de base, sans avoir recours a des grandes actions financées par le secteur public. La proposition serait essentiellement une modification des dispositions zonales du Plan d’Urbanisme, permettant des densités plus hautes dans les arrondissements périphériques, comme ce fut fait dans le temps a Manhattan. Ce qui ne serait pas si étrange la ou j’habite, avec une habitude plus courante d’habitation verticale, mais implique une évolution culturelle au pays des pavillons. Malgré le voisinage avec les gratte-ciels, les logements en hauteur ont d’autres implications culturelles, en partie car ils représentent la perte des libertés d’être le roi de sa propre parcelle.

Il faut remarquer qu’il y a deux vidéos intéressantes qui représentent ces données qui ont permis d’atteindre ces conclusions.

https://www.youtube.com/watch?v=9Snw3Huxm5U

https://www.youtube.com/watch?v=AGXJTwkc0CA

Un programme pour 2015: le grain des villes

Un endroit que je connais bien, vu du Landsat

Un endroit que je connais bien, vu du Landsat

Le relief, premiere echelle de "grain" du territoire. La Corogne, d'apres des données altimetriques IGN-e

Le relief, premiere echelle de « grain » du territoire. La Corogne, d’apres des données altimetriques IGN-e

Définir un programme aide a faire plus facile ce qui est complexe. Les Nations Unies ont déclaré 2015 l’année internationale de la lumière et des techniques utilisant la lumière, et année internationale des sols. A priori, ce sont des points de départ peut-être plus propices pour un blog comme celui-ci que 2016 (année internationale des légumes et des camélidés, ce qui nos mènerait a la typologie des sérails, ce qui es plutôt lointain pour moi…), quoique l’on ne sait jamais… Il me semble mieux de faire le choix d’un sujet plus centré sur le milieu urbain bâti. Et de façon plus concrète, d’un sujet qui est transversal a la plupart des travaux d’intérêt que je lis récemment, et qui me semble donc central : le grain de la ville.

Je ne parle pas ici du grain au sens des cultures, mais des différentes qualités que chaque échelle d’approche peut transmettre sur la ville ou le territoire. Mandelbrot a traduit une pensée semblable avec la théorie fractale, comme la présence de qualités visuelles (il parait que tout en étant un mathématicien, il a donné une large préférence aux représentations visuelles des concepts abstraits, comme des structures sou jacentes dans les données en ce cas) qui semblent similaires a des échelles différentes.

Les batiments d'apres leur description cadastrale, une couche suplementaire de "grain"

Les batiments d’apres leur description cadastrale, une couche suplementaire de « grain »

Le grain de la ville peut être physique (un quartier historique peut avoir un détail plus grand en plusieurs sens) ou immatériel, lié aux flux et liens sociaux et économiques ; les espaces les plus intéressants sont ceux ou les deux qualités de détail confluent.

Le grain pose essentiellement deux questions :

  • La capacité des instruments que l’on utilise pour représenter la ville ou le territoire pour nous raconter une complexité donnée.
  • La présence (ou non) de complexités sur le territoire, dans un sens ou l’autre.

Tout au long de l’année, en parallèle a d’autres questions plus circonstancielles, celle-ci sera la base du blog. Comme toujours, j’accepte vos propositions…

Un bati avec des grains differents

Un bati avec des grains differents

... et ce qui est encore en devenir...

… et ce qui est encore en devenir…

La dernière des trois grandes soirées

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La séquence des fêtes en Espagne est la suivante :

  • Nuit du 24 au 25 décembre : diner de Noel, couramment en famille, et repas de Noel, toujours en famille. On ne fait pas le réveillon, mais de plus en plus de gens reçoivent des cadeaux a cette date.
  • Nuit du 31 décembre au 1 janvier : diner en famille ou en réveillon, repas du nouvel an en famille. Minuit est le moment central. Pas de cadeaux.
  • Nuit du 5 au 6 janvier : d’apres la tradition, ce sont les Rois qui apportent les cadeaux. Pas de diner d’apparat, les cadeaux sont ouverts le 6 matin, et un repas en famille est couramment associé. Même si certains demandent aujourd’hui la fin de la monarchie en Espagne, du coté cadeaux les Rois sont largement gagnants (quoique le Père Noel avance…). Le jour ou Angela Merkel saura que certains espagnols obtiennent deux cadeaux le spread montera…

Voici certaines images de la soirée d’hier 5 a La Corogne, en Galice (nord-ouest espagnol). Plein de monde dans la rue, emmenant les Mômes voir la défilée des Rois, ou cherchant un cadeau au dernier moment. En cherchant un point haut pour voir le défilé des Rois nous sommes montés a la Fundación Abanca et nous avons trouvé une exposition sur l’œuvre d’Isaac Diaz Pardo assez intéressante, au-delà de ce que je connaissais déjà par les porcelaines de Sargadelos ; un cadeau intellectuel assez intéressant. nocrey-6

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Me voila, de façon inatendue, avec une collection de bouteilles qui representent un mariage…