Mois: avril 2013

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (9) Campo de las Naciones

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Le Campo de las Naciones occupait en 2009 la sixième place dans la région, avec un PIB de 2.171 millions d’euros. Avec 1.464 habitants et 18.591 emplois (les logements et les emplois sont séparés par prés de 1 km, encore une fois un effet d’un découpage pensé pour le recensement de la population), la proportion était de 12 emplois par habitant. C’était la dixième section censale par emplois dans la région.

La zone est, surtout, l’emplacement de la foire IFEMA, d’où vient sont activité (la localisation près de l’aéroport a aidé, et il y a une connexion métro avec l’aéroport et avec le centre par Azca), et aussi l’emplacement pour une certaine capacité de bureaux ; une partie est dans l’entrée vers la foire, et une autre partie est dans une zone très étroite entre le chemin de fer et la rocade M-40. La surface édifiée comprend 478.000 m2 de parkings, 363.000 m2 de bureaux, 64.523 m2 de logements (séparés des précédents), 53.000 m2 d’hôtels et restaurants, et 3.900 m2 de commerces. L’architecture la plus intéressante est celle de la foire (dans sa gigantesque parcelle il y a 590.000 m2 edifiés) mais elle n’a pas une veritable relation avec l’espace public; le parc Juan Carlos I est représentatif du paysagisme espagnol de la décennie 1990 et l’espace public le plus utilisé sur la zone, avec une affluence de visiteurs surtout en voiture, etant donnée son enclavement entre autoroutes; c’est un bon point de vue sur le nordest de Madrid.

L'aéroport de Barajas, vu du parc Juan Carlos I

L’aéroport de Barajas, vu du parc Juan Carlos I

Ce n’est pas une centralité urbaine (peu de foires modernes le sont), mais plutôt une enclave monofonctionelle avec une grande production de PIB dans le cadre d’un systeme plus complexe (ceci serait impensable sans l’aéroport et les autoroutes).L’affluence pendant un congres peut être très importante, et il y a quelques sièges sociaux, mais la mixité fonctionnelle n’est pas assez, et étant un tissu coupé d’autres zones urbaines les complémentarités se jouent en voiture, ce qui les dilue.

Bureaux

Bureaux

Logements

Logements

Logements vus du parc

Logements vus du parc

Parc Juan Carlos I. Au fond, travaux a Valdebebas

Parc Juan Carlos I. Au fond, travaux a Valdebebas

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (8) Azca

Vue de l'angle sudest de Azca. A droite le batiment BBVA, de Sainz de Oiza

Vue de l’angle sudest de Azca, un pôle d’echanges important. A droite le batiment BBVA, de Sainz de Oiza

La section censale de Azca occupait en 2009 la troisieme position dans la région, avec un PIB de 2.564 millions d’euros. Avec 1.540 habitants et 41.734 emplois (valeur la plus haute de la région pour une section censale), il y avait 27 emplois par résident.

Une concentration de tours a l’intérêt architectural variable et un paysage public assez décevant par endroits, avec les corridors typiques a des niveaux différents qui évoquent l’insécurité plutôt que toute autre chose ; mais aussi quelques architectures d’intérêt, et aussi la certitude d’un « rêve impérial » de l’après guerre civile qui ne fut pas.

SHOB de logements par parcelle. Les chiffres montrent pour certaines parcelles le nombre de logements

SHOB de logements par parcelle. Les chiffres montrent pour certaines parcelles le nombre de logements

SHOB de bureaux par parcelle. Le chiffre montre pour certaines parcelles le nombre de locaux enregistrés comme bureaux.

SHOB de bureaux par parcelle. Le chiffre montre pour certaines parcelles le nombre de locaux enregistrés comme bureaux.

La surface édifiée totale est a hauteur de 1,24 millions de m2, avec 10% pour des logements. Ainsi, le logement moyen fait 85 m2, et pour chaque emploi il y a une moyenne de 27 m2 d’espace édifié, n’excluant que la surface des logements. Il y a un demi million de m2 de bureaux, et 130.000 m2 de commerce (El Corte Inglés, notamment). Il ne faut pas oublier que 28,5% de la surface édifiée (354.000 m2) sont des espaces de parking…

52% de la surface édifiée date d’avant 1980 (y compris tous les logements), et 41% de la période 1980-2000

Les origines d'Azca: le plan Bidagor dans l'apres guerre civile prevoyait deja une zone de bureaux

Les origines d’Azca: le plan Bidagor dans l’apres guerre civile prevoyait deja une zone de bureaux et commerce

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (7)

¿Quelles sont les conditions spatiales des zones les plus productives ? étant donné que la productivité dépend des activités des personnes dans un contexte déterminé de prix, régulation, compétence et technologie, je ne suis pas sur que l’influence des conditions spatiales soit absolument déterminante; le tissu urbain a une inertie que les flux économiques n’ont pas. Ne prenez pas ceci comme un alibi pour dire que tout vaut ; c’est plutôt la raison d’assurer une qualité architecturale et environnementale convenable, car elle devra faire face a un environnement forcement en mutation. En tout cas, il parait pertinent de voir quelle était la situation a Madrid en 2009 (dernière année avec des statistiques disponibles).

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Les prochains articles seront consacrés a cinq des sections censales avec les plus hauts PIB en 2009 dans le centre de Madrid et son entourage proche :

Azca (3)

Campo de las Naciones (6)

Banco de España (9)

Ciudad Universitaria (12)

Julián Camarillo (13)

Biblio (38) L’economie spatiale

En 2001 Masahisa Fujita, Paul Krugman et Anthony Venables ont publié  “The Spatial Economy. Cities, Regions and International Trade”; le livre est en vente, et on peut accéder au chapitre introductoire par le site web de Paul Krugman. Comme ceux qui suivent ce blog savent, je ne suis pas un économiste, mais je suis intéressé par les phénomènes de ce genre et leur influence sur la ville ; certaines des questions exposées dans le livre évoquent des théories économiques que tout simplement je ne connais pas, ou je ne pourrais pas juger par manque de connaissance, ou sur lesquelles je pourrais peut être me montrer sceptique, pas tellement sur leur conception mais plutôt sur leur utilité pratique. Pourtant, je trouve intéressante l’exposition de l’évolution de la discipline de l’économie spatiale et comment elle s’est orientée, au moins en partie, plutôt vers les éléments plus modélisables que vers la question d’ensemble.

Centralité et périphérie Madrid a Madrid depuis 2000 (6)

Emploi en 2009: sur la permiere couche, en ton rosé les sections censales ou il y avait entre 1 et 3 travailleurs par habitant enregistré a la mairie, et en orange les sections ou cette proportion depasse 3; sur la deuxieume couche, les vingt sections censales avec la plus haute proportion.

Emploi en 2009: sur la permiere couche, en ton rosé les sections censales ou il y avait entre 1 et 3 travailleurs par habitant enregistré a la mairie, et en orange les sections ou cette proportion depasse 3; sur la deuxieume couche, les vingt sections censales avec la plus haute proportion.

La centralité dépend, entre autres facteurs, de l’emploi, mais ce n’est pas le seul élément. En 2009 la plupart des sections censales de Madrid avaient moins de travailleurs dans les entreprises présentes sur place que d’habitants enregistrés a la mairie ; il faut rappeler que la section censale est une division de l’espace utilisée pour les recensements de la population, et ainsi sa surface varie, étant bien plus grande dans des zones rurales ou industrielles, avec peu de population permanente.

L’équilibre entre emploi et résidence a été l’une des obsessions de l’urbanisme des dernières décennies, cherchant a optimiser les systèmes de mobilité et les équipements, et a éviter les quartiers monofonctionnels ; dans les pays prétendument avancés, ou les parcours professionnels sont de moins en moins uniformes, ceci es de plus en plus difficile. Pourtant, on peut conclure qu’un indice de la centralité d’une zone peut être la proportion de travailleurs par rapport aux habitants relativement élevée ; si elle est trop élevée, on perd la diversité des centres, ou on est carrément dans un espace monofonctionnel, comme les zones d’activité/ zoning industriels.

Dans le centre de Madrid il y a un axe nord-sud très clair  autour de la Castellana avec plusieurs sections avec plus de 3 emplois par habitant ; généralement, une grande partie du quartier de Salamanca et autour de Gran Vía avaient en 2009 plus d’emplois que de résidents. Quand on analyse l’ensemble des sections censales de la région, celles qui présentent les valeurs les plus hautes sont des zones industrielles, l’aéroport de Barajas (1), le triage ferroviaire d’Atocha (2) ou la Cité Universitaire (3), des espaces monofonctionnels. Il y a aussi Azca (4), la tentative de quartier de gratte-ciels de la décennie de 1960, et l’entourage de Cibeles et la Banque d’Espagne (5) avec plusieurs institutions publiques et privées ; dans ces cas, la dimension relativement modérée de la section censale correspondante et son insertion dans un cadre plus peuplé, avec une bonne accessibilité par tous les moyens, contribue a la centralité.

A l’intérieur de la rocade M-30 la valeur moyenne en 2009 était de 0,85 emplois par habitant.

En ton rosé les sections censales ou il y avait entre 1 et 3 travailleurs par habitant enregistré a la mairie, et en orange les sections ou cette proportion depasse 3

En ton rosé les sections censales ou il y avait entre 1 et 3 travailleurs par habitant enregistré a la mairie, et en orange les sections ou cette proportion depasse 3

 

Centralité et peripherie a Madrid depuis 2000 (4)

Trajets en bus interurbain par corridor de transport  en 2011, d'apres CRTM

Trajets en bus interurbain par corridor de transport en 2011 (données CRTM)

Il y a des statistiques qui patissent d’un effet inertiel, car leurs données ne sont mises a jour qu’avec la modification d’une donnée administrative; les données cadastrales des articles precedents sont pertinentes, mais pendant une crise comme l’actuelle elles peuvent masquer des effets de « coque vide » (je suis sur que les statistique cadastrales sur affectations du sol a Detroit sont loin de montrer des dynamiques reelles sur une partie importante de la ville…). L’utilisation des transports en commun es plus pertinent pour une vision plus dynamique, même si parfois leur detail geographique est plus reduit.

Le rapport 2001 du CRTM (syndicat des transports de la Région de Madrid) montre des données interesantes; et même si le detail geographique pourait etre meilleur, il est clair que la centralité metropolitaine repose toujours sur le coeur de Madrid.

Centralité et peripherie a Madrid depuis 2000 (3)

Elements commerciaux principaux sur Madrid et les municipalités proches de l'aire metropolitaine

Elements commerciaux principaux sur Madrid et les municipalités proches de l’aire metropolitaine

La centralité commerciale s’oriente suivant l’offre et la demande des produits d’achat non quotidien (habillement, chaussures, produits de loisirs…) Ces produits sont a leur tour segmentés par qualités et prix. Comme dans beaucoup de villes espagnoles, dans le cas de Madrid El Corte Inglés est la seule chaine de grands magasins et polarise de façon claire les grandes centralités commerciales, avec des caractéristiques différentes a chaque emplacement : populaire et touristique a Sol- Callao, niveau plus haut au Barrio de Salamanca, offre associée a la présence de grands sièges sociaux a Azca… La ville compte plusieurs grands centres commerciaux, mais ils sont peux a l’intérieur de la rocade M-30 et dans des situations périphériques. La centralité plus variée par sa combinaison avec les établissements de loisirs est le district Centro, sur les axes de Gran Vía, Preciados et Arenal, suivie par celle du Barrio de Salamanca, avec une demande orientée vers des clients plus riches.

Zones avec les plus hautes densités commerciales (surface cadastrale) en 2013

Zones avec les plus hautes densités commerciales (surface cadastrale) en 2013

Centralité et peripherie a Madrid depuis 2000 (2)

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Densité résidentielle des batiments pre-1979 a Madrid

La centralité urbaine est un de ces concepts complexes, qu’il est plus facile de reconnaitre dans la vie de tous les jours que de décrire avec rigueur et précision ; et ceci complique (sans rendre impossible) d’agir pour encourager ses effets positifs.

Comme certains ont dit, le centre urbain est, simplement, cet endroit ou tout le monde veut y aller pour une ou autre raison : idéalement, pour certains c’est l’endroit ou les jeunes vont pour apprendre, mais aussi pour faire la fête, les plus âgés vont travailler mais aussi s’amuser, et aussi il y a un nombre d’habitants. Pour d’autres c’est un endroit avec plein de rôles, mais peu d’habitants pour leur éviter les désagréments des flux. Et dans la réalité ce n’est pas autant un espace défini géographiquement avec une forme fermée, ou immutable dans le temps, mais une zone qui évolue même pendant le long de la journée, donc les zones plus centrales sont celles qui au fil des heures voient se maintenir le plus cette condition de centralité, toujours marquée par la capacité d’attraction des gens qui viennent de l’extérieur.

Ce serait quoi, le centre de Madrid ? étant donné qu’il s’agit d’une ville avec une certaine histoire (pas si longue, pourtant, d’une certaine façon Madrid est au XVIème siècle européen ce que Brasilia au XXème siècle américain), il y a certaines limites physiques ; le temps et l’inertie des investissements en infrastructure pendant des décennies ont configure un espace, qui coïncide avec le district Centro, ou convergent la plupart des grands transports en commun et les principales voiries d’accès. C’est le centre le plus iconique aujourd’hui, mais jusque a la fin du XIXème siècle c’était la ville toute entière, et cette complexité est encore visible. L’ensanche du XIXème siècle et la croissance industrielle vers l’Arganzuela n’on fait qu’élargir le centre, une opération renforcée par la percée urbaine de la Gran Vía.

La consolidation de l’ensanche au long d’un siècle et ses meilleures conditions socioéconomiques par rapport aux faubourgs de Tetuan ou Puente de Vallecas, presque contemporains dans leur développement, configurent progressivement une centralité autour de cet espace, d’une façon plus claire autour de son bord occidental. Et l’expansion vers le nord configure un axe autour du Paseo de la Castellana ou au milieu de la décennie de 2000 il y avait déjà 3 emplois pour chaque résident.

Quand nous avons rédige le Proyecto Madrid Centro (PMC), la Ville de Madrid a considéré que  l’emprise d’étude et d’intervention sur ce centre correspondait essentiellement avec l’interieur de la rocade M-30, ce qui serait comme dire que l’ile de Mannhattan toute entiere est le centre de New York, Paris 75 le centre de Paris, et la Ciudad Autonoma le centre de Buenos Aires. L’analyse réalisée montre que ceci n’est qu’une simplification ; sur ces échelles et avec la fluidité des moyens de transport, cette centralité est nuancée par des relations métropolitaines complexes. La centralité réelle, en tant que combinaison de ces fonctions pour attirer des populations extérieures avec plus d’intensité, est la superposition de l’axe Castellana, le District Centro et le Barrio de Salamanca, mais il y a aussi d’autres centralités plus locales ; leur avenir est plus menacé dans leur capacité d’attraction par la crise économique, qui semble renforcer l’attraction de ces aires plus centrales, appuyées par les flux du tourisme, face aux axes de quartier, soumis a une plus grande crise commerciale.

Centralité et périphérie a Madrid depuis 2000 (1)

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La ville de Madrid a une surface un peu plus grande de 600 m2, comparable à celle de l’ile de Menorca. Mais cette taille n’est pas l’originale : la dernière annexion a eu lieu en 1960.

Ces annexions ont permis une uniformité dans le traitement des systèmes structurants du territoire, et spécialement la voirie, qui ne sont pas toujours a l’encontre dans une aire métropolitaine (par exemple, a Londres ou a Paris, une surface similaire serait morcelée entre une énorme quantité de municipalités), même si Madrid déborde aujourd’hui largement sa municipalité. Ceci a permis aussi une politique de croissance urbaine sous une régulation relativement homogène : le résultat, une croissance importante, qui dans un contexte de natalité décroissante et réversion des flux démographiques, implique un pourcentage de logements vides de plus en plus haut, surtout avec la quantité de nouveaux logements récemment construits.

La ville existante se renouvelle peu par rapport.

Biblio (37) Rehabilitation a Madrid

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Voici encore un texte dont je suis l’un des auteurs (il y a aussi une version resumée en anglais) Le Baromètre de l’Economie de la Ville de Madrid présente une vision de l’économie de la ville, avec des analyses de conjoncture d’aspect structurels et de la position de la ville par rapports a d’autres grandes agglomérations. Note texte apparait dans le premier numéro de 2013

La question posée par la Ville de Madrid, qui a amorcé l’écriture de l’article, est jusque a quel point la rénovation du parc bâti peut contribuer a la dynamisation du secteur du bâtiment ? Etant donné que la crise économique actuelle en Espagne est assez liée a la crise immobilière, la question est plutôt complexe.

L’article ne doit pas être lu comme une prévision ; en urbanisme, comme dans presque toutes les matières liées au monde réel et non seulement a celui des idées, prévoir l’avenir est impossible, et moins encore a long terme, mais on peut définir au moins une idée de vers ou on veut aller pour au moins pouvoir orienter ses actions, forcement d’adaptation a l’imprévu.

Mais il peut être lu comme une analyse de la conjoncture du parc résidentiel de la ville (avec les limitations d’un article de 40 pages), des initiatives en cours dans d’autres contextes comparables, et de ce qui pourrait arriver si les directives européennes sur l’énergie sont appliquées. Car, si la ville du XXème siècle fut façonnée par la voiture, la ville du XXIème siècle, au moins en Europe, et avec les règles qui sont mises en place, serait façonnée par l’énergie et les demandes environnementale ; je vois au fond le sourire sceptique de plusieurs, mais en réalité ce n’est que l’évolution d’une idée de la modernité préalablement matérialisée dans l’hygiénisme a la fin du XIXème siècle.

Le secteur de la réhabilitation pourrait devenir important a Madrid étant donnée le besoin de rénovation d’un parc résidentiel avec des problèmes et un ensemble de mesures du gouvernement ; mais pour cela il faudrait une orientation claire dans la procédure en cours pour la révision du plan d’urbanisme, et que les familles comprennent le bénéfice de rester dans leurs logements et les rénover au lieu de déménager vers des bâtiments de nouvelle construction, sans compter avec le besoin de normaliser les marchés de crédit. Et améliorer l’emploi, pour résoudre les deux grands problèmes de fond : la précarité des jeunes et le déséquilibre offre- demande du marché résidentiel.