France

Biblio (123) Zones rurales au Quebec, en Suisse et en France

Biblio 123- rurales

Les zones rurales perdent toujours du poids démographique dans tout le « monde civilisé ». Voici une vision de la situation dans trois pays francophones, avec une attention spéciale aux matières de l’urbanisme.

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Biblio (121) Séries longues des prix immobiliers en France

biblio121-series longues prix immo- Paris depuis 1200

Voici un ensemble de références d’intérêt sur les séries longues des prix immobiliers en France, pour 1936-2015 pour le pays entier et de 1200 a 2015 a Paris. Cette vision en séries longues n’est pas sans rappeler la base de séries longues qui appui les études sur le revenu de Pikety.

Les séries depuis 1200 pour Paris sont bien sur appuyées sur des méthodologies variables, avec une représentativité statistique plus faible. Elles montrent un comportement erratique, pour ne pas employer un autre adjectif, mais la réalité est parfois comme ça.

Biblio (115) Combien de temps consacrent les français a leurs courses?

Captura

L’INSEE vient de publier une étude assez intéressante sur le temps consacré par les français aux courses (aussi bien quotidiennes, comme la nourriture, que celles des biens d’élection, comme la mode). D’après les résultats de l’analyse d’une série de données entre 1974 et 2010, les courses sont faites de moins en moins fréquemment, et elles sont toujours plus longues le samedi, avec des déplacements toujours plus loin du domicile.

En 2010 le français moyen (a supposer qu’il existe…) consacre 2 heures 41 minute a la semaine aux courses; entre 1974 et 2010 les femmes on reduit le temps consacré de 28 minutes et les hommes ont rajouté 21 minutes par semaine. Les achats par internet restent peu nombreuses en France. 20% pensent que les courses sont une corvée en 2010, tandis qu’en 1986 ils n’étaient que 10%.

Voici des chiffres qui peuvent sembler loin de l’urbanisme, mais elles montrent que pour le petit commerce urbain, qui apporte une vie aux villes, les choses ne vont pas bien…

Cartes 2015 (2) La panne de la bulle

Comme j’ai déjà annoncé il y a quelques jours, l’argument central du blog cette année sera le grain de la ville ; c’est-à-dire, comment se constitue le détail que l’on voit dans l’espace urbain par un cumul de circonstances. Les ordonnances des bâtiments vieilles de 200 ans sont aujourd’hui une matière de guide touristique, et les crises des temps anciens expliquent souvent comment un quartier est devenu ce qu’il est (tentez d’expliquer l’urbanisme du XVème arrondissement de Paris sans la brutale coupure économique de l’entre guerres mondiales…).

Aujourd’hui je vais parler de comment s’est répandu dans le pays la crise immobilière de l’Espagne ces dernières années. Le secteur immobilier, a la base de la croissance de l’économie depuis la moitié de la décennie 1990, s’est appuyée sur la construction de logements nouveaux essentiellement sur des zones de périphérie. En termes de paysage ceci a impliqué l’aménagement (parfois encore en ce moment et probablement pour des années a venir sans bâtiments) de grandes zones périphériques, en contraste avec des tissus urbains centraux ou les voiries ont été embellies mais les bâtiments n’ont pas tellement changé.

L’arrêt de ce que l’on a appelé la bulle immobilière n’est pas homogène sur le territoire. Ceci peut être analyse de plusieurs façons, et j’ai choisi la suivante. Le Ministerio de Fomento, entité du Gouvernement de l’Espagne le plus lié au logement (matière régionalisée), publié chaque trimestre des données sur l’évolution du prix au m2 des logements, pour un ensemble de 283 municipalités de plus 25.000 habitants, faisant la différence entre celles de moins de deux ans et celles de plus (en comptant toujours a partir de la fin du chantier). Pour l’analyse que je vais entreprendre le prix n’est pas important, mais plutôt a quel moment se produit la « panne de courant » de la donnée a cause d’une information qui n’est plus statistiquement représentative. Je suis conscient qu’il y a d’autres sources d’agents privés qui ont des données différents, mais j’ai choisi celle-ci car elle est publique et chacun peut y faire la comparaison, et en plus elle a des chances de rester active plus longtemps. Une remarque pour ceux qui auront la patience d’aller rechercher les données originales : pour le période analysé (premier trimestre de 2005- troisième de 2014) une municipalité fut rajoutée a la liste ; je me suis passé de ses données pour donner une homogénéité aux données.

J’ai procédé aux analyses suivantes :

Data blackouts for new homes prices in Spain (if animation stops, reload the webpage to see it again)

« Pannes » des données sur le prix des logements neufs en Espagne (si vous voulez revoir l’animation, actualisez la page)

  • Carte des « pannes » des données (image superieure animée, on voit le passage du vert au rouge) : il s’agit d’identifier la dernière donnée disponible dans chaque municipalité sur le logement de moins de deux ans. Il n’y a que deux municipalités (Madrid et Barcelone) sans aucun trimestre en « panne » de données pendant ce temps, et au troisième trimestre 2014 il n’y avait que huit avec des données : Almeria, Barcelone, Caceres, Madrid, Merida, Las Rozas de Madrid, Madrid, Teruel et Saragosse. Pour certains cas (comme Madrid et Barcelone…) les agglomérations, avec un grand nombre de points très proches, peut masquer la visibilité des municipalités encore « actives ».

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  • Graphique d’évolution par trimestres du nombre de villes sans valeurs représentatives pour le prix de l’ensemble des logements (sans distinction d’âge), de celles de plus de deux ans et de celles de moins (logements nouveaux). On voit qu’a partir de 2009 les nuages noirs se font visibles, et que le premier trimestre 2011 marque un seuil substantiel. En comparant ce graphique a l’évolution des logements libres (sans subvention publique a l’achat) qui finissent leurs chantiers et le prix moyen du m2 de sol urbain dans les municipalités de plus de 50.000 habitants, on voit beaucoup de parallèles : les logements de moins de 2 ans se réduisent, car on ne produit plus en grande quantité.

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  • Comparaison des graphiques d’évolution des prix du logement, en moyennes nationales, en Espagne, Colombie, France et les Etats- Unis, par trimestre, entre le premier de 2007 et le deuxième de 2014, avec comme 100% de référence le premier de 2007. On voit qu’en France il n’eut pas de chute de prix (production de logements réduite), aux Etats Unis la correction de 10% semblé passée (quoique la différence de taille de pays demanderait probablement des nuances dans la comparaison), et le graphique de la Colombie rappelle celui de l’Espagne 5 ans avant, ce qui ne semble pas un bon signe.

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  • Vision croisée de la taille démographique des municipalités avec le nombre de trimestres (sans accorder une importance a l’ordre) ou ils ont été « hors radar » pour le prix des logements de moins de deux ans. C’est clair que la taille importe, et les municipalités avec des populations plus hautes (qui en Espagne ont aussi souvent des grandes superficies et des opérations importantes d’aménagement) sont celles qui semblent s’être le moins mal sorti de la crise, avec un marché plus large et une concentration plus importante, malgré tout, d’activité et d’éléments objectifs (distance aux emplois, services, transports) de support des prix et de l’intérêt pour la construction.

Pour l’avenir ceci n’implique pas des leçons automatiques pour la planification de ces municipalités ; les plans doivent confronter l’avenir, toujours incertain, et il y a donc besoin d’une certaine flexibilité. Mais la leçon serait plutôt (comme on verra dans des articles prochains) que les plans a long terme ont un sens en urbanisme a condition de comprendre que les bâtiments arriveront aussi a long terme. Et ce fut tout le problème ici, de dessiner et aménager sans avoir une demande pour les bâtiments qui devaient compenser ces couts de construction des voiries et réseaux divers (laissons appart le foncier, parfois acheté a un prix faramineux).

Biblio (105) Une typologie des campagnes françaises (ou la diagonale du vide existe bel et bien encore)

Une simple carte du Commisariat Général a l’Egalité des Territoires (je comprends la logique franco-française du nom, mais ça un air plutot drôle vu de l’exterieur, le cri republicain concernait l’egalité des citoyens…). Les communes du pays sont divisées en trois groupes:

  • Campagnes pres des villes, du littoral, et des vallées urbanisées. Les mieux loties en termes demographiques et economiques, mais aussi les plus « menacées » en ce qui concerne leur caractere rural. 28% des français y habitent
  • Campagnes vieillies a tres faible densité. Soumises a un cercle vicieux de viellissement et appauvrissement. 7,4% des français sont la. Et cette vieille idée de la diagonale du vide est encore une fois confortée par les données.
  • Campagnes agricoles et industrielles. Avec 9% de la population française, surtout dans la moitie nord, attendant leur absorption par le débordement de l’Ile de France? (j’exagère, bien sur…)

Donc voila, 56% des français habittent dans des unités urbaines de plus de 10.000 habitants.

Des Alpes a l’Atlantique (6) Lacq

mourenx

Il y a quelques années j’ai pu écouter a Paris Jean Paul Lacaze, un urbaniste français de ce genre mythique qui a participé dans toutes les batailles, raconter une drôle d’histoire. Il parlait sur l’expérience du pays dans la création de villes nouvelles, et sur la complexité croissante des critères pour la sélection d’un site (pour une ville, une industrie…) approprié suivant le paradigme du développement durable. Et il a parlé du projet d’urbanisme associé au gisement gazier de Lacq, aux Pyrénées Atlantiques. Ce gisement, découvert en 1951, fut a l’origine de ce qui est aujourd’hui Total, et une histoire avec certaines similitudes avec le gaz de schiste actuel : une ressource a l’extraction complexe (haute teneur en hydrogène sulfuré), mais très importante pour l’économie nationale. Lacaze disait que pendant la présentation a la presse du projet vers 1957, le maire a dit quelque chose comme « on a choisi le meilleur emplacement, sans doute ; Jean Paul et moi, nous avons pris ma bagnole et fait le tour de la commune pendant un jour pour le trouver ». C’est bien loin de ce que l’on pourrait considérer aujourd’hui comme rigoureux, mais c’est l’origine de Mourenx, une ville de près de 7.000 habitant (en 1968 il y avait un peu plus de 10.000).

Le gisement a fermé en 2013, et la base économique de la ville est touchée, comme dans d’autres bassins miniers, quoiqu’il existe un ensemble de projets de maintien de l’activité industrielle. Et la ville parait, effectivement, une ville nouvelle de la première heure, un modelé hybride avec des éléments de grand ensemble. C’est une architecture de barres dans une grille de rues assez claire, ou l’on profite a chaque opportunité (et le relief y apporte un certain nombre) pour introduire des courbes.

Pendant ce jour Jean Paul et le maire ont choisi un espace relativement plat, entouré par deux grands alignements de collines qui apportent une certaine séparation visuelle par rapport aux zones industrielles les plus proches. Chaque quartier a une tour, mais le logement individuel a gagné en importance (après tout, c’est la France…). Le Plan Local d’Urbanisme est en révision, avec des prévisions de croissance modérée.

Des Alpes a l’Atlantique (4) Nice

nice-table orientation

Un matin d’aout a Nice (il y a quelques années) on voit pas mal de choses ; tout comme dans d’autres villes, mais ici, du haut du château, on a le sentiment de les voir un peu mieux :

Niza1

  • Plein d‘avions (l’un des aéroports les plus importants de France), que l’on peut voir atterrir et décoller, les pistes semblent un porte-avions ; on sent que l’on pourrait les toucher, car ici la manœuvre d’approche est en courbe (je n’avais jamais vu quelque chose du genre, au moins en Espagne), et ceci donne un aspect bien plus spectaculaire au traffic. Et la carte de servitudes semble plutôt une architecture d’Enric Miralles.

Servitudes aeronautiques NICE

  • La plage semble bien active ; ce sont des cailloux, donc bien moins aimable qu’une plage de sable.

playa niza

  • La promenade des anglais est une voie assez utilisée. Par rapport a des corniches maritimes plus moderne elle est plutôt simple en termes de conception du trottoir vers l’eau (son prestige viendrait plutôt des bâtiments), mais semble bien fonctionner ; il y a une bonne dimension transversale, le plus important, et au moins il n’y a pas plein de bidules inouïs.
  • Les collines, au moins vues de loin, pourraient être celles de n’importe quel endroit en Méditerranée nord. Le pourcentage d’erreurs graves en matière de paysage es un moindre par rapport a l’Espagne ou l’Italie, mais il y a quand même un certain nombre.
  • Sur le port il y a plusieurs yachts de la taille d’une frégate de la Marine National (quoique bien moins qu’a Monte-Carlo). A vrai dire, des éléments parmi les moins actifs en apparence sur l’ensemble, mais ça attire l’œil dans un quai assez ordonné qui montre encore des traces d’italianité.

niza-puerto

Cartes 2014 (21) Paris 2020

paris 2020 web

 

Version web de la maquette numerique de 40 m2 exposée actuellement au Pavillon de l’Arsenal, l’un des points de repere pour tout architecte en visite a Paris. Ça vaut le coup de faire la visite pour comprendre les ambitieux plan autour du nouveau réseau de transports en commun et autres projets urbains et architecturaux autour de la capitale française.