Mois: avril 2014

Bombinettes, couronnes, logement, euros, oiseaux et Ecossais : choix européens.

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L’Union Européenne est présentée souvent comme une organisation qui a aidée l’Europe (ou au moins ses états membres) a obtenir l’une des plus longues périodes sans guerre de l’histoire. Ce qui est vrai. Mais on arrive a un point ou probablement ceci va changer, d’une façon ou d’une autre (pas la paix, mais l’architecture de l’Union).

Parmi les cinq matières, il n’y a que deux qui ont crée un certain consensus en Europe, les oiseaux et l’Euro. Deux pays sont des puissances nucléaires, mais ceci n’est pas soumis a négociation (et déplace la question de la défense commune a l’OTAN, un cadre bien diffèrent). Et il y a une poignée d’autres pays qui ont des armes nucléaires de l’OTAN. Chaque état décide.

Sept sont des monarchies, ce qui indique que par le passé certaines personnes ont été « choisies par Dieu » pour mener leur troupeau ; donc il y a une différence essentielle par rapport a un président élu, créant des frictions potentielles a l’avenir. Mais la forme de l’Etat est définie par chacun.

Le Parlement Européen a approuvé récemment (11 juin 2013) une résolution sur le logement social, mais ce n’est pas une Directive, et il semble difficile d’atteindre un compromis en la matière. En fait, il y a des Directives qui couvrent la sobriété énergétique des bâtiments, ce qui n’est pas exactement la même chose. En ce qui concerne le droit au logement et comment l’assurer, c’est une question décidé par chaque état.

L’Euro est devenu réel et tangible, et c’est sans doute une preuve d’un consensus entre les états, qui ont fait cession d’une partie essentielle ce qui était jusqu’ici une marque d’Independence : la monnaie. A quel point cette monnaie est vue comme une bonne chose par les citoyens c’est autre chose après la crise. Même si votre monnaie n’est pas l’Euro, l’Union a des fortes prérogatives économiques.

L’Europe a approuvé une Directive sur les oiseaux, ce qui est l’une des peu nombreuses matières ou l’Union dit quelque chose de concret sur l’utilisation des sols. Apparemment on aime les oiseaux (moi aussi, bien sur).

Les Ecossais ont prévu d’avoir un referendum d’Independence cette année. Ils veulent cette Independence du Royaume Uni, mais aussi rester dans l’Union et l’OTAN. Mais l’Independence n’est plus ce qu’elle était. La question n’est pas pourquoi les Ecossais (ou les Catalans, tant qu’on y est) veulent couper des liens mais rester en Europe, et pourquoi la Serbe ou l’Albanie veulent entrer. C’est plutôt quel est le niveau du millefeuille administratif qui peut sauter maintenant que l’Europe gagne en pouvoir. Et le nationalisme joue un rôle; par  exemple, l’UKIP veut un Royaume Uni hors de l’Union, mais pas une Ecosse indépendante. Qui a son tour serait un état, mais bien moins fort que ce que certains pensent.

Comment ces matières influent en matière d’architecture, d’aménagement du territoire et urbanisme, le nerf de la guerre de ce blog ? a voir dans des articles a venir.

 

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Biblio (89) Logements en location en Amérique Latine

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La Banque Inter-Americaine de Développement vient de publier un ouvrage d’Andrés G. Blanco, Vicente Fretes Cibils et Andrés F. Muñoz sur l’importance des logements en location en Amérique Latine. Le document intègre une description des problèmes du logement dans la région et les bénéfices potentiels du logement en location ; l’état actuel des logements en location dans la zone ; et des recommandations de politique en ce qui concerne l’offre, la demande et le cadre juridique.

Cartes 2014 (17) Evolution des affectations du sol en Europe entre 1990 et 2006

ESPON est le Réseau Européen d’Observation du Développement Territorial et de la Cohésion, institué en 2007 en tant que programme de la Commission Européenne. ESPON vient de publier une carte des « points chauds » de l’évolution des affectations des sols a l’échelle continentale.

La carte se concentre sur le concept d’intensité d’utilisation. Les régions avec des tons clairs ou blancs ont eu peu de changements ; les bleues, une intensification de l’utilisation du sol (urbanisation de pâturages, ou une agriculture plus intensive), tandis que les vertes ont subi des réductions d’intensité d’usage, une extensification (passage d’une agriculture intensive a des prairies ou abandon agricole). D’accord avec les notes de la carte, les séries de données ne sont pas homogènes, et des données manquent pour certains pays, mais en tout cas on voit l’intensification par construction de résidences secondaires touristiques sur la méditerranée Espagnole, et comment se « vide » une partie de l’Europe orientale, par exemple la périphérie tchèque au bénéfice de Prague.

Formes et silhouettes (3) Collines

Image du Mont St Michel sur Wikipedia

mont st michel

Plan OSM du Mont St Michel

Les formes des choses peuvent répondre a plusieurs raisons. Mais normalement les villes européennes du Moyen Age étaient plus ou moins circulaires car ceci facilitait la construction d’une enceinte avec une bonne relation entre surface défendue et longueur de mur. Étant donné qu’il y avait des motifs pour se défendre, la ville normalement prenait des positions hautes par rapport aux entourages, et souvent elle était directement une colline. Le mont St Michel est un exemple assez clair, mais il y a d’autres, comme Betanzos en Espagne, qui avec seulement 30 m de dénivellement entre les points plus haut et plus bas est déjà representatif. En ces cas, le plan de ville exprime des relations entre les masses bâties, mais ce que l’on voit dans l’espace urbain peut être très diffèrent de ce qui est signalé par le plan. Pour commencer, des murs mitoyens apparaissent, mais le sol aussi doit s’adapter

Betanzos, image du site municipal http://www.betanzos.net

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Formes et silhouettes (2) Murs

Rue de Varenne (google street view)

Rue de Varenne (google street view)

La définition des masses perceptibles depuis les espaces urbains peut oublier parfois des éléments qui n’ont pas une Surface utile, comme les clôtures. Une partie des espaces les plus intéressants du centre historique de Paris, tout spécialement la ou il y a des hôtels particuliers, est définie par des murs qui ferment la vision depuis la rue de cours souvent plus grandes. De même a Tolède ou Segovia. Les villes musulmanes s’appuient aussi sur ce principe, même si parfois les clôtures sont plus pauvres en apparence. La transition entre voirie et espace édifié s’enrichi ; ne dessiner que les grands éléments bâtis est fausser le plan.

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Formes et silhouettes (1) Niveaux

On peut s’accorder sur le fait que les diagrammes figure- fond sont une première approche raisonnable a la description d’un espace urbain. Mais ceci mène, a son tour, au besoin de définir le niveau auquel on coupe les volumes. Par exemple, prenons le plan du cadastre de Madrid : la première image correspond aux parcelles privées (ou a l’usage privatif, car certaines sont publiques). Ce qui permet de voir la voirie de toutes sortes.

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Si l’on gomme de la vue tous les espaces qui n’ont pas de constructions visibles (y compris ceux qui n’ont que des sous-sols), la chose change assez. La plupart des cours, parkings et autres éléments disparaissent. C’est la vision habituelle pour ce genre de plans.

Mais on peut aller au-delà, ne prenant que les éléments dépassant un certain niveau. Ici, ceux qui ont plus de 8 étages. Et la ville prend un autre aspect, avec certaines logiques mais aussi des situations peu claires.

Biblio (88) L’espace est la machine

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Cette édition électronique, réalisé en 2007, de l’ouvrage de Bill Hiller «The Space is the Machine » permet de voir les bases de la philosophie de Space Syntax dans leurs analyses de l’espace urbain. Comment les personnes bougent dans l’espace et comment s’articulent les liens entre elles en fonction de l’architecture sont des sujets qui mènent a une recherche de réponses qui s’ébauchent dans l’ouvrage. Même si elle n’est pas vraiment énonce en tant que telle, on arrive en partie a la question du mouvement moderne sur la possibilité d’organiser la ville en plans séparés (j’imagine, avec une methodologie de ce genre, une reponse type… « ça depend… »). Une lecture interesante.

Figure-fond

fondo-figura

L’une des façons habituelles d’exprimer la complexité de la forme urbaine est l’analyse des relations entre figure et fond, et tout spécialement pour le cas des volumes édifiés. Une partie importante de la littérature en urbanisme du point de vue architectural s’appuie sur ce genre d’analyse : y-a-t-il un sens a revenir sur ce genre de vision ? c’est a tenter dans les prochains articles.

Noms

Nomcall

Je ne suis pas très bon pour me rappeler des noms des rues, mais il y a des gens que ne voient la ville que comme ça (et ils ne sont pas pour autant chauffeurs de taxi…). Je ne peux les culpabiliser. Ils peuvent rater la vision d’ensemble (je suis plutôt du genre nord-sud-est- ouest), mais ils ont une vision plus claire des détails (l’odeur d’une boulangerie ou d’une piscine, le sourire d’une personne, n’importe quoi…).