Mois: février 2014

Une image du siecle dernier

Visite a l’Instituto Eduardo Torroja a Madrid

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Des villes devenues moyennes (3) Grandes expositions

marseille 2013

 

La Nouvelle Orleans a organisé en 1984 la Louisiana World Exposition, Seville son Exposition Universelle en 1992, et Marseille a profité sa déclaration en tant que capitale européenne de la culture en 2013 (en parallèle avec Kosice, en Slovaquie) pour promouvoir son programme de régénération urbaine.

Les grands évènements internationaux (que ce soient des expositions, des jeux olympiques ou des capitales culturelles) sont de plus en plus jugés en raison pas seulement de leur cout ou leur bilan financier, mais aussi du point de vue du légat, c’est-à-dire, des investissements réalisées pour un moment ponctuel qui peuvent par après trouver un usage quotidien adapté aux besoins des habitants. C’est le genre de débat dont on aura notre ration vers l’été de cette année 2014 avec la montée en puissance informative de la Coupe du Monde de Brésil. En ce sens, le bilan de ces grands évènements est varié, souvent parce que la dynamique socio-economique de ces villes ne peut absorber certains usages.

L’Exposition de 1984 a la Nouvelle Orléans n’a pas trouvé l’équilibre financier. Son légat comprend la réhabilitation de la zone portuaire et de certains bâtiments.

L’Expo 92 a Séville n’a pas non plus trouvé l’équilibre financier. Une importante surface d’espaces verts a été crée, dont l’entretien par la municipalité a posé des problèmes, et on a construit une gare TGV qui n’a fonctionné que quelques mois. La conversion du site en quartier urbaine et parc a thème n’a eu qu’un succès mitigé. Mais les grands travaux hydrauliques sur le Guadalquivir subsistent.

Le projet de Marseille comprend une importante transformation du bord de mer, avec des projets comme le Musée des Civilisations Européennes et Méditerranéennes ou les interventions de Foster sur le vieux port. Il est encore tôt pour juger les résultats.

Biblio (80) La Ville Moderne a La Havane

Voici un article intéressant de Gabino Ponce Herrero sur l’évolution de l’urbanisme a La Havane pendant la première moitié du XXème siècle. C’est aussi l’histoire de comment le projet d’extension urbaine vers l’est, initialement conçu comme un projet privé liée au nouveau tunnel sous la baie, est devenu sous le régime socialiste a une configuration différente. L’évolution économique du pays a fait de ce qui était destiné a devenir un modèle (et qui en Europe serait aujourd’hui possiblement un quartier banal de HLM) une simple œuvre isolée.

 

Cartes 2014 (8) Risques d’inondation en Espagne

mapas2014-8

http://sig.magrama.es/snczi/visor.html?herramienta=DPHZI

Voici un genre de cartes que nous utilisons souvent quand on fait des plans d’urbanisme. Le risque d’inondation par débordement des fleuves peut être très important dans certaines villes, ce qui n’est pas seulement le cas en Espagne ; si vous êtes a Paris, allez-vous promener du côté du Collège des Quatre Nations (l’Institut de France), et au coin de la rue de Seine avec la rue Mazarine vous verrez jusqu’où est arrivée l’eau en 1910. Le viseur cartographique du Gouvernement espagnol permet aussi bien de connaitre l’information disponible que de mesurer a quel point il y a encore du travail a faire pour avoir une cartographie complète du risque sur le territoire national.

Des villes devenues moyennes (2) Cartes anciennes

Marseille en 1743. La ville reste en grande partie liée au nord du vieux port.

Marseille en 1743. La ville reste en grande partie liée au nord du vieux port.

Marseille en 1836. En moins d'un siecle la ville a largement gagné en dimension.

Marseille en 1836. En moins d’un siecle la ville a largement gagné en dimension.

Le projet de la Nouvelle Orleans en 1718. Bien naif comme projet, la mesure des distances entre le fleuve et le lac Pontchartrain est bien loin de la realité, tout comme l'echelle relative de la ville.

Le projet de la Nouvelle Orleans en 1718. Bien naif comme projet, la mesure des distances entre le fleuve et le lac Pontchartrain est bien loin de la realité, tout comme l’echelle relative de la ville.

Carte de 1744 de Dheulland. La ville a déjà quelque chose de reel: des parcelles et des batiments, et la mesure des choses est mieux prise. Rien a voir avec l'orientation de projet.

Carte de 1744 de Dheulland. La ville a déjà quelque chose de reel: des parcelles et des batiments, et la mesure des choses est mieux prise. Rien a voir avec l’orientation de projet.

Seville en 1590. Une grande ville a l'epoque, avec des nombreux grands batiments.

Seville en 1590. Une grande ville a l’epoque, avec des nombreux grands batiments.

Seville en 1771. La ville a gagné en complexité, mais pas tellement.

Seville en 1771. La ville a gagné en complexité, mais pas tellement.

La Havane en 1743. La ville es largement tournée vers la baie, protegée par des remparts de la cote ouverte.

La Havane en 1743. La ville es largement tournée vers la baie, protegée par des remparts de la cote ouverte.

Rencontres innatendues (6)

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L’une des idées que l’on évoque de temps en temps entre architectes est celle de réussir a faire des façades expressives, qui changent avec le temps et les circonstances. Plus ou moins ce qui arrive si l’on change le point de vue, regardant vers la rue depuis la hauteur, en faisant des briques des façades un pavage au sol. Les arbres changent au gre des saisons, il y a des voitures ou pas… mais certainement ce n’est pas une vue très commune (vous avez besoin d’une fenêtre sur rue…).

Des villes devenues moyennes (1) Un echantillon

Une ville moyenne peut l’être suite a une croissance qui lui permet d’acquérir ce rang, ou au sens inverse, en ayant perdu un certain rang. Je sais que les affirmation de cet ensemble de notes peuvent ne pas plaire, mais c’est une réflexion a très long terme, et l’histoire se construit chaque jour, donc rien n’est inéluctable.

J’ai choisi ici quatre villes qui, comme dans le premier cas, son des ports, mais avec des rôles très différents de celles du premier groupe. Elles sont des hauts lieux de l’aventure coloniale européenne (qui pourrait bien porter un autre nom vue d’autres endroits) : Seville comme port de référence des premiers temps de l’empire colonial espagnol, Marseille comme la porte de France ver ses empires africains et asiatique, la Nouvelle Orléans comme la porte de la Vallée de la Mississipi,   et la Havane comme capitale du dernier joyau de l’empire espagnol. Ce ne sont pas des petites villes, et elles sont même très importantes dans leurs états, au point que pas mal d’experts diraient qu’elles ne sont pas des villes moyennes ; mais elles ne sont plus des métropoles qui marquent le rythme de leurs continents, comme jadis. Elles ont bien gagne en population, mais elles ont perdu en rang par rapport au temps passé.

Mais elles sont des endroits bien intéressants. Comment évolue une ville quand la vague technologique- économique- sociale (ou autre) qui l’a amené au plus haut passe ? l’apogée de ces villes est lié a leur réseau de relations dans un monde colonial, et son évolution est lié au dépassement de ce monde par d’autres avec un plus grand succès. Il y a quelque chose de Detroit ici…

Cartes 2014 (7) Immobilier a San Francisco

Le Climb Real Estate Group est dans l’immobilier a San Francisco et présente les résultats de son moteur de recherche sous 4 modes principaux, dont une carte assez graphique. Ceci n’implique pas que le produit que l’on cherche s’aligne sur ses disponibilités financières, mais au moins semble apporter une vision plus claire de l’information.

Pourquoi l’appelle-t-on urbanisme, quand ils veulent dire immobilier ? Ce qui n’est qu’une nouvelle version de pourquoi l’appelle-t’on amour, quand on veut dire sexe ?

Certes, la Saint Valentin c’était hier, donc la deuxième partie du texte y a quelque chose a voir.

Souvent on peut lire dans les journaux qu’un plan d’urbanisme est présenté pour une zone concrète. Il serait naïf (et même injuste) de penser qu’une activité comme l’urbanisme, touchant a des matières comme le droit de propriété ou le BTP, n’a pas d’implications économiques et peut se limiter aux discours citoyens et langues de bois. Mais il serait tout aussi naïf de penser que l’urbanisme n’est que l’addition de tous ces facteurs, malgré leur poids parfois excessif.

Mon film préferé en 2006 ? « Inside Man : L’Homme de l’intérieur » (« L’informateur » au Québec ), de Spike Lee. Rien n’est ce qui semble : le hold up d’une banque n’est pas vraiment un vol, et la bande de Clive Owen complique énormément la vie d’un Denzel Washington, flic a l’intersection de pas mal d’intérêts. En sortant du cinéma j’ai pensé que c’était le meilleur film que j’ai jamais vu sur l’urbanisme, et je pense que c’est encore en partie ainsi. Ce qui ne veut pas dire que ce soit le sujet du film (pas une seule mention), mais que la confluence des intérêts et intentions pas toujours très claires (ce qui n’est pas équivalent a dire illégales ou illicites, mais simplement insaisissables) que l’on peut observer en faisant un plan sont de cette nature. De fait, l’idée d’appeler plan un document d’urbanisme est plus une convention qu’un bon choix du mot, car le chemin a parcourir est le plus souvent assez éloignée d’une séquence ordonnée de faits qui se produiront dans l’avenir.

Et voilà donc pourquoi, quand j’ouvre le journal certains jours, je pense ce qui est en titre.