Mois: avril 2014

Biblio (87) Forum Urbain Mondial Medellín

Cette année le Forum Urbain Mondial, évènement biannuel, a eu lieu a Medellín (Colombie).
Le concept d’équité se présente comme central dans les débats. Mais les conclussions integrent des contenus plus larges. Et l’on lance les Global Urban Lectures, un ensemble de contenus d’accès libre par internet d’un grand intérêt.

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Cartes 2014 (15) Courants marins

corrientes

La recherche du vol MH370 disparu en route entre la Malaisie et la Chine a fait évident, a cause des “faux positifs” de trouvailles de restes, que l’océan est loin d’être propre. En fait, ce que l’on dessine (depuis la terre) souvent comme un espace vide, est un milieu assez dynamique, ou il y a des « gyres » ou zones ou les pollutions de surface se concentrent. La carte d’aujourd’hui, œuvre de Cameron Beccario, montre les courants maritimes avec une mise a jour chaque cinq jours ; on ne voit pas les fameux gyres (pas au moins comme forme évidente) mais c’est un régal esthétique (tout en étant la translation de données réelles…). La Méditerranée et autres mers intérieurs ne sont pas représentées. Sur le même site on peut voir une carte des vents, aussi un régal. Attention, car plusieurs projections cartographiques peuvent être utilisées, ce qui est intéressant.

Calculs simples (4) Une heure, six mois, bouffe et bagnoles

coches+arboles

J’ai entendu parfois aux filles dire que les viennoiseries sont “une minute dans la bouche et toute la vie sur les hanches”. Avec le CO2 c’est un peu la même chose, mais dans les sens contraire.
Il y a quelques années on a fait une étude pour le Gouvernement Basque sur les mutations climatiques et l’urbanisme dans lequel un calcul rapide nous montrait que dans le contexte climatique actuel du Pays Basque une voiture hybride circulant a 110 km/h émettait une quantité de CO2 équivalente a celle absorbée par un Hêtre commun pendant six mois. Ce calcul rapide était en vérité appuyé sur un large ensemble de documents, y compris des études sur le rythme de croissance des arbres sur les sols basques, tenant compte des essences et autres questions. Sur l’ensemble du Pays Basque (a la fois un territoire assez boisé et assez riche dans le contexte espagnol) les forets avaient une capacité d’absorption de 2,9 tonnes de CO2 par an, tandis que les émissions régionales totales étaient autour de 20 millions.
Les calculs rapides doivent être pris avec caution en ce qui concerne les mutations climatiques. Faisant une synthèse rapide, les arbres absorbent le CO2 pour grandir, et le consacrent a la production de masse de bois, le transférant aussi au sol. Le métabolisme de la plante est important pour le rythme d’absorption, et ainsi une même essence donnera des résultats très différents a Paris, a Madrid ou a Dakar, car climat et sols y sont pour quelque chose…. C’est-à-dire, acheter une bagnole tout content parce que l’on se fait dire que l’on plantera un arbre qui absorbera ses émissions es plutôt faux, sauf si vous ne conduisez que quelques minutes par an, ce qui semble peu probable compte tenu du cout des voitures… donc, nous voilà pas très loin des arguments de la pub pour des biscuits…

Epaves d’un m2?

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En suivant la reflexion de l’article precedent, sur comment des nouvelles formules de livraison de la vente a distance se developpent (helicopteres et autres bidules), nous avons dans nos rues des trucs qui, de ce point de vue, seraient des epaves. Ce point de vue est celui qui implique que l’eficacité economique est tout, et que la rationalité est comprise de la même façon par tout le monde, ou au moins par une partie importante de la population. Nous avons des cabines telephoniques (sauf quelques cas rarisimes, des epaves en toute regle), des boites aux lettres (un peu plus utilisés, et d’ailleurs quand on a besoin on a du mal a se rappeler d’ou etait le dernier que l’on a vu?), kiosques de presse (qui semblent evouler plutot que disparaitre), et l’exemple le plus clair que la rationalité est plutot subjective: les kiosques des loteries. Celui ci correspond a l’Association Nationale des Aveugles d’Espagne (ONCE), qui depuis des decennies organise une loterie tres populaire; il y a certes une composante emotionelle la qui n’existe pas dans d’autres loteries, mais en tout cas c’est une acquisition irrationelle que d’acheter un billet d’une lotterie, compte tenue des chances de gagner… mais les gens y achettent, car c’est d’autant plus facile que l’on trouve des points de vente un peu partout. Certes on peut acheter la loterie par internet, mais je crois que ces m2 eparpilles par les villes sont assez importants…il reste a voir s’il seront plus puissants que le poker en ligne et autres nouveautés ou depenser un argent dur a gagner…

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Calculs simples (3) Les routes d’Amazon: ailes contre genoux

Reprenant comme point de départ l’article précèdent, relatif au texte sur l’avenir de l’emploi de Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, on peut produire certaines idées. La livraison de paquets a domicile était l’une des taches que, jusque a présent, était supposée hors du champ des possibles substitutions par l’informatique, car la quantité d’imprévus qui peuvent se produire laissait croire qu’une personne serait nécessaire (moyennant un salaire pas très haut).
Il y a quelques mois Amazon, le marchand d’internet, a publié des vidéos sur un nouveau système de livraison ultra-rapide, Prime air, organisé avec des drones.

La vidéo montre une scène propre d’un contexte très américain : le drone décolle d’un centre logistique et livre le paquet en se posant sur la pelouse du pavillon du client. Dans un pays comme l’Espagne, ou la plupart des habitants vivent dans des appartements, ceci poserait pas mal de problèmes, et ce serait de même pour d’autres pays ou Amazon opère.
Prenant des drones existants avec un design apparemment similaire a ceux montrés sur la vidéo, comme le Parrot AR Drone, l’idée de livraison en une demi-heure semble limitée : le Parrot a une vitesse de croisière de 18 km/h. Admettons qu’Amazon utilise une vitesse double, 36 km/h, ce qui fait qu’en une demi-heure le rayon d’action soit limité a 18 km (sans prendre compte du temps de préparation de la commande). Ceci implique que si l’idée est sérieuse, soit Amazon multiplie ses centres logistiques (perdant un avantage précieux sur les marchands « conventionnels »), soit elle se limite aux zones les plus proches a ses 55 centres logistiques en Amérique du Nord (données de MWPVL international, avril 2014). Le problème est que ces centres sont sur des emplacements périphériques, donc la population accessible serait limitée. La carte suivante montre la localisation des deux centres logistiques d’Amazon sur le bassin de Los Angeles, San Bernardino (ouvert en 2012) et Moreno Valley (ouverture prévue en 2014), sur une carte des densités de population du recensement de 2010, avec le réseau de voirie et une grille de 18 km. L’idée de livraison dans la journée semble plus réaliste que la livraison en une demi-heure, et la probablement la route est plus compétitive que l’augmentation du nombre de centres logistiques. Au contraire, a Madrid la base d’Amazon est a San Fernando de Henares, a juste un peu plus de 18 km de la Puerta del Sol, le centre de la ville ; sur cette ville, plus dense, un seul centre pourrait desservir une proportion plus haute de la population métropolitaine… mais étant donnée qu’elle habite en grande partie en appartements, les drones auraient un problème.

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La livraison par drone implique un autre inconvénient. Les régulations de l’aviation civile sont strictes en termes de servitudes pour le décollage et atterrissage des aéronefs, spécialement en termes géométriques, et aussi pour le contrôle des interférences électromagnétiques. Il est parfaitement possible que les centres logistiques d’Amazon puissent s’adapter a des conditions géométriques, avec des couloirs de décollage et atterrissage sans obstacles, ce qui de plus pourrait être plus simple en opérant des hélicoptères. En plus les deux centres de Los Angeles sont a coté d’aeroports. Mais comment savoir si l’adresse ou la livraison doit se produire est conforme avec ces règles ? arbres, poteaux, bâtiments, c’est un bon ensemble d’obstacles. Certes, aujourd’hui il y a des bonnes photos aériennes, mais ici le problème est autrement plus complexe : il faudrait avoir des cartographies tridimensionnelles mises a jour avec ces obstacles, et il faudrait savoir a quel point il y a une responsabilité légale du propriétaire d’une maison si en bâtissant une extension autorisée par les plans d’urbanisme il restreint l’accessibilité aérienne de son voisin, par exemple. Est-ce que ceci introduirait une plus grande complexité dans la régulation des volumes bâtis ?.
Penchons-nous a nouveau sur le problème : Que fait aujourd’hui un coursier ? il arrive dans un véhicule qu’il gare (comme il peut), descend, et utilise le trottoir pour arriver a la parcelle. Si le logement est individuel, il arrive a la porte de la clôture (ou a la porte, en son absence). S’il s’agit d’appartements, il entre dans un espace commun ; il peut emprunter un ascenseur ou un escalier, pour arriver a la porte. Difficile a faire avec un hélicoptère. Le plan d’Amazon serait plus proche de Valkyrie, le robot de la NASA ? a priori, ce serait plus faisable, surtout dans des villes denses, mais ça semble aussi plus loin dans le temps. En fait, le plan le plus logique (surtout dans des villes denses et pleines de bouchons…) serait d’avoir un robot qui marche… et qui court par l’autoroute, se faufilant entre les bouchons et se passant du problème du stationnement, tout en pouvant monter cinq étages d’escalier jusque a la porte d’un appartement. La question est de savoir si le cout serait vraiment plus réduit (strictement en termes économiques) que de payer une personne. Ceci ne toucherait pas tellement a la forme urbaine, mais impliquerait une approche différente au stationnement… et les commerces existants.

Biblio (86) L’avenir de l’emploi. Volonté et sensibilité

Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, de l’Oxford Martin School, ont publié en septembre 2013 un article sur l’avenir de l’emploi, se penchant sur la possibilité pour chacune d’un ensemble de 702 professions d’être substitués par un système informatique dans le contexte des Etats- Unis. Leurs conclusions sont que près de 47% des emplois existants dans ce pays sont en risque de disparaitre au profit des machines, et donc on aurait a patienter bien plus encore pour ce retour des emplois perdus a cause de la technologie qui nous est promis par la destruction créatrice de Schumpeter (un concept énonce en 1942, bien loin de notre contexte actuel, et, parait-il, sous un angle termes bien différent de celui qui l’a popularisé). L’air de rien, ceci changerait complètement notre idée de la ville, au moins de la « ville occidentale » tel qu’on la connait.
Si j’étais un luddite, je ne serais pas en train de pianoter sur un clavier pour vous faire lire ce blog ; j’ai donc une tendance plutôt optimiste, qui néanmoins n’est pas appuyé sur des données. Mais ce texte contient quand même des éléments d’intérêt et une réflexion cohérente. Pour commencer, l’article expose une méthodologie pour classifier la susceptibilité des emplois a la numérisation. Cette susceptibilité est d’autant plus grande que les taches a accomplir peuvent être définies et exécutés par des algorithmes ; il est donc plus facile de numériser un emploi consistant a contrôler une machine peu complexe que celui d’un kinésithérapeute, qui doit faire face a pas mal de situations particulières aussi bien physiques que psychologiques.
Mais apparemment, la complexité et efficacité croissante des logiciels impliquent que des taches de plus en plus complexes peuvent leur être confiées. Au-delà de la promesse de voitures a conduite autonome, tout un ensemble de fonctions, comme l’analyse de documents légaux, sont en train de devenir numerisables. Certains atouts que l’on considère propres des personnes, comme la mobilité et la capacité d’adaptation a des conditions inattendues, peuvent se voir substitués par des ensembles de capteurs et moteurs. Certaines industries, comme le bâtiment, peuvent se voir touchées par une plus grande préfabrication, des dérivations de l’impression 3d, ou des questions comme une plus grande importance de la réhabilitation, plus similaire au bricolage (pas du tout une substitution machine- homme en soi mais une situation aidée par la disponibilité d’information sur internet) et donc moins demandant d’emplois.
L’avantage humain, selon les auteurs, serait plutôt la capacité d’interaction avec d’autres personnes : soin, négociation, persuasion, production artistique. C’est-à-dire, expressions de volonté et de sensibilité. Donc, des matières ou la robotisation (que les auteurs voient progresser rapidement) est encore loin d’arriver. Prenons l’exemple de la traduction : j’écris ce blog en trois langues, mais je ne fais pas confiance aux traducteurs automatiques, car ils n’ont pas (au moins encore) la capacité de transmettre des doubles sens avec lesquels je joue parfois ou d’autres éléments subjectifs du langage ; par contre, je fais confiance au correcteur de Word (a vous de dire si a tort ou non…), car l’orthographe, et même parfois la grammaire, sont des taches qui sont plus facilement soumises à des règles. Et quelques imperfections a l’écrit sont un peu comme un accent, pour mes lecteurs qui n’ont jamais entendu ma voix.
L’étude comprend un tableau des chances de numérisation de 702 catégories d’emploi. La profession la plus numerisable (702) est celle des « telemarketers ». Les agents d’assurances occupent la place 698, les horlogers réparateurs la 697, les caissiers en banque la 683… les inspecteurs du bâtiment, la 350. Les architectes occupent la place 82, les architectes paysagistes la 133, les urbanistes la 184, et… les architectes de réseaux numériques la 208 (quoique les analystes informatiques sont en position 32). Les médecins de toute sorte tirent assez bien leur épingle du jeu (psys 17 ou inferieur selon catégorie, docteurs en général 15), tout comme les profs. Il ne faudrait pas confondre une moindre chance de voir son emploi numérisé avec une plus haute rémunération…
Mais a quoi ressemblerait une ville qui aurait perdu ce 47% d’emplois a terme ? certaines activités qui sont au cœur même de concepts comme la centralité urbaine seraient mis a mal, comme des pans entiers du commerce (demandez la FNAC, qui évolue pour pas mal de ces catégories dans un contexte bien numérisé déjà…). Je suis presque certain qu’il y aura toujours des cafés, mais y aurait-il toujours des garçons de café ?

Cartes 2014 (14) Planea

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L’accès a l’information sur les plans d’urbanisme est reconnue comme un droit des citoyens par la plupart des lois nationales, mais jusque a l’arrivée d’internet c’était un principe d’application difficile. Il n’y a pas encore des standards clairs. En ce qui concerne la Région de Madrid, le portail d’information sur le territoire et l’urbanisme permet d’accéder a la cartographie et, par l’onglet « planeamiento » a l’information sur les plans en vigueur dans les différentes municipalités. Même si certaines couches des cartes de synthèse régional sont déjà un peu anciennes si l’on regarde vite (l’analyse des sols planifiés mais non développés date de la moitié de la décennie précédente), en vérité la crise immobilière fait que la plupart des données soient plutôt certaines (au moins en ce qui concerne l’exécution physique des extensions de villes). Les cartes d’évolution de l’occupation des sols sont spécialement intéressantes.

Calculs simples (2) 32 familles

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En 2012 chaque espagnol a dépensé en moyenne 1.585 euros en nourriture et boissons non alcoolisées, d’après l’enquête des dépenses des ménages de l’INE. La dépense moyenne par ménage fut de 4.060 euros. Donc chaque semaine l’achat moyenne en nourriture fut de 78 euros. Ces valeurs sont une moyenne nationale, qui va du centre de Madrid au plus petit hameau rural, et donc qui couvre des grandes differences aussi bien en prix qu’en pouvoir d’achat.
D’apres les données du portail immobilier idealista.com il y a a Madrid une offre d’une certaine magnitude de locaux commerciaux en location autour de 5 €/m2, normalement dans des quartiers périphériques de revenus bas- moyens.
Considérant que le cout de la location soit équivalent a 5% des ventes mensuelles, un local de 100 m2 avec un cout de location de 5 €/m2 devrait vendre 10.000 €/mois ; c’est-à-dire, il devrait avoir une clientèle de 32 familles dépensant la totalité de leur budget alimentaire chaque semaine si l’on veut se positionner dans le domaine alimentaire.
Ces chiffres sont susceptibles de plusieurs variations prenant compte de facteurs comme la localisation, les conditions de la clientèle, la stratégie commerciale ou le format du magasin. Mais ils permettent de comprendre pourquoi le commerce se concentre, et pourquoi il ne serait pas réaliste de trouver une haute concentration de magasins dans une zone pavillonnaire (hormis centre commercial de banlieue). C’est-à-dire, la densité compte beaucoup.

Une vue plus globale: la densité aide

Une vue plus globale: la densité aide