Cartes 2015 (14) La ville de Mexico en 1628

Image de 1628 (mexicomaxico.org)

Pour certaines raisons j’ai trouvé cette semaine cette image de la ville de Mexico en 1628, dessinée par Juan Gómez de Trasmonte, actuellement a l’Archivo General de Indias. Un siècle après la conquête, la ville présente toujours un aspect lacustre, et l’on voit clairement la structure des ilots (au double sens du mot…)

J’ai aussi trouvé cet image d’un mural de Diego Rivera, fait au XXème siècle, qui représente la vue avant la conquête. Ce n’est pas une source historique, mais j’aime bien cette image.

Mural de Diego Rivera, Palais National, Mexico (Wikipedia)

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Ilots (2) Façades

Façade sur la rue d'Alcalá, Madrid

Façade sur la rue d’Alcalá, Madrid

Quand on pensé en termes de façades, on pense aux bâtiments (un a un, prix séparément) ; quand on pense en termes d’ilots, la façade du bâtiment est dans un contexte, qu’il soit plat ou non…

La façade est visible dans le contexte de son plan, mais aussi dans celui de l’angle, et par rapport aux autres dans la même rue, mais dans l’ilot suivant. Et elle est aussi visible par rapport a ce qui se passe dans la rue, que ce soient des voitures, des grues, des chevaux, des bateaux,…

La façade n’est qu’une face de la réalité, car souvent elle ne donne pas tellement d’information sur la profondeur du bâtiment, ou sa relation avec le cœur d’ilot.

El edificio de la Calle de Alcalá, en ortofoto (cuerpo blanco)

Le batiment de la rue d’Alcalá, en othoimage (corps blanc)

Esquina entre Menéndez Pelayo y Menorca, Madrid

Angle des rues Menéndez Pelayo et Menorca, Madrid

Esquina entre Menéndez Pelayo e Ibiza, Madrid. Cambio de ancho de calle, cambio en la relación espacial

Angle des rues Menéndez Pelayo et Ibiza, Madrid. Une rue plus large change la perception

Biblio (125) Analyse morphologique des tissus urbains traditionnels d’apres UNESCO

Biblio 125-2-morfol unesco

Ce texte publié par UNESCO, dont les auteurs sont Alain Borie et François Denieul, date de 1984. La Convention sur le Patrimoine Mondial date de 1972, et les premières inscriptions sur la liste de 1978, donc c’est un texte qui apparait plutôt tôt dans la construction du sujet « patrimoine mondial » dans son volet urbain.

C’est un manuel classique, basé sur la décomposition des tissus urbains en systèmes : parcellaire, voirie, construction, espaces libres… pas mal d’images sur la partie finale.

Cartes 2015 (13) Nolli

La carte de Rome dessinée par Giambattista Nolli en 1748 est l’un des documents que tout urbaniste (ou tout du moins tout architecte- urbaniste) connait et dont il aimerait disposer pour les villes ou il travaille ; c’est l’ancêtre de nombreuses cartes de plans de sauvegarde. Certes, de nos jours il y a des plans de sauvegarde qui incorporent aussi le détail des plans des bâtiments non monumentaux, mais la dette envers cet exemple reste importante… Avec les cinq semaines en ballon de Jules Verne ou les cartes de Turgot a Paris et de Texeira a Madrid, c’est l’une de ces œuvres qui préfigurent des choses comme google maps…

L’université d’Oregon a une page spécifique qui permet de voir le document. L’applicatif permet aussi la comparaison avec des images satellite actuelles. Berkeley permet l’accès a des portions de la carte en jpg.

nolli

Ilots (1)

manz

D’apres le dictionnaire de français Littré, un ilot est, « dans plusieurs villes de France, groupe de maisons circonscrits par des rues ». Des nos jours je crois que l’ont peut s’accorder sur le fait que des ilots existent aussi bien au-delà de la France. Pas de mention a une forme géométrique donnée (les dictionnaires espagnols ou anglais mentionnent souvent quatre cotés) ou autres conditions.

Qu’est ce qui peut bien être intéressant dans un ilot du point de vue architectural et urbain ?

  • Dimension, minimale dans des villes du moyen âge ou a Genès, et énorme a Berlin et autres villes.
  • Le traitement des cours ou espaces intérieurs, quand ils existent
  • La perméabilité entre rue et cour.
  • La relation avec la rue des façades perimetrales: continues ou non, avec des retraits variables par étage…
  • La forme des angles
  • Les différences de hauteur entre bâtiments.

Voici les sujets pour les prochaines semaines.

Biblio (124) Le Plan Général de Reconstruction de Moscou de 1935

Biblio 124- tesis plan moscú

Élisabeth Essaïan a soutenu en 2006 sa thèse de doctorat en Architecture a l’Université de Paris 8, une réflexion sur le Plan de Moscou de 1935. La référence de ce lien est celle d’un numéro spécial des Annales de la Recherche Urbaine de 2012.

Le plan se développe, d’après les conditions du système politique de l’époque, en se passant des affections de la propriété privé du sol ou des bâtiments. Le binôme ilot- artère principal devient l’élément opérationnel du plan. Le plan prévoit une grande expansion de la ville, avec une croissance de la taille moyenne des ilots des 3 hectares de la ville historique a quelques 10 ou 15. C’est une expérience avec des super-ilots liées aux transports en commun, semblable de ce point de vue a d’autres expériences européennes de l’époque.

La thèse comprend aussi une vision du complexe monde politique de l’époque, avec les purges et les persécutions, auxquelles le monde des architectes de Moscou n’a pas échappé.

Cartes 2015 (12) Voir la télé en Italie

grande fratello

Design Density est un laboratoire de recherche du Département de Design du Polytechnique de Milan. A un moment donnée, la revue Link, de Mediaset, leur a proposé pour son numéro 10 un travail spécial de visualisation des données sur comment les italiens consomment la télévision. Depuis la première saison de Big Brother et ses chiffres d’audience par régions (assez liées aux origines des joueurs les plus suivis) a d’autres questions comme les « roses des vents » horaires de l’audience des chaines. Tout ça peut être consulté sur un groupe flickr.

Catalyseurs du changement (11) Eaux

Alange

L’image supérieure correspond a la ville d’Alange, dans la province espagnole de Badajoz. En 1992 les travaux de construction du barrage, un mur de 67 m de hauteur depuis les fondations et de 720 m de long, sont finalisés, et ce qui jusqu’à ce moment était un village sur la vallée de la rivière Matachel devient un espace marqué par l’eau et un nouveau trait de côte. C’est sans doute une intervention bien au-delà du possible pour une petite municipalité, conduite par la Confédération Hydrographique du Guadiana. L’intervention produit un paysage nouveau qui permet d’utiliser les eaux pour l’irrigation (en aval il y a une large plaine agraire) et production d’électricité.

Le barrage est alimenté par un bassin de 2.545 km2 (une surface comparable à celle de l’ile de la Réunion), et son plan d’eau de quelques 35 km2 est marqué par quelques iles qui montrent la géologie de la zone. Le fond du barrage fut nettoyé de toute végétation, donc la logique variation des niveaux des eaux fait que parfois des rivages assez arides deviennent visibles en contraste avec une partie supérieure plus verte.

L’eau a impliqué des changements importants ; un quartier fut déplacé a un nouvel emplacement par la montée des eaux, certains bâtiments doivent leur construction au nouveau paysage, et l’on peut supposer que les indemnisations pour les expropriations des terrains inondés a eu un effet sur l’économie locale. Il y a surement eu un impact par la disparition des terres de culture au fond de la vallée. Sur une zone le nouveau tracé de la route passe entre le bord urbain et l’eau, mais sa configuration est loin d’être soignée. Le plan d’eau est devenu l’élément central d’une zone d’intérêt pour la conservation des oiseaux (ZICO) du réseau Natura 2000 de l’Union Européenne ; les oiseaux sont devenus des usagers du barrage. Mais les habitants sont de moins en moins ; en 1996 il y avait 2.031, et en 2014 ils n’étaient que 1946.

Alange-2

Cartes 2015 (11) Vues du monde pendant la décennie 1940

L’histoire de Richard Edes Harrison est intéressante : un dessinateur qui devient cartographe pas en raison de connaissances en la matière, mais plutôt par sa capacité de synthétiser une information complexe pour les gens courants. A un moment (la deuxième guerre mondiale) ou l’aviation se présentait comme la technologie qui transformait la perception des distances, ses cartes présentaient au public des Etats- Unis des projections et perspectives qui, s’éloignant de la traditionnelle de Mercator, permettaient de mieux comprendre les évènements en cours.

Les articles de Timothy Barney et Kenneth Field sont illustratifs.