Autoroutes urbaines (3)

Le rôle de l’automobile dans le milieu urbain parisien a évolue au long des dernières décennies de façon claire.

En tant que capitale d’un pays avec une puissante industrie automobile et avec des taux d’équipement en  voiture des ménages relativement élevées depuis des décennies, l’agglomération parisienne a vécu une relation complexe avec ses autoroutes. L’idée d’une adaptation du tissu urbain et du réseau de voirie a l’automobile apparait comme une question pertinente pour les théoriciens du début du XXème siècle, comme Augustin Rey ou Eugene Henard (image en bas), et est développée de façon spécialement ambitieuse par Le Corbusier dans ses propositions pour la ville.

Le Plan Voisin de Le Corbusier proposait de detruire une partie importante du tissu historique parisien, et de construire des grandes autoroutes sur la rive droite.

En 1943, encore sous l’occupation, l’inspecteur general et chef des services de topographie et d’urbanisme René Mestais propose pour la premiere fois le boulevard peripherique. Au delà de la question de la mobilité se pose aussi la question de sa pertinence comme une limite symbolique avec une banlieue qui ne devrait pas se confondre avec un Paris mieux aménagé. La proposition intègre déjà l’utilisation des fortifications, qui sera après confirmé. En 1955 le Plan Bernard Lafay propose deux rocades, le boulevard périphérique actuel et une a la hauteur de l’enceinte des Fermiers Généraux. Le Boulevard Périphérique sera finalement une autoroute, construite entre 1960 et 1973, avec 35 km de longueur, dont 9 sur des remblais, 13,5 en tranché ouverte, 6,5 en viaduc et 6 en tranché couverte.

Pendant la présidence de Georges Pompidou sont esquissées des propositions d’extension du réseau d’autoroutes urbaines quadrillant l’intérieur de la ville, mais les voies sur berges restent le seul itinéraire développé en accord avec ces projets.

Certains projets proposent même de considérer la Seine comme une opportunité de ville souterraine…

Pendant les décennies 1980 et 1990 se produit la proposition d’un réseau autoroutier souterrain a péage (LASER et autre projets), soulevant une forte opposition par crainte de son cout et son impact sur l’environnement.

En 2001 le Conseil de Paris vote la proposition pour les travaux de couverture et aménagement avec des espaces verts et équipements de quatre tronçons du Boulevard Périphérique ; dans tous les cas il s’agit de sections jusque a la date en tranchée ouverte, sans proposition de modification du niveau de la chaussée existante (quoique dans certains cas il y a des modifications des bretelles de liaison), le projet se concentrant sur la couverture avec une dalle en béton sans couper le trafic. En tout cas, quand le longueurs couvertes dépassent les 300 m les conditions de sécurité sont conformes aux règles Mont Blanc.

–          Porte de Vanves: 260 metros de nouvelles dalles, qui font un total de 410 m de túnel avec les ponts deja en place

–          Porte de Villiers a Porte de Champerret (2 tronçons sur la decisión de  2001), depassant le km de longueur.

–          Porte des Lilas, avec 660 m couverts en deux tronçons et la prévision a terme d’un total d’un km de tunnel.

Les projets sont intégrés dans un plan d’ensemble qui tient compte des relations avec cette même banlieue avec laquelle René Mestais voulait marquer des différences en 1943, avec le but avéré aujourd’hui d’éviter l’effet de barrière.

La Ville de Paris porte en ce moment la transformation des voies sur berges, un maillon de plus dans le mouvement entamé pendant cette décennie avec des initiatives tels que Paris Plage, qui ont parfois mène a des fermetures temporelles de l’accès des voitures.  Le projet a provoqué un conflit avec l’administration Sarkozy, qui indiquait que les études de trafic du projet semblaient insuffisantes pour justifier le projet. La proposition suppose des actions sur 2,5 km de berges,  et a été présenté comme « une rambla a l’Espagnole » au bord de l’eau, avec des installation amovibles comme des petites serres ou une piste d’athlétisme. Rive droite le projet intègre deux voies de circulation avec des mesures d’apaisement du trafic et des feux rouges, et un itinéraire piéton de 1,5 km. Rive Gauche le parti pris est la fermeture aux voitures de 2,3 km de berges, libérant complètement l’espace entre le Musée d’Orsay et la tour Eiffel. En parallèle est prévu le renfort des transports en commun.

Quelques references :

Etude d’insertion urbaine du Boulevard Peripherique :

http://www.paris.fr/accueil/Portal.lut?page_id=8684&document_type_id=4&document_id=49287&portlet_id=20594

Amenagement des berges de la Seine :

http://www.paris.fr/politiques/berges-de-la-seine/a-la-reconquete-des-berges-de-la-seine/rub_9766_actu_78193_port_24314

http://www.paris.fr/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=82868

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