Tourisme

Combien de touristes avons nous aujourd’hui?

Compter les parasol sur la plage n'est pas une methodologie reconnue...

Compter les parasol sur la plage n’est pas une methodologie reconnue…

Certes, la question a un petit piège : en termes de statistique, en Espagne un touriste est une personne qui se déplace de son domicile habituel a un autre point géographique, est absent de sa résidence habituelle plus de 24 heures, et dort dans un autre point géographique. C’est-à-dire, une excursion d’une journée pour aller manger un gigot et retourner chez soi pour la sieste n’est pas, techniquement, du tourisme (même si parfois certains professionnels l’intègrent)

Mais aller visiter sa grande mère dans son petit bled au fin fond de la Lozère pendant quelques jours pourrait compter comme du tourisme (même si vous ne dépensez pas un rond dans le village).

Je me rappelle de la conférence d’un ancien Conseiller Municipal de Barcelone, aujourd’hui haut cadre d’une entreprise touristique, ou il racontait  comment ils étaient surpris au début de la décennie de 1990 : les rues de Barcelone étaient pleines de touriste japonais, mais les hôtels n’avaient aucun enregistré. Il parait que la Mairie a joue aux détectives en suivant a longueur de journée quelques groupes de touristes japonais, pour découvrir  enfin qu’en réalité ils étaient hébergés dans le sud de la France (ou ils laissaient donc une partie importante de leurs dépenses touristiques) et faisaient la navette le matin et le soir. Depuis, Barcelone a tout fait pour encourager le tourisme asiatique avec nuitée, et aujourd’hui est l’aéroport espagnol le mieux connectée avec l’Asie.

Donc, comme pour d’autres matières, connaitre le chiffre exacte de touristes, et leur profil de dépense, est toujours complexe et il y aura toujours des « fuites » (le monde est plein de grandes mères, ou des amis qui vous prêtent un appartement, …), mais on essaie. Une méthode est de compter, pour une période donnée, le nombre de lits ouverts au public dans les hôtels et autres hébergements, et le multiplier par le taux d’occupation.  Ce qui laisse dehors l’ « offre non régulée » (grande mères et amies, ou location de logement par particuliers), mais est une approximation. La dépense touristique (qui a ses propres problèmes statistiques) est un paramètre plus intéressant parfois.

Samedi apres-midi a Madrid

Le ciel vu depuis l'A3 (autoroute de Valence), en regardant vers le centre

Le ciel vu depuis l’A3 (autoroute de Valence), en regardant vers le centre

Apres quelques jours de pluie, hier on eu droit a un bel apres-midi, et le centre etait plein de monde qui, entre autres, fetait la victoire de l’Athletico de Madrid en Coupe du Roi. Comme d’habitude, il y avait aussi des nombreux touristes, utilisant les mêmes espaces. D’une certaine façon, l’expereience touristique la plus interesante (au moins pour moi…) n’est pas d’aller dans un resort totalement planifiée, mais de voir comment une ville complexe est utilisée par ses citoyens (pour ainsi dire, car dans une grande aire metropolitaine le concept de citoyen est plus flou…) et le paysage urbain ou ils vivent leurs vies.

Calle de Alcalá, un axe historique de la vieille ville

Calle de Alcalá, un axe historique de la vieille ville

Un detail sur la Calle de Alcalá. Clocher ornamental sur un ancien siege bancaire

Un detail sur la Calle de Alcalá. Clocher ornamental sur un ancien siege bancaire

Details sur la calle de Alcalá. Les quadrigues sur un ancien siege bancaire controllent l'angle avec la calle Sevilla

Details sur la calle de Alcalá. Les quadrigues sur un ancien siege bancaire controllent l’angle avec la calle Sevilla

 

Les supporters d'Atleti autour de la plaza Neptuno (ce qui vous change par rapport a l'ambiance plutot bon chic bon genre de l'Hotel Ritz et le Musée Thyssen- Bornemisza)

Les supporters d’Atleti autour de la plaza Neptuno (ce qui vous change par rapport a l’ambiance plutot bon chic bon genre de l’Hotel Ritz et le Musée Thyssen- Bornemisza)

 

 

Espace touristique (4e)

Experimentando exito

 

J’avoue que pendant cette semaine j’ai un peu forcé ce que certains experts pourraient considérer un tourisme d’expériences. Le Ministère d’Industrie, Energie et Tourisme de l’Espagne, en collaboration avec l’Institut Technologique Hôtelier, a publié un document sur la création et groupage d’expériences touristiques a succès récent dans le pays. Cette tendance se présente comme un passage du système de tour-opérateurs et commercialisation de masse vers une expérience locale, spécialement importante pour un tourisme d’intérieur lié au patrimoine culturel, naturel, œnologique et gastronomique.

Il s’agit le plus souvent de petites et moyennes entreprises qui innovent par différentiation, spécialisation, segmentation des marchés, innovation technologique, collaboration entre agents publics et privés, et amélioration de la compétitivité. Les 11 cas sont :

–          Weekend de détectives

–          Velos et lave

–          Beauty & Fashion

–          Mois de la Magie

–          Produits touristiques accessibles pour des handicapés visuels

–          « InLove with Wine » et « Hallowine »

–          Conduire un Formule

–          Buscounviaje.com

–          Communauté Senior Tourism Europa

–          Ili Palmir, a la recherché des dragons

–          Tourisme d’expériences dans le pays du Goierri

Des formes diverses d’utilisation de l’espace se présentent : zones rurales (nombreuses a être touchées par la crise du tourisme intérieur) orientées vers des expériences culturelles, des expériences de consommation urbaine pour des très hauts pouvoirs d’achat, et peut être le moins usuel, l’ouverture touristique vers les handicapés visuels et autres.

Espace touristique (4c)

Vivre est une expérience, donc se maintenir en vie devrait aussi compter comme une. Ce que l’on connait comme tourisme sanitaire est quelque chose de très différent de ce que l’on entend normalement comme tourisme ; la destination apporte au touriste la possibilité d’un soin médical qui dans son pays d’origine n’est pas disponible ou est trop cher. En Espagne il y a eu des cas de certains européens du nord qui venaient pour des opérations dans la sécurité sociale qui n’étaient pas couvertes par celles de leurs pays d’origine, en vertu des accords d’assistance mutuelle en Europe (avec certes des cas de fraude). Il y a d’autres cas de pays (par exemple l’Inde) qui proposent des soins privés a des prix compétitifs, ce qui est aussi en expansion en Espagne. L’hôpital MD Anderson Cancer Center de Houston est un atout touristique pour la ville ? peut être, étant donné sa mention courant pour la matière.

Ce qui est intéressant en ce cas est une immersion inespérée dans les expériences du pays ; de toute façon, il y a aussi des cas de complexes sanitaires spécialisés. Ce genre de tourisme a mobilisé en 2009 prés de 75.000 millions d’euros dans le monde.

Espace touristique (4b)

Une expérience touristique peut être indissociable d’un emplacement ou reproductible n’importe ou, ce dernier ne l’empêchant pas d’avoir une relation avec l’espace ou, plus précisément, la façon de le percevoir ; par exemple, les montagnes ruses.

Il y a un exemple singulier : le zorbing, un  sport qui consiste a dévaler une pente dans une balle en plastique. J’ai peu de doutes sur son caractère spécial, même si c’est un peu hors ce que l’on entend comme tourisme conventionnellement. Il est apparu en 1994 a Rotorua, sur l’ile nord de la Nouvelle Zelande. L’installation originale a une longueur d’un peu plus de 100 mètres, sur une pente naturelle, avec trois pistes, une en ligne droite et deux en courbe. Ça me rappelle un peu des images de science fiction et la décennie de 1970 (il ne manque que de marcher sur les eaux a l’intérieur de la spere). Il y a aussi quelque chose de Sisyphe, le personnage mythologique grec…

C’est interesant de voir le site de l’entreprise qui a inventé le sport, www.zorb.com, qui exploite un système de franchises, et sa derivation chinoise (je ne sais pas s’il y a une connexion entre les deux), haute en couleurs, sur www.zorb.com.cn

Espaces touristiques (4-a) La cité du Samba

Le défilé de 2013 au Sambodromo. Image de Fora do Eixo, http://www.flickr.com/photos/foradoeixo/8462879433/

Le défilé de 2013 au Sambodromo. Image de Fora do Eixo, http://www.flickr.com/photos/foradoeixo/8462879433/

En tant qu’expérience, le Carnaval de Rio de Janeiro parait un bon exemple. Mais ¿qu’est ce qu’il implique en termes urbains ?

Leila María da Silva Blass décrit dans son article « Rompendo as Fronteiras : a cidade do Samba no Río de Janeiro”, publié en 2008 na Revista Brasileira de Ciencias Sociais, un espace ou sont construites les grandes carrosses et autres éléments des Ecoles de Samba. C’est une espèce de zone industrielle pour la production de grands éléments éphémères, mais aussi une espèce de parc à thème (les paquebots de touristes jettent l’ancre a quelques encablures).

Près d’un kilomètre au sud (traversant le chemin de fer et l’Avenida Presidente Vargas) est la Passarela Professor Darcy Ribeiro (nom de l’ethnologue promoteur du projet), mieux connue comme le Sambodrome Marques de Sapucai, construit pendant la décennie de 1980 d’après le projet d’Oscar Niemeyer. Au long de cet espace 550 m de long le défilé par le couloir central (12 mètres entre gradins jusque a la place sud) prend deux heures, pendant deux soirées (jusque a la construction du sambodrome il n’y avait qu’une soirée). En 2012 la capacité a été augmentée de 60.000 a 72.500 personnes. C’est un espace marqué par la publicité, le marketing et la télévision. Il fera partie des espaces des JO de 2016.

cidade samba1

 

C’est encore une fois une question courante: Est-ce que le sambodrome est en fait un aprivoisement d’une tradition dans un espace prefabriqué et mono-fonctionnel, ou alors la culture populaire bresilienne est bien capable de se renforcer avec ceci? je ne pretends pas connaitre la reponse (je n’ai jamais visité Rio), mais il parait un bon moment pour revoir le film « Orfeu Negro » (ne serait-ce que pour retourner retoriquement aux grecs…)

Biblio (41) L’Odysée

Ithaque de nos jours, d'apres une image landsat. Vous pouvez chercher l'ile sur landsatlook.usgs.gov, au nord de Cefallonie, un peu au sud de Corfu (un hyperlien directe serait en contradiction avec l'esprit du livre...)

Ithaque de nos jours, d’apres une image landsat. Vous pouvez chercher l’ile sur landsatlook.usgs.gov, au nord de Cefallonie, un peu au sud de Corfu (un hyperlien directe serait en contradiction avec l’esprit du livre…)

J’ai déjà vu plus de quarante fois comment change l’année, j’ai étudié dans quatre universités de trois pays, je parle et j’ai lu des livres dans plusieurs langues ; mais jusque a présent je n’avais jamais lu l’Odyssée.

L’histoire d’Odyssée, aux mille tours, destructeur de villes, est une lecture surprenante a plusieurs égards. J’avais l’idée, par ce que j’avais entendu et lu de façon indirecte jusqu’ici, que c’était le récit des voyages d’un héros sans fortune auquel les dieux jouaient des tours. Par contre, Odyssée (ou Ulysse, sous son nom latin) est en vérité un personnage rusée, querelleur, pas du tout exemplaire (son comportement le mènerait aujourd’hui devant un tribunal plusieurs fois) et entouré d’une band d’ivrognes bon vivants qui vont d’ile en ile, profitant autant qu’ils peuvent de ceux qui les hébergent et subissant souvent les revers qui en découlent de cette conduite. C’est comme si un personnage de la picaresque du siècle d’or des lettres espagnoles devenait roi et écrivait son histoire. Ou dans des termes plus actuels, le film « Very bad trip » (2009) avec comme personnage central un membre d’une famille royale.

Ce n’est pas du tout une déception, mais plutôt le contraire ; l’histoire, malgré l’archaïsme de la forme narrative, finit par vous attraper, même si vous savez comment elle fini des le début, car l’intérêt est justement dans les choses qui ne sont pas ce qu’elles ont l’air d’être. Parfois une année est decrite par « nous avons joui de son hospitalité, sa nourriture et son vin pendant une année » ; l’important n’est pas le mouvement, mais les expériences, car c’est la que le bât blesse.

Arrivés ici, plus d’un dira que ce blog n’est plus consacrés a ses thèmes courants ; mais non. Tout simplement, a nouveau j’ai envie de parler de tourisme, mais a partir de l’idée d’expérience et de sa translation au paysage, a un batiment, a la ville ou a un objet.

En ce qui concerne l’Odyssée, vous la trouverez sur gutenberg.org.

Montpellier (5)

La zone sur une Carte d'Etat Major d'avant 1866 et sur une image actuelle, toutes les deux obtenues sur www.geoportail.fr

La zone sur une Carte d’Etat Major d’avant 1866 et sur une image actuelle, toutes les deux obtenues sur http://www.geoportail.fr

Le Lez est une riviere qui finit son cours en Mediterranée, a quelques 10 km au sud de Montpellier. La côte de la région est marquée par etangs et barres de sable, un peu comme la côte est des Etats-Unis, et comme celle la elle a aussi un canal de navigation interieur. Il est toujours curieux de voir comment on  tente de gagner la partie a la mer, en ce cas dans ce qui est maintenant Palavas- Les- Flots, une station balneaire. Jusque a quel point ce genre de projet pourra resister le defi du changement climatique est a voir dans le années qui viennent si la science voit juste, car aujourd’hui on a eu confirmation de la continuation de l’augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphere (ce qui touche toutes les cotes, pas seulement celle ci).

Centralité et peripherie a Madrid depuis 2000 (2)

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Densité résidentielle des batiments pre-1979 a Madrid

La centralité urbaine est un de ces concepts complexes, qu’il est plus facile de reconnaitre dans la vie de tous les jours que de décrire avec rigueur et précision ; et ceci complique (sans rendre impossible) d’agir pour encourager ses effets positifs.

Comme certains ont dit, le centre urbain est, simplement, cet endroit ou tout le monde veut y aller pour une ou autre raison : idéalement, pour certains c’est l’endroit ou les jeunes vont pour apprendre, mais aussi pour faire la fête, les plus âgés vont travailler mais aussi s’amuser, et aussi il y a un nombre d’habitants. Pour d’autres c’est un endroit avec plein de rôles, mais peu d’habitants pour leur éviter les désagréments des flux. Et dans la réalité ce n’est pas autant un espace défini géographiquement avec une forme fermée, ou immutable dans le temps, mais une zone qui évolue même pendant le long de la journée, donc les zones plus centrales sont celles qui au fil des heures voient se maintenir le plus cette condition de centralité, toujours marquée par la capacité d’attraction des gens qui viennent de l’extérieur.

Ce serait quoi, le centre de Madrid ? étant donné qu’il s’agit d’une ville avec une certaine histoire (pas si longue, pourtant, d’une certaine façon Madrid est au XVIème siècle européen ce que Brasilia au XXème siècle américain), il y a certaines limites physiques ; le temps et l’inertie des investissements en infrastructure pendant des décennies ont configure un espace, qui coïncide avec le district Centro, ou convergent la plupart des grands transports en commun et les principales voiries d’accès. C’est le centre le plus iconique aujourd’hui, mais jusque a la fin du XIXème siècle c’était la ville toute entière, et cette complexité est encore visible. L’ensanche du XIXème siècle et la croissance industrielle vers l’Arganzuela n’on fait qu’élargir le centre, une opération renforcée par la percée urbaine de la Gran Vía.

La consolidation de l’ensanche au long d’un siècle et ses meilleures conditions socioéconomiques par rapport aux faubourgs de Tetuan ou Puente de Vallecas, presque contemporains dans leur développement, configurent progressivement une centralité autour de cet espace, d’une façon plus claire autour de son bord occidental. Et l’expansion vers le nord configure un axe autour du Paseo de la Castellana ou au milieu de la décennie de 2000 il y avait déjà 3 emplois pour chaque résident.

Quand nous avons rédige le Proyecto Madrid Centro (PMC), la Ville de Madrid a considéré que  l’emprise d’étude et d’intervention sur ce centre correspondait essentiellement avec l’interieur de la rocade M-30, ce qui serait comme dire que l’ile de Mannhattan toute entiere est le centre de New York, Paris 75 le centre de Paris, et la Ciudad Autonoma le centre de Buenos Aires. L’analyse réalisée montre que ceci n’est qu’une simplification ; sur ces échelles et avec la fluidité des moyens de transport, cette centralité est nuancée par des relations métropolitaines complexes. La centralité réelle, en tant que combinaison de ces fonctions pour attirer des populations extérieures avec plus d’intensité, est la superposition de l’axe Castellana, le District Centro et le Barrio de Salamanca, mais il y a aussi d’autres centralités plus locales ; leur avenir est plus menacé dans leur capacité d’attraction par la crise économique, qui semble renforcer l’attraction de ces aires plus centrales, appuyées par les flux du tourisme, face aux axes de quartier, soumis a une plus grande crise commerciale.