risque

Des Prix (4) Prix National d’Urbanisme du Chili

borde costero chile

En 1971 le Ministère du Logement et de l’Urbanisme du Chili a établi le Prix National d’Urbanisme ; en 1996 le Colegio de Arquitectos (Ordre des Architectes) intègre l’organisation du prix. Le prix doit récompenser des architectes et autres professionnels ayant fait preuve de son excellence, créativité et contribution importante a la qualité de vie dans les villes du pays.

Jusque a présent il n’y a pas eu une échéance régulière, ayant été décerné six fois depuis 1971. Le lauréat de la dernière édition (2014) est Sergio Baereswyl Rada, architecte qui a travaille spécialement dans la région du Bio Bio. Fonctionnaire de la municipalité de Concepción (224.000 habitants), il a rédigé son Plan Régulateur, qui a impliqué une procédure de participation publique novatrice dans la ville et une organisation en corridors urbains, avec protection du paysage et des systèmes naturels. Il a travaillé récemment dans la reconstruction de la bande côtière de Bio Bio après le tremblement de terre et le raz de marée de 2010.

Au-delà du prix a la personne, que je suppose bien mérite, je m’intéresse aux plans. Je n’ai jamais visité le Chili, donc les observations qui suivent résultent de l’analyse de sources secondaires. Dans le cas du Plan Régulateur de Concepcion, d’après le règlement disponible sur le site web de la municipalité (avec des modifications jusque septembre 2009), sont établis des périmètres de zones sensibles aux risques naturels et anthropiques ; sur ces aires on exige aux projets une étude de risques, mais il n’y a pas d’interdiction formelle de construire. Ceci peut sembler étrange, mais ce n’est pas si rare, car parfois les endroits surs ne sont pas si accessibles ; on peut penser aux risques posés par les anciennes carrières a Paris, ou la localisation inondable d’une grande partie des villes anglaises. Malgré tout, en Europe on évolue vers l’interdiction des expansions urbaines sur des terrains a risque, au moins ou c’est possible, car les Pays Bas sont un exemple de cas spécial.

Les plans pour les villages côtiers, préparés après le tsunami, comprennent des périmètres d’interdiction d’usage de logement et d’équipements. Ce qui semble une bonne mesure.

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Cartes 2014 (11) Risques hollandais

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Tout comme moi-même, il y a des fortes chances que la plupart de mes lecteurs ne lisent pas le néerlandais. Pourtant, ce n’est pas essentiel pour consulter http://nederland.risicokaart.nl/risicokaart.html, une carte en ligne de l’association des provinces néerlandaises qui montre les risques naturels et technologiques répertoriés dans le pays. Je ne sais pas a quel point cette carte est exacte, mais il semble plutôt une bonne idée de mener la transparence envers le citoyen a ces niveaux ; certes le cas hollandais est spécial, car tout le monde a en tête ce qu’implique vivre sous le niveau de la mer, mais ils sont allés bien au-delà. Implanter un système de ce genre peut aider les citoyens qui cherchent un logement ; au sens contraire, ça joue certainement sur les valeurs foncières, donc ce n’est pas tout le monde qui sera content.

Les cartes de criminalité de certaines villes américaines vont en ce sens ; pourtant, l’image que les habitants ont de leur ville apporte déjà une vision de ce phénomène, même si parfois la perception n’a rien a voir avec la réalité. En ce qui concerne les risques, la question est plus complexe, car il peut ne pas avoir une conscience ou mémoire d’un risque a long intervalle temporel, ou qui ne s’est jamais matérialisé.

Cartes (1) L’orage Sandy

Je vous conseille de voir l'original sur http://project.wnyc.org/si-elevation/embed.html?layer=0#14.00/40.5753/-74.0892 et de lire l'histoire

Je vous conseille de voir l’original sur http://project.wnyc.org/si-elevation/embed.html?layer=0#14.00/40.5753/-74.0892 et de lire l’histoire

Un bon exemple d’une carte élégante, simple et qui montre une réalité dont on se serait passé : morts a cause de l’orage Sandy dans les zones qui sont sous le niveau de la mer a Staten Island, ville de New York. Une simple carte, avec les courbes de niveau et les points (je vous conseille d’accéder au lien) ou sont mortes les personnes, avec leurs noms

Eau (3) Le Plan Delta

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En 1953 les Pays Bas ont souffert des inondations catastrophiques. En tant que pays dans les bouches du Rhin, avec une partie substantielle de son territoire sous le niveau de la mer, le risque d’inondation est toujours haut; mais ce jour une grande tempête sur la Mer du Nord, qui a aussi touché l’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne, a augmenté le niveau de la mer de plus de 4 mètres par rapport a son état habituel. Pour aggraver la question, la plupart des habitants dormaient dans leurs lits, et il eut plus de 1.800 morts.

Un plan de protection côtière fut implémenté, créant l’un des paysages contemporains les plus abstraits et impressionnants, avec un nombre comme but: 4.000 ans, la période de récurrence statistique d’un orage a même de produire des dégâts comparables a ceux de 1953 une fois les barrières en place (pour comparaison, en Espagne un terrain est considéré inondable si il peut être sous les eaux au moins une fois tous les 500 ans). Le grand cout des travaux et leur entretien est compensé, au moins partiellement, par la constitution d’un savoir faire spécifiquement néerlandais qui est exporté. J’ai visité les Pays Bas, mais je ne suis jamais allé sur la barrière; l’image supérieure (prise sur http://holland.com) montre un paysage entièrement abstrait et artificiel, ou chaque élément a sa raison d’être.

Les calculs originaux pour le Plan Delta se sont vus modifiés par les prévisions de changement climatique et les connaissances tirées de la catastrophe du Katrina a la Nouvelle Orléans en 2005. Les Pays Bas repensent leurs politiques de protection contre les inondations, ce qui veut dire qu’ils sont forcés de repenser la moitie du pays.