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Cartes 2014 (9) Energies renouvelables au Royaume Uni

La carte de UK renewables

La carte de UK renewables

Les systèmes de production d’énergies renouvelables implantés en Europe pendant les dernières années impliquent que, souvent, des zones qui pendant le XXème siècle n’étaient que des consommateurs d’énergie, sont devenues productrices. Donc, bonjour le revenu, mais aussi les externalités négatives de tout genre.

Comme un élément de plus dans une tendance de plus en plus présente un peu partout, le Royaume Uni, jusqu’ici l’un des pays qui avait le plus sérieusement pris en main la question climatique et les politiques de mitigation, montre des signes de revirement. Et les raisons économiques y en sont pour quelque chose, ce qui au moins mérite une reflexion, car en démocratie un gouvernement est elu pour prendre des décisions entre des options opposées. Une étude récente (novembre 2013) de Stephen Gibbons, de la London School of Economics, rend compte de l’impact des éoliennes sur la valeur immobilière des maisons proches, avec des réductions du 11% en moyenne. En juin 2013 il y a eu des nouvelles sur l’étude par le gouvernement britannique d’un système d’indemnisation pour l’entourage des installations éoliennes.

La carte de renewables-map.co.uk rend compte de la profusion des installations renouvelables du pays, chacune avec un impact potentiel ; et la carte du Highland Council montre a quel point le nord de l’Ecosse compte des projets. D’un autre côté, l’opposition aux projets d’éoliennes s’organise au niveau européen avec des initiatives comme l’EPAW ; sa capacité réelle de proposer des alternatives dépend de leur habilité pour fédérer des membres dont les intérêts peuvent être contradictoires : ceux qui veulent défendre la valeur immobilière de leurs terrains, parfois pour construire davantage, peuvent ne pas être d’accord avec ceux qui veulent protéger l’environnement et le paysage.

La carte du Highland Council

La carte du Highland Council

Ce qui peut mener, dans un contexte comme celui de l’Europe, avec des populations vieillissantes et des zones rurales en dépopulation, a une division du territoire en « zones franches » ou tout serait possible, et des « zones protégés » de ces impacts, avec un sens complètement diffèrent de ce que l’on entend normalement comme zone protégée, susceptible sous cette nouvelle division d’intégrer les zones franches. Apres tout, la Convention Européenne sur le Paysage établit que celui-ci existe par la présence d’un observateur…

Mais il peu aussi y avoir une question culturelle. D’après une étude de 2009 du Massachusetts Clean Energy Center, l’analyse de projets éoliens aux Etats- Unis montrait que l’impact sur les valeurs immobilières était presque nul. Ce qui n’implique pas pour autant l’amour des américains pour leurs éoliennes, mais qu’elles occupent une place différente dans leur échelle de valeurs (et aussi une méthodologie différente des études).

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Ports Lointains (9) Le Plan Regulateur Intercommunal de Puerto Montt- Puerto Varas

Le plan en état de preparation

Le plan en état de preparation

Le plan (entamé en 2009, en évaluation environnementale en 2013) concerne un espace de 860 km2 qui touche partiellement a cinq communes. Le périmètre inclut deux bords littoraux (berges du sud du lac Llanquihue et entourage marin de Puerto Montt), et le couloir routier principal nord-sud du Chili, la route Panamericaine, a son passage par la zone. Les images aériennes montrent un paysage d’interet ou cette route de plaine semble attirer des usages divers.

Le but est d’encadrer la croissance, évitant le mitage urbain autour du lac, préservant les sols agricoles et forestiers, et assurant un urbanisme respectueux des valeurs environnementales de la région tout en assurant les services aux citoyens et sa protection face aux risques naturels. Mais la carte montre ce qui semble une importante prévision d’extension urbaine autour du lac, avec quelques précautions concernant les risques. A voir sur le plan final… En tout cas, le port reste un atout economique majeur, mais la veritable transformation du territoire (peu de surprise la…) vient de la bagnole.

Ports lointains (3) Bidules

Ceux qui n’ont jamais vécu dans une ville portuaire souvent ne connaissent pas a quel point leur paysage est variable. Un bateau d’une certaine taille peut être plus long et plus haut que pas mal de bâtiments, et son profil peut changer avec l’arrivée de grandes masses de couleurs bien différentes a celles des édifices. Mais ce jeu n’est pas réservé aux bateaux.

Les ports sont, tout comme les cimetières, des zones ou l’architecture se décline dans un autre univers. Si dans les premiers l’esthétique peut parfois aller au-delà du permissible dans la ville des vivants, dans les ports l’idée de l’utilitaire prend le devant de façon directe, que ce soit pour ce qui est édifié ou pour le reste. Il y a des formidables exemples de halles portuaires qui apportent une belle architecture, mais la plupart sont plutôt réduites en ce sens a la portion congrue, et ça au mieux, avec une série de reformes et pièces ajoutées avec une chance variable. Quand on passe des éléments édifiés aux bidules mobiles, tout spécialement dans les ports de fret, un monde de véhicules, ponts et grues peut bien surprendre.

Nouvelle grue (gauche) et les precedentes, encore actives

Nouvelle grue (gauche) et les precedentes, encore actives

Il y a quelques jours, en passant a côté du port de La Corogne, j’ai vu une des nouvelles grues en mouvement. Il y a seulement quelques décennies les grues avec cabines en bois ont été substituées par des nouvelles grues en acier d’une taille plus grande, dont le déplacement était assuré, comme pour les précédentes, sur des rails de train. Et il y a peu près une décennie des nouvelles grues un peu plus grandes, se déplaçant sur pneus, sont arrivées. L’aspect des bidules quand ils changent de quai, se déplaçant très lentement, n’est pas sans rappeler, pour ceux qui auront vu le film « Moi, moche et méchant », la bagnole de Gru : hauts, avec un aspect permanent d’instabilité, et de jouet, au fond… malgré son poids énorme.

Le dôme protege certains produits en vrac du vent

Le dôme protege certains produits en vrac du vent

D’un autre coté, les installations pour la charge des vrac solides, dont la dispersion atmosphérique peut entrainer des crises d’allergie, ont une présence urbaine indéniable.

Aerial Lift Bridge, a Duluth

Aerial Lift Bridge, a Duluth

Quand les ports apparaissent sur des zones de circulation le besoin de ponts se pose, et avec lui celui d’arriver a des solutions complexes. A Duluth il y a un pont levis, connu localement comme Aerial Lift Bridge, qui est l’une des images caractéristiques de la ville. Il fut construit pour maintenir l’accès a la presqu’ile de Minnesota Point après l’ouverture d’un canal de navigation. Les premières années il fut un pont transbordeur (comme celui qui a existé un temps a Marseille), pour être plus tard transformé en un pont pour voitures avec une plateforme qui se déplace verticalement pour s’adapter au tirant d’air des bateaux. En plus, comme dans la plupart des ports de cette zone des grands lacs, ou le minerai de fer est l’une des charges les plus courantes, les dispositifs qui permettent le transport de ces charges des trains aux bateaux sont impressionnants (ce qui est bien visibles sur cette video d’un port de Michigan http://www.youtube.com/watch?v=rzWwTOt39Es&list=PL7eOOJxsVrlgY0de0Osk7DTF8l2r9ksOb&feature=share&index=3). Il y a des installations similaires (pour la plupart elles ne sont plus en service) en Espagne, comme a Huelva ou Almería.

Brest a aussi un pont levis, celui de Recouvrance, avec une structure plus contemporaine. C’est le premier centre français de réparation navale, et donc il est courant de voir une importante activité avec des grands bateaux ; étant un port avec une importante fonction militaire, il y a d’autres « jouets », mais pas toujours visibles.

Image du port de Puerto Montt (empormontt.cl)

A Puerto Montt le port a une présence un peu moindre de ce genre de bidules ; il faut se contenter de voir au fond les volcans des Andes (ce qui n’a pas tellement de parallèle sur les autres trois   ports…)

Ports lointains (2) Paysage et climat

Le paysage de ces quatre villes est marqué par sa cote découpée, le relief, la géologie et la végétation.

Brest se place sur une falaise de quelques 40 m de hauteur qui domine la rade du même nom, ayant comme limite de sa zone centrale l’estuaire de la Penfeld, germe du port. Il n’y a que quelques zones dans les pourtours ou la hauteur dépasse les 60 mètres ; la cote est marquée par des falaises, mais pas par des grandes montagnes ou collines. Les cours d’eau marquent le territoire par leurs vallées.

Duluth est au point de contact des collines de la rive nord du Lac Superieur et des plaines qui s’étendent au sud et le long de l’estuaire de la rivière Saint Louis. Le site de la ville est sur un terrain compliqué, avec une pente raide et une genèse volcanique, ce qui n’aide pas les chantiers d’excavation, et a compliqué la construction de la voirie et les bâtiments. Le relief (quelques 200 m de dénivellement entre le rivage du lac et les points les plus hauts, a peine a 2 km vers l’intérieur) a contribué a une scène visuelle intéressante, qui attirait des touristes déjà vers 1880. Les ravins qui vont vers le lac ont formé les limites naturelles entre les quartiers de la ville. Le port est derrière la barre de l’estuaire de la rivière Saint Louis, et la ville a colonisé les rivages du lac et l’estuaire, tout comme l’intérieur.

La Corogne est sur l’extrémité occidentale du Golfe Artabre, l’ensemble de rias qui arrive jusque a Ferrol au Nord. C’est une succession de collines pas très hautes, sauf sur les transitions vers la mer ouverte, comme sur le Monte de San Pedro. La ville est apparue au début sur l’extrémité orientale d’une presqu’ile relié a la terre ferme par un cordon de sable plutôt étroit, et pendant le XXème siècle elle a débordé les zones de plaine pour monter sur les collines au sud et avancer sur le nord de la presqu’ile. Il y a une anse de chaque côté de la presqu’ile, avec le port sur l’orientale.

Sur Puerto Montt, les zones orientales de la commune dépassent les 1.000 m de hauteur, mais la ville est a des niveaux plus bas. Le port est sur une pente plutôt douce vers la cote, interrompue par un talus important qui arrive aux 100 m de hauteur. Ceci permet des belles vues sur le Seno de Roncagua, la grande baie qui prolonge vers le sud la vallée centrale chilienne et sépare la base des Andes de l’ile de Chiloé. Le port occupe le canal entre le continent et l’ile Tenglo.

Le climat de ces quatre villes est, pendant leurs étés (Puerto Mont est sur l’hémisphère sud), assez similaire ; il est difficile d’aller au delà des 25º C, et la pluviosité est plutôt haute. Seulement Duluth voit couramment la neige et les températures en dessus de zéro pendant plusieurs semaines, et donc s’est équipé avec des passerelles piétonnes conditionnées.

Ports lointains (1) Un echantillon

La Corogne, Brest, Puerto Montt et Duluth: quatre villes moyennes (agglomérations entre 200.000 et 400.000 habitats) qui sont normalement caractérisées comme des ports, et qui sont plutôt éloignées des zones centrales de leurs pays. Janvier sera sur ce blog le mois des ports lointains, dans la série des villes moyennes.

La Corogne est un port important et le centre d’une aire métropolitaine qui structure l’axe atlantique galicien. Brest est la ville la plus peuplée de l’Ouest breton et un port stratégique qui a payé les conséquences de cette condition. Puerto Montt est la porte vers la Patagonie chilienne, et Duluth est la fin des grands lacs d’Amérique du Nord et le point le plus froid des quatre ; dans ce dernier cas, une position relativement centrale en termes géométriques permet tout simplement de rappeler que la géographie est quelque chose de bien plus complexe.

Sans doutes des paysages et conditions diverses, mais avec des similitudes : cotes découpées, rocheuses et avec des collines et montagnes proches.

Bonne année 2014

La Corogne, Espagne

La Corogne, Espagne

Une nouvelle année. 365 jours pour penser et parler. En Espagne il y a qui trouve des signes d’amélioration macroéconomique, et il y a ceux qui pensent que la situation de la population ne s’améliore pas (deux choses qui peuvent être vraies en même temps) ; qui dit que l’environnement s’améliore car la végétation occupe ce qui allaient être des bâtiments, et qui dit qu’il devient de plus en plus fragile. Il peut y avoir des endroits où les choses vont mieux, ou bien pire, sans sortir de la planète. Et tandis que l’on réfléchit a ça, d’autres choses se passent dans le monde, qui ne sont pas moins intéressantes quoique peut être elles sont moins tragiques. On continue la visite, en regardant des sujets comme les villes moyennes, parfois plus intéressantes que les mégalopoles. Merci de la compagnie.

Sous le tapis (6) Grands ports

Le port de Rotterdam est bien connu comme l’un des plus grands du monde. Il avance vers la mer du nord, avec des transformations successives de ses digues et d’une ligne de cote en sable (voir http://www.portofrotterdam.com/en/Brochures/Rotterdam-World-Class-Port.pdf).

Moins connu est le nouveau port en eaux profondes de Shanghai (Yangshan deepwater port area), sur l’ile de Xiaoyang (au sud de la ville). Relié au continent par un système de ponts qui arrivent a un emplacement a plus de 15 km du trait de côte, il compte avec un quai de plus de 4 km pour grands porte- conteneurs.

Encore des images de landsatlook.usgs.gov

Sous le tapis (4) Huang He

Le Fleuve Jaune, au nord de la Chine, a un delta assez actif. Ces images ont été obtenues sur http://landsatlook.usgs.gov/ , une aubaine si vous aimez les images spatiales ; on peut comparer des images depuis 1999, et elles sont mises a jour fréquemment, quoiqu’elles sont en basse résolution (pixel de 30 m). Google earth à une plus haute resolution sur certaines zones, et est plus souple pour la consultation, mais ceci est une machine du temps très précise.

Les satellites sont normalement configurés pour revenir sur une même position a des intervalles réguliers, a une même heure locale solaire. Mais la même heure solaire n’implique pas la même hauteur de marée, donc je ne suis pas sur que les niveaux de la mer sur ces deux images soient comparables ; en plus, il y a fort a parier que le satellite de 1999 n’est plus en service en 2013. En tout cas, il y a des evolutions substantielles sur ce « tapis  en reflux ». Des etangs artificiels fleurisent (marais salants ?), sur certaines zones la mer progresse et sur d’autres elle recule (plutôt ça)

Sous le tapis (3) Gibraltar

gibraltarbajogibraltarLe rocher de Gibraltar se dresse a 411 m (a peine 6 m moins que le World Trade Center de New York avant 2001) sur le niveau de la mer. Mais a peine deux kilometres au sud il y a le double de profondeur. Qui sait ce qu’il y a sous l’eau? surement pas mal de bateaux, des tas de senseurs sous-marins, et qui sait quoi encore. La profondeur est enorme en comparaison avec d’autres détroits: la Manche ne fait que 174 m de profondeur au maximum, donc ce n’est pas par hasard que toutes les histoires sur une connexion rail/route entre l’Espagne et le Maroc n’ont pas produit de résultat physique.