Paris

Paris (18) Place de la République

La place, d’après une image du site de TVK

J’avais lu que la Place de la République avait été soumise a une reforme ; j’ai passe en Taxi et je n’ai rien remarque, sauf une surface minérale qui avait l’air neuf. La raison de ma première impression : je n’y était jamais passé auparavant. Une place qui était en fait un rond point géant a concentré son trafic sur la partie sud-ouest, donnant continuité aux trafics piétons vers le nord-est. Et ça change pas mal de choses…

La place fait 280×120 m, l’une des plus grandes de Paris. En 2008 le projet est lancé, et le concours d’architecture est gagné par Trevelo & Viger-Kohler (TVK). Les voitures sont déplacées, et la place devient une seule plateforme qui inclue aussi un premier tronçon de la rue du Faubourg du Temple. La statue de la République a été intégrée sur la plate-forme piétonne, pavée avec des grandes dalles minérales. Il y a eu certaines plaintes en raison de la suppression de certains éléments de mobilier urbain du XIXème siècle, mais dans l’ensemble la place semble bien marcher en tant qu’espace public (un peu de pelouse aurait peut-être été bien…).

Le projet, dont la construction a finalisé en 2013, peut être consulte sur http://www.placedelarepublique.paris.fr/

Paris (16) Berges de la Seine

Au Musée d'Orsay

Au Musée d’Orsay

La Ville de Paris a décidé de fermer au trafic une partie des quais sur la Seine qui avaient été affectés a cet usage pendant la seconde moitie du XXème siècle. Ceci d’inscrit dans une démarche de limitation de l’utilisation de l’automobile provoquée par des normes européennes sur la qualité de l’air et une lutte contre la congestion automobile qui fut partagée par les deux principales options pendant les récentes élections municipales. La solution de Paris a été diamétralement opposée a celle de  Madrid pour un problème en apparence similaire.

Madrid a fait le choix d’enfouir l’autoroute sur place, avec un aménagement de nouveau projet des espace publics, sur une emprise bien plus large qu’a Paris. Paris n’a pas substitué la capacité automobile retirée, et le bitume reste sur place ; c’est une plateforme ou des usages divers peuvent se produire, comme un plateau de télévision ou presque. Le cout est moindre, et l’usage plus flexible. Le doute peut se poser sur si c’est une option plus ou moins ambitieuse, mais c’est certainement plus durable.

Un projet comme celui de Madrid aurait été bien plus complexe, entre autres raisons a cause de la coupe transversale, qui a Paris maintien les murs de quai traditionnels (importants en cas de crue, un problème réglé a Madrid par un barrage en amont), et dans la partie haute la circulation conventionnelle sur les quais se maintient.

Il y a aussi une dimension historique, sur comment les « greffes » urbaines finissent par influer sur leur entourage. Que ce soit a Paris ou a Madrid, ces autoroutes fluviales sont apparues quand la ville est déjà sur les deux rives ; mais a Paris le centre historique entoure la coulée, tandis qu’a Madrid les berges de la Manzanares sont des tissus récents d’une qualité minimale, donc l’autoroute s’implante de façon bien plus sauvage. A Madrid l’autoroute était la rue sur laquelle ouvraient les halls d’accès aux logements, et le fait de la cacher a comporte une forte réduction des nuisances sonores ; a Paris les voitures roulent toujours sur les quais hauts.

C’est un choix entre modèles fermés (et chers), mais ayant une volonté affiché de transformation (et en même temps un compromis, ne touchant pas a l’électorat pro-bagnole…), et des modèles plus flexibles face a un ensemble de problèmes autrement plus complexe, que ce soit par la présence de patrimoine historique ou en raison du risque de crue, avec une approche plus graduelle.

En tout cas, conserver le bitume (tel que sur les quais sans voitures de Paris)  ne parait pas une mauvaise solution. Surement sous les pavés est la plage, mais sur le tarmac il y a aussi des chances de faire bouger des choses.

Terrain de Jeu

Terrain de Jeu

Entre Concorde et Alexandre III

Entre Concorde et Alexandre III

Paris (15) Visites 2014

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Pendant des années j’ai visité Paris avec une certaine fréquence. Mais depuis 2010 je n’étais pas revenu, sauf pour une visite éclair, sans temps de rien voir, sauf un aéroport et un bureau. Une nouvelle visite ce mois m’a donné un peu de temps pour des escapades architecturales et urbaines. La France dans son  ensemble, et Paris en particulier, m’ont toujours intéressé, et en ce moment au moins en partie par contraste avec l’ambiance extrêmement morose de l’Espagne.

Le Panthéon est en travaux, et depuis certaines zones il parait la partie supérieure d’une fusée Ariane sur la rampe de décollage. Il y a toujours des hordes de touristes partout, et certaines choses changent : des signes semblent montrer que, malgré le discours officiel, la bataille pour la densité urbaine est perdue, mais d’un autre coté il y a des projets qui semblent vouloir reprendre cette lutte.

Le 25 mai les élections européennes  auront lieu ; j’ai vu sur la télé française deux débats sur ces élections focalisés sur l’équilibre de pouvoir et d’idées entre les partis européens, et pas entre les états, une situation rare et bienvenue de nos jours, surtout avec le niveau rase-motte du débat en Espagne. Est-ce-que ça veut dire que la France a une vision plus claire ? il faudra attendre les résultats.

En tout cas, parmi les choses intéressantes que j’ai vu la mobilité joue une place importante, ce qui est intéressant de par son rôle en termes de développement durable. Certaines solutions semblent en surface celles de Madrid, mais les options sont généralement plus simples, moins chères, et qui sait si plus efficaces… ça, c’est a voir avec le temps.

Formes et silhouettes (2) Murs

Rue de Varenne (google street view)

Rue de Varenne (google street view)

La définition des masses perceptibles depuis les espaces urbains peut oublier parfois des éléments qui n’ont pas une Surface utile, comme les clôtures. Une partie des espaces les plus intéressants du centre historique de Paris, tout spécialement la ou il y a des hôtels particuliers, est définie par des murs qui ferment la vision depuis la rue de cours souvent plus grandes. De même a Tolède ou Segovia. Les villes musulmanes s’appuient aussi sur ce principe, même si parfois les clôtures sont plus pauvres en apparence. La transition entre voirie et espace édifié s’enrichi ; ne dessiner que les grands éléments bâtis est fausser le plan.

varenne-avec

varenne-sans

Cartes 2014 (10) Des cartographies des prix immobiliers en France et en Amérique

Il y a trois façons principales d’obtenir des données sur les prix immobiliers : faire des expertises en fonction de critères standards (normalement la comparaison y joue), utiliser les prix des annonces de vente ou compter avec des prix de transaction enregistrés par les notaires. La troisième voie est, si il n’y a pas d’évasion fiscale, la plus précise, mais elle n’est pas toujours disponible, ou elle ne l’est pas avec un découpage géographique utilisable ; par exemple, en Espagne le Conseil General des Notaires (www.notariado.org) ne publie que les données par province.  L’échelle géographique est importante, car la valeur immobilière dépend énormément de la localisation, et l’agrégation géographique de quartiers a  haut prix avec des banlieues a bas prix rend des moyennes peu claires.

En France les notaires (www.immobilier.notaires.fr) publient des données avec un niveau de découpage assez fin, par  IRIS (Ilots Regroupés pour l’Information Statistique). Ceci permet une connaissance importante de l’activité récente. Mais une grande partie du territoire a si peu de transactions que les données ne sont pas représentatives (ou carrément n’existent pas). Ceci n’empêche pas une demande de références, qui sont estimés par des paramètres synthétiques multifactoriels, y compris les prix des annonces et les observations des agents immobiliers (www.meilleursagents.com).

Aux Etats-Unis la coexistence d’une réalité nationale a l’échelle continentale avec 50 systèmes légaux propres a chaque état fait que des portails existent sur internet avec une vision nationale comme www.trulia.com , faisant des estimations pour une partie importante du pays, quoique une large portion du centre, y compris des états comme le Texas ou la Louisiane ne soient pas intégrés.

En prenant comme référence les données de www.meilleursagents.com, www.trulia.com et www.idealista.com pour Paris, New York et Madrid, avec un taux de change de 0,72 € par $, et en considérant que 1 m2 fait 10,7 pieds carrés, on apprécie que les zones les plus chères de Paris (rue du Bac, par exemple) dépassent les 14.200 €/m2, celles de Madrid (Recoletos) sont autour des 11.000 €/m2, et celles de New York (Flatiron District) sont autour de 16.000 €/m2. Faut-il plus de raisons pour comprendre pourquoi la trame urbaine des zones centrales des villes a succès a une telle inertie ?

Carte de meilleursagents.com

Carte de meilleursagents.com

Ou habiter avec 200.000 €? (3) Paris

logic-immo

Dans la ville de Paris, d’apres logic-immo.com, 200.000 € vous permettraient d’acheter des surfaces inferieures a 15 m2. Dans certains cas, ce seuil permet d’atteindre 25 m2, voir 30 m2, sur des arrondissements périphériques, mais c’est peu courant. C’est le cout d’avoir une ville tres prisé pas seulement par le tourisme.

Biblio (66) La division des maisons individuelles au cœur de l’Île-de-France

biblio 66-division pavillonaire ile de france

Une nouvelle étude sous l’égide de l’ Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Île-de-France montre que dans cette région:

a)        Dans la plupart des communes ayant expérimenté une augmentation de densité entre 1999 et 2008 il n’y a pas eu d’augmentation de la surface résidentielle au sol

b)        25% des nouvelles unités résidentielles apparues entre 2001 et 2011 résultent de divisions de bâtiments préexistants.

Ceci ne s’est pas produit d’une façon homogène sur le territoire régional, avec des zones ou les hauts prix immobiliers ont entrainé une réduction du nombre de logements (fort peu nombreuses et réduites en surface), tandis que d’autres sont allées dans la voie opposée (la majorité…).

L’impact de ces dynamiques était peu connu jusque a nos jours. Quelques 2.000 logements sont produits chaque année par subdivision de 770 maisons individuelles, essentiellement dans des quartiers populaires bien desservis. L’accession en propriété devient normalement loyer pour des jeunes ménages.

Ce texte touche a une question qui est plutôt une constante historique : la croissance des villes entraine normalement une densification, et le temps est venu de voir comment l’urbanisme règlementaire fait face a une échelle massive.

Certains pourraient voir ici une victoire des transports en commun, car cette croissance va en grande partie vers les zones bien desservies ; je crois qu’une recherche approfondie pour voir quelle part ceci joue sur le choix résidentielle serait nécessaire, mais sans doute ça joue pour quelque chose dans une métropole avec la congestion routière de l’Île-de-France.

Biblio (64) Le SDRIF, finalement…

Le SDRIF (Schéma Directeur Régional d’Ile de France) a été finalement adopté par la Région il y a quelques jours, et devrait etre approuvé par Décret avant la fin de l’année. Plus d’information sur http://www.iau-idf.fr/debats-enjeux/le-schema-directeur-de-la-region-ile-de-france-sdrif.html