mutations climatiques

Logement (3) Réhabilitation durable aux Etats Unis

Le promoteur Philip Beere, de Phoenix, a spécialisée son entreprise Gstreet (www.gstreetinc.com) dans la réhabilitation de logements en mauvais état (ou vides a cause des évictions qui résultent de la crise hypothécaire) qui sont a proximité des lignes des transports en commun ; mettant a l’œuvre les normes du National Green Building Standard on obtient des logements avec des hautes prestations énergétiques qui sont demandées par le marché local. L’entreprise est en expansion sur d’autres marchés des Etats-Unis avec le programme G Home, qui intègre aussi des travaux faits par des tiers qui sont regroupées pour la commercialisation.

La certification énergétique du logement est un élément central du programme, mais il y aussi un travail sur la qualité de l’air intérieur, une question de plus en plus importante avec certains matériaux de construction.

Biblio (34) London Housing Supplementary Planning Guidance

Biblio34- London housing planning guidance

 

Jusqu’ici ce blog s’est axée sur le paysage, le patrimoine, l’esthétique, l’agriculture urbaine, et toute sorte de chose… mais peu sur le produit architectural que presque tout le monde utilise tous les jours, qui configure la plupart des tissus urbains (un concept qui peut parfois devenir n’importe quoi a certains endroits), et dont l’impact est le plus haut sur la qualité de vie : le logement. Il parait qu’il était temps de s’y mettre, et donc la suivante série d’articles montrera un ensemble de références a la question sur des lieux et des contextes différents. Ceci veut dire que je souvent ce sont des projets ou des documents qui concernent des zones que je ne connais pas physiquement, et je remercie tout apport de ceux qui connaissent les ouvrages ou les politiques et leurs résultats de premier abord.

La Supplementary Planning Guidance est un supplément au London Plan de 2011 du Maire conservateur Boris Johnson (et une itération du plan de 2004, approuvé sous le Maire travailliste Ken Livingstone). Son but est une approximation qualitative aux prévisions quantitatives de logement du London Plan. Ce n’est pas une norme d’application directe a la construction et rénovation des logements, mais elle est sensée orienter les politiques de la ville en la matière. Le document intègre les apports d’une procédure de participation publique.

Le London Plan estime nécessaire la construction d’au moins 32.200 nouveaux logements chaque année jusqu’en 2021. Il faudrait bâtir des nouveaux logements sur toutes les communes, surtout en recyclage urbain, et recherchant une bonne intégration avec le système de transports en commun. Il n’y a pas une solution standardisée, mais la volonté de s’adapter aux conditions de chaque site, aussi bien en termes de typologie architecturale qu’en formes d’accès au logement.

Le document s’organise autour des points suivants :

  1. Croissance du parc de logements. Une distribution spatiale de la croissance et des buts par type de tissu y sont définis. Optimiser le foncier et le parc de logements préexistants sont des priorités, reliant densité et accessibilité en transports en commun.
  2. Qualité des logements. Le confort et la mise en conformité des nouveaux logements avec les demandes techniques et environnementales se posent en parallèle a la question de la sécurité dans l’espace public.
  3. Choix des logements. Une diversité croissante de formes de vie demande des typologies variées et la possibilité de passer d’une a l’autre.
  4. Logement a prix accessible. L’une des questions les plus polémiques sur tous les plans.
  5. Parc préexistant et besoin d’investissements pour sa mise en conformité.
  6. Infrastructure sociale (santé, éducation, sports)
  7. Mixité urbaine, évitant la conformation de quartiers sans activités. Une question complexe, car les activités tendent a se concentrer avec des logiques différentes de celles du logement. 

Cartes (4) Suisse

Mont Dolent, la triple frontiere entre la Suisse, la France et l'Italie. En 1938 (a gauche) et aujourd'hui. Les glaciers fondent un peu...

Mont Dolent, la triple frontiere entre la Suisse, la France et l’Italie. En 1938 (a gauche) et aujourd’hui. Les glaciers fondent un peu…

Le service cartographique suisse fête ses 175 ans et propose un voyage dans le temps avec ses cartes depuis 1938 jusque a nos jours, sur une carte interactive de tout le pays. Un régal pour ceux qui aiment la cartographie.

Genevve

Cartes (1) L’orage Sandy

Je vous conseille de voir l'original sur http://project.wnyc.org/si-elevation/embed.html?layer=0#14.00/40.5753/-74.0892 et de lire l'histoire

Je vous conseille de voir l’original sur http://project.wnyc.org/si-elevation/embed.html?layer=0#14.00/40.5753/-74.0892 et de lire l’histoire

Un bon exemple d’une carte élégante, simple et qui montre une réalité dont on se serait passé : morts a cause de l’orage Sandy dans les zones qui sont sous le niveau de la mer a Staten Island, ville de New York. Une simple carte, avec les courbes de niveau et les points (je vous conseille d’accéder au lien) ou sont mortes les personnes, avec leurs noms

Biblio (32) Etudes de cas. Changement climatique et patrimoine mundial

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L’UNESCO gère la liste du Patrimoine Mondial comme résultat de la Convention de Paris de 1972. La liste part du constat a l’époque d’une détérioration constante du patrimoine naturel et culturel, et établit une définition des deux concepts et des critères qui permettent d’attester qu’un site présente des valeurs universelles exceptionnelles qui justifient son inscription sur la liste. Les inscriptions sont aujourd’hui (mars 2013) 962 sur 157 états.

Aux menaces identifiées en 1972 par la Convention de Paris il faut maintenant ajouter le changement climatique, qui touche villes et régions et par conséquent les sites présents. Le livre qui fait l’objet de cet article décrit 26 cas de sites groupés en 5 catégories : glaciers, biodiversité marine, biodiversité terrestre, sites archéologiques et villes et monuments. Pour chaque catégorie les problèmes essentiels sont identifiés, pour apporter plus de détail plus tard sur chaque site. Le livre est une lecture intéressante, non seulement par son thème, mais aussi par la vision sur des sites vraiment exceptionnels et parfois mythiques, comme les glaciers du Kilimandjaro ou Tombouctou.

Le chapitre sur les villes mentionne Londres, Venise, Cesky Krumlow et Prague, Tombouctou et la Vallée Sacrée du Liban. La description des cas est très limitée de par la taille de la publication, mais dans l’ensemble les problèmes que l’on retrouve dans la pratique professionnelle ressortent : comment intégrer l’attention spécifique a ces sites dans un cadre urbain plus large, qui paie les couts, comment faire face a l’incertitude… Le patrimoine mondial est un sujet très intéressant, mais aussi très complexe du point de vue de l’urbanisme : vous avez en face des éléments exceptionnels, mais ils ont des propriétaires, des habitants, des visiteurs, chacun avec ses propres intérêts. Les sites sont mêmes soumis, comme Nassim Nicholas Taleb le dirait, a des « cygnes noirs », c’est-à-dire, des événements inattendus, comme la découverte  de restes archéologiques, des interventions humaines, la simple évolution des visions sur les valeurs d’un site, ou autres, dont l’impact peut paraitre pour beaucoup de gens hors de proportion sur des sites ou l’émotionnel (mais aussi le mondain…) vont de la main avec ce qui pas mal de monde verrait comme des couches successives de bureaucratie…mais la aussi il y a un probleme, car jusque a present la seule façon de mettre en place une protection juridiquement contraignante est le contrôle administratif.

Eau (3) Le Plan Delta

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En 1953 les Pays Bas ont souffert des inondations catastrophiques. En tant que pays dans les bouches du Rhin, avec une partie substantielle de son territoire sous le niveau de la mer, le risque d’inondation est toujours haut; mais ce jour une grande tempête sur la Mer du Nord, qui a aussi touché l’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne, a augmenté le niveau de la mer de plus de 4 mètres par rapport a son état habituel. Pour aggraver la question, la plupart des habitants dormaient dans leurs lits, et il eut plus de 1.800 morts.

Un plan de protection côtière fut implémenté, créant l’un des paysages contemporains les plus abstraits et impressionnants, avec un nombre comme but: 4.000 ans, la période de récurrence statistique d’un orage a même de produire des dégâts comparables a ceux de 1953 une fois les barrières en place (pour comparaison, en Espagne un terrain est considéré inondable si il peut être sous les eaux au moins une fois tous les 500 ans). Le grand cout des travaux et leur entretien est compensé, au moins partiellement, par la constitution d’un savoir faire spécifiquement néerlandais qui est exporté. J’ai visité les Pays Bas, mais je ne suis jamais allé sur la barrière; l’image supérieure (prise sur http://holland.com) montre un paysage entièrement abstrait et artificiel, ou chaque élément a sa raison d’être.

Les calculs originaux pour le Plan Delta se sont vus modifiés par les prévisions de changement climatique et les connaissances tirées de la catastrophe du Katrina a la Nouvelle Orléans en 2005. Les Pays Bas repensent leurs politiques de protection contre les inondations, ce qui veut dire qu’ils sont forcés de repenser la moitie du pays.

Biblio (24) ECO2 Cities

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La Banque Mondiale est une institution vouée au soutien technique et financière aux pays en développement. Comme d’habitude dans ce genre d’institutions, ses opérations financières sont dirigées prenant compte d’études internes et externes sur plusieurs matières. Le développement urbain est l’une des matières, un fait qui ne surprend pas dans un monde ou la population urbaine s’accroit dans les pays en développement, dont la surface des villes devrait se multiplier par trois entre 2000 et 2030.

La Banque a lancé en 2009 sa nouvelle Stratégie Urbaine, ou s’intègre la stratégie ECO2 Cities : villes écologiques comme villes économiques. Le but est d’aider les villes des pays en développement a s’orienter vers un développement plus durable en termes économiques et écologiques, en tant que facteurs complémentaires et pas contradictoires. Le livre présenté marque la fin de la première phase de l’initiative, configurant un cadre d’analyse et opérationnel, susceptible d’adaptation aux conditions locales de chaque ville.

La structure du livre est :

  • Partie 1 : description de l’initiative, les défis et les leçons de plusieurs villes.
  • Partie 2 : présentation d’un système d’appui a la prise de décision de base urbaine. Plusieurs matières sont intégrées, comme la participation publique et des acteurs privés et gouvernementaux, les analyses de flux et couts économiques et environnementaux tout au long du cycle de vie, et des méthodes de prospective et de planification de résilience climatique.
  • Partie 3 : guide de référence de travail, avec des textes de référence, une vision en détail des problématiques des infrastructures, et des analyses de bonnes pratiques.

Le texte s’appuie sur les sources classiques sur la planification du développement durable, partant du Design with Nature d’Ian McHarg (1969), et élargit le sujet pour introduire la perspective économique.

Comme pour d’autres produits de la Banque Mondiale, il peut faire l’objet de critiques idéologiques, ou même techniques ; en tout cas, c’est une proposition structurée, avec une large vision sur les problématiques urbaines sur des contextes très divers.

Energie (2) Solaire

Le parc solaire de Charanka, sur l’état indien de Gujarat, couvre 20 km2; il est prévu d’atteindre 1 GW de capacité de production quand il sera fini. Entre janvier et octobre 2012 la production électrique fut de 686 GWh, ce qui implique, avec une consommation per capita annuelle de 616 KWh en 2010 d’après la Banque Mondiale, la capacité de desservir 1,11 millions d’indiens pendant une année (ou un peu plus de 111.000 espagnols, 88.700 français ou 51.000 citoyens des Etats- Unis…).

Le projet est associé a un système hydraulique dont les canaux seront au moins partiellement couverts par des panneaux solaires, ce qui permettra de réduire les pertes par évaporation, une bonne idée prés du désert.

Energie (1) Éolien

Éoliennes sur l'ile de Gran Canaria. A leurs pieds, des serres de culture

Éoliennes sur l’ile de Gran Canaria. A leurs pieds, des serres de culture

L’énergie éolienne est, au moins en Espagne, l’une des sources renouvelables les plus matures après des années de croissance aussi bien en termes de puissance que du nombre de machines. En 2011 sa production fut équivalente a celle de l’hydroélectricité. C’est aussi une preuve claire du fait que la génération énergétique locale réduit la dépendance de l’extérieur, mais fait aussi revenir les besoins d’espace et les problèmes qui sont souvent oubliés en Europe avec le pétrole.

La planification urbaine et régionale impose des limites aux implantations en raison de :

  1. L’impact sur l’environnement de la construction des parcs éoliens, a cause des routes d’accès et des lignes de raccordement au réseau électrique, du bruit et des effets sur les oiseaux (et sur la vie maritime pour l’offshore)
  2. L’impact sur le paysage d’éléments dont l’efficience est généralement plus haute sur des sommets et lignes de crête, donc très visibles (en offshore la distance réduit l’impact)

Le temps d’obtention d’un permis pour un parc éolien peut être long, et ils sont vus comme des investissements a long terme car la valeur des emplacements ne se dégrade pas beaucoup. Certains parcs atteignent 1 GW (la centrale nucléaire de Tchernobyl avait une puissance de 4 GW), comme le AltaWind Energy Center en Californie, un ensemble de 320 turbines sur un espace de 36 km2. Une grande éolienne est un appareil qui peut atteindre 200 m de hauteur, avec une puissance nominale de prés de 8 MW, et malgré les limitations aux usages a son pied, la compatibilité avec l’agriculture et l’élevage semble possible.


L’intermittence du vent et sa non coïncidence avec la demande est un problème ; normalement la solution est l’équilibre avec l’hydroélectricité, stockant l’énergie électrique des éoliennes par pompage-turbinage; certaines compagnies (Apple entre autres) poussent la recherche sur des technologies thermiques de stockage d’énergie sans besoin de batteries. D’autres alternatives sont aussi au stade de recherche.

Les limites mentionnées aux parcs éoliens concernent les emplacements permanents, mais il y a d’autres propositions. Uprise Energy intègre une turbine de 50 KW dans un conteneur dont le mouvement est facile. Je ne sais pas a quel point il est rentable d’utiliser un système portable pour un usage permanent, mais l’idée d’une énergie portable me rappelle la « Walking city » d’Archigram. Il serait intéressant de voir comment ce système fonctionne avec l’évaluation environnementale…

Sur une échelle plus réduite, l’intégration de l’énergie éolienne dans les bâtiments urbains est encore incertaine ; il n’y a pas de règles claires pour des produits dont le développement industriel est encore a prouver, et souvent on voit des éoliennes dont la raison n’est pas claire. Le bruit pourrait être un problème, mais aussi la maintenance a long terme d’un parc de génération atomisé (ce qui n’est pas exclusif de l’éolien).

Urbanisme et nourriture (4) Paris

D’apres la Note Rapide 605- Quelles perspectives d’évolution pour le marché de Rungis? publiée par l’Institut d’Urbanisme et d’Amenagement de la Règion Ile-de-France, le marché d’interêt national de Rungis est le plus important marché de gros de produits frais au monde. Ceci implique une place de choix dans le systeme alimentaire qui soutient une population qui va vers les 12 millions d’habitants sur l’ensemble de la règion. Apelé a substituer les anciennes halles de Paris en 1962 et les abatoirs de La Villete en 1973, il occupe 230 hectares, avec 12.000 salariés de 1.200 entreprises. Le chifre d’affaires provient a hauteur de 87% des produits alimentaires. 56% des arrivages correspondent aux fruits et legumes, 21% aux produits carnés, 12% aux produits de la mer et 12% aux laitiers et traitieurs.

Par ce marché passent 40% des fruits et legumes consommées en Ile de France, 30% des produits de mer, 20% des carnés et 10% des fromages. Il pese pour 80% dans l’approvisionnement du commerce de detail independant, pour 35% pour les restaurants, mais il n’est qu’un complement pour les grandes surfaces.

La concurrence est representé par les cash and carry, specialement le groupe Metro, et des grossistes independants.

D’aprés la Note Rapide 535- Nourrir 12 millions de franciliens: un defi au quotidien, egalement publiée par l’IAU-IDF, ce marché d’interet national se place au centre d’un systeme alimentaire regional marqué par une capacité de production agraire importante au niveau national, mais qui dans l’ensemble importe la plupart de sa consommation. Ce systeme alimentaire est axé essentiellement sur l’aval (le commerce alimentaire de detail represente 80% des emplois et etablissements, contre a peine 9.000 etablissements agricoles et agroalimentaires). Une certaine partie de la production alimentaire est transformée sur d’autres regions. Pour la farine, par exemple, le volume produit en Ile-de-France est a peu pres equivalent a la consommation, mais les echanges sont deficitaires du fait du traffic commercial.

La concurrence entre agriculture et autres destinations du sol est aussi presente en Ile-de-France, ou 45% des exploitations ont disparú en vingt ans.  Le developpement des filieres franciliennes adaptées aux defis des evolutions climatiques est un besoin.