Londres

Autoroutes pour les velos

Les Barclays Cycle Superhighways sont des itineraires cyclables (1,50 m de largeur, peints en bleu, sur la chausee) reliant la banlieue londonienne au centre de la ville, et sont sensées apporter un trajet plus sur et commode pour les deplacements quotidiens. Un systeme de location de velos est associé, et des cours pour les nouveaux utilisateurs sont prevus. C’est une experience possitive, mais pas necessairement revolutionnaire.

Le projet Skycycle est une proposition de l’architecte paysagiste britanique Sam Martin qui propose un reseau de pistes cyclables sur la ville, reliant les principales stations de metro, avec utilisation d’anciennes voies a l’abandon et de nouvelles infrastructures. Une augmentation de la vitesse en velo et une reduction des morts de cyclistes sont envisagées.

Le systeme ne serait pas gratuit, l’access etant liée a l’utilisation de l’Oyster Card (le forfait londonien des transports en commun) avec un cout de 1 livre sterling par deplacement aller -retour, un tiers du cout du voyage metro comparable. Apparament la recherche d’un partenaire privé pour le projet est en cours. Mais il y a aussi des sceptiques qui aimeraient autant de voir les investissements se consacrer aux reseaux locaux.

L’image superieure, visible sur le site de Rebar (mais sans d’autres elements d’explication sur le rest du site) semble montrer que ces idées seront en debat souvent dans les prochains temps.

Londres (6)

La dernière fois que j’ai visite Londres, c’était l’automne 2005. Tony Blair était Premier Ministre et le monde paraissait encore voué à une croissance économique sans fin. Ce qui expliquera a ceux qui résident a Londres maintenant pourquoi mes images manquent certains éléments nouveaux, et spécialement le Shard, le nouveau gratte-ciel signé Renzo Piano sur la rive sud de la Tamise.

Londres est, en sens strict, une petite municipalité, presque sans residents permanents (surtout par rapport a l’armée d’employés qui y travaille chaque jour), sur une petite zone a l’est de la centralité commerciale plus connue des touristes dans le West End. Gérée par la Corporation of London, une institution singulière, sur cette emprise sont superposées , sur une trame de voirie peu altérée déjà expliquée, des éléments architecturaux extrêmement divers.

Le paysage urbain de cette aire concentre, sur le substrat du fort romain d’origine, des témoignages des différents moments. Il est impossible de dire si le résultat es bon ou mauvais, il est expérimental comme dans des villes de cette nature, car les références de combinaison de sensibilités aussi différentes exécutées par ceux qui sont sensées être les meilleurs architectes du monde sont peu nombreuses.

Je l’aime, et je me demande comment l’ensemble vieillira si la force de la finance dans la ville décroit sensiblement dans la durée.

Londres (5)

Il y a deux ans le Maire de Londres a inauguré un nouveau passage clouté a Oxford Circus. L’intérêt de l’affaire est dans le type de passage : permettant le passage en diagonale. Cet aménagement est courant dans certaines villes asiatiques, comme Tokyo, mais peu courant dans les villes européennes. Il y a un sens a cet emplacement, car c’est un carrefour dans une zone commerçante très fréquenté, ou cette solution favorise la fluidité du trafic piéton en toutes directions. Il ne manque a connaitre que l’évolution des ventes des magasins aux anciens points d’ embouteillage piéton…

Londres (4)

L’ensemble de l’Observatoire Royal de Greenwich et ses jardins représente l’un des espaces publics les plus intéressants de la zone de Londres. C’est une large composition baroque, dont la monumentalité a profité à plusieurs films.

L’emplacement en face de l’Ile aux Chiens et Canary Warf, le dock ou dans le temps arrivaient les bananes des Canaries et ou se dresse aujourd’hui un grand centre d’affaires, a apporté un nouveau scenario a cette composition urbaine. L’avenir incertain du Millenium Dome apporte un certain supense…

Les images montrent la vue depuis le parc de l’Ile aux Chiens (1) vers l’observatoire (2) et vice-versa, la séquence d’accès depuis le fleuve jusque a l’observatoire sur la colline (3), et la vue depuis l’observatoire vers Canary Warf (4) et le Millenium Dome (5)

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Londres (3)

La structure urbaine de Londres montre, en comparaison avec d’autres villes européennes, des qualités singulières. L’absence d’un pouvoir central capable d’imposer sa volonté au reste des agents politiques, résultat en grande mesure des guerres civiles et la période de révolution d’Oliver Cromwell, explique la presque totale absence de grandes avenues en ligne droite et de compositions baroques. Certes on accède a Buckingham Palace par une grande avenue rectiligne, mais il faut rappeler que ceci est possible car l’avenue traverse un parc qui est un domaine royal. Il est difficile de trouver des grandes rues larges et en ligne droite dans la voirie, sauf dans certaines compositions du XIXeme siècle (Belgravia), mais presque toujours limitées a l’échelle du quartier.

La voirie actuelle maintient en grande partie la situation d’avant le XIXeme siècle. En comparaison avec les grandes percées des boulevards parisiens, ou même avec la Gran Vía de Madrid, Regent Street et son arrivée a Picadilly Circus montrent, avec une composition bien arrangée, une volonté de permanence du public qui peut aussi être lue comme une préservation du domaine privé.

Souvent c’est le résultat des systèmes de bail emphytéotique ; une partie des grandes fortunes britanniques vient de ce métier, qui consiste à louer à un promoteur un bien foncier pour des décennies, et le récupérer a la fin de ces délais avec tout son contenu. L’achat d’un logement dans ces zones n’est pas vraiment un achat, car il est marqué par cette charge. Ceci explique l’uniformité de certaines zones, et aussi la persistance de la voirie.

En contraste, il y a aussi un parc de logements sociaux important ; une partie est progressivement passée vers des mains privées depuis la décennie de 1980, avec en tout cas un maintien de la location comme formule majoritaire.

La structure de Londres est ainsi la superposition d’un grand fleuve, un réseau de canaux dont le rôle est mineur depuis l’arrivée du chemin de fer, un système ferroviaire que de par ses limitations de tracé est l’une des plus grandes altérations des deux dernies siècles, la présence des grands parcs royaux, et un système de voirie qui s’est adapté a d’autres conditions et n’a pas eu un rôle aussi déterminant que dans d’autres villes.

Londres (2)

Une fois les Jeux Olympiques finis arrive une espèce de calme combinée avec une crise économique qui  persiste, avec au fond une crise encore plus grande de la zone Euro. Le souvenir des émeutes urbaines de 2011 pèse encore dans les mentalités.

Que reste-t-il du Londres qui dominait le monde au début du XXème siècle ? Beaucoup et peu.

La structure de la ville garde encore beaucoup des éléments structurants, dans une plus grande mesure que d’autres capitales européennes, en grande partie à cause des fortes associations qui s’ont opposée aux autoroutes urbaines pendant le dernier quart du XXème siècle. L’architecture « high tech » maintient une image proche en partie de celle des grandes structures en acier du XIXème siecle.

Mais la ville a grandi, le caractère de ses zones a évolué, et malgré la grande expansion de l’économie financière jusque a cette crise la Grande Bretagne est devenue une puissance moyenne avec un rôle encore a définir dans le monde.

Londres (1)

Les Jeux Olympiques de Londres 2012 ont impliqué une forte injection de fonds publics autour de la vallée de la Lea, une petite rivière tributaire de la Tamises sur sa rive nord, au nord des Docklands. Que se passera-t-il maintenant que les jeux sont finis ?

Au fur et a mesure que les grands événements ont gagné en complexité, et aussi en dimension des investissements, il y a eu aussi une augmentation des exigences d’une utilisation aussi rentable sociale et économiquement que possible des infrastructures et autres éléments crées pour l’occasion après la fin de l’événement. Au début la question s’est axée sur la réutilisation des logements du village olympique, plus tard vers le transport, et l’éventail des sujets s’est élargi progressivement.

Depuis la décennie 1990 l’analyse des candidatures a ville olympique a accordé chaque fois plus d’importance a la question du légat, en partie pour contrer les critiques sur les dépenses des événements passés.

A Londres la question du légat est définie suivant ces lignes :

–           Reconfiguration de la zone avec la création de six nouveaux quartiers, dont la finition est prévue pour 2040.

–           Logements : le logement suppose 65% de la construction sur le parc olympique, avec la prévision de la construction de jusque a 12.000 logements, dont 35% a un prix plafonné, 42% avec 3 ou plus chambres, et des surfaces qui autorisent une flexibilité a long terme.

–           Parcs : le système de nouveaux parcs, en grande mesure déjà construits pour le développement des jeux, compte 102 hectares. Une partie correspond a des sols contaminés par le passe industriel de la zone, régénérés pour l’occasion. Le potentiel des canaux pour le transport et les loisirs sera développé.

–           Emploi : la zone du Parc Olympique part d’une réalité socioéconomique fragile. Le but est de doubler le nombre d’emplois existants avant les Jeux

–           Equipements sportifs : cinq des grands équipements olympiques seront maintenus, avec un démantèlement partiel pour adapter les couts de maintenance a l’usage prévu.

–           Equipements en général : il est prévu d’ouvrir trois nouvelles écoles primaires et deux secondaires, y compris une académie de sports sur le stade olympique. En plus, chaque quartier aura un espace communautaire.

–           Il est prévu de construire des nouveaux ponts, 14 km de nouvelles rues et 35 km de pistes cyclables et piétonnes.

–           Transport : utilisation des améliorations du chemin de fer et le métro, déjà en service pour le jeux, sous le principe de minimisation d’usage des voitures privées.

Dans l’actuel contexte de crise économique, les efforts pour atteindre ces buts peuvent apporter des leçons pour des événements futurs.

Plus d’information sur :

http://www.londonlegacy.co.uk/

www.leariverpark.org