Etats Unis

Lyon et Pittsbourg (4) Taille

Centres urbains de Lyon et de Pittsburgh a la même echelle. Surface des parcelles en m2 pour Lyon et en pieds carrés pour Pittsburgh

Centres urbains de Lyon et de Pittsburgh a la même echelle. Surface des parcelles en m2 pour Lyon et en pieds carrés pour Pittsburgh (je sais bien que 10 pieds carrés ne sont pas exactement 1 m2, mais c’est une dimension proche qui permet en outre de bien orienter ces braves gens qui doivent utiliser le systeme imperial… et aussi nous les metriques, avec des ordres de grandeur parfaitement comparables)

C’est le genre de commentaire qui est utilisé parfois avec un ton coquin: la taille importe. Si l’on parle des surfaces des parcelles (ce qui est important pour definir la taille du bati, et donc l’image urbaine), ces deux villes qui ont, d’un point de vue de mesure des parametres globales en termes metropolitains ou même municipaux d’un point de vue « social » (nombre d’habitants), quoique sur des emprises territoriales differentes, montrent certaines choses. Le parcellaire Lyonnais est bien plus menu dans le centre urbaine que celui de Pittsburgh, ville bien plus recente et qui, de par la présence de sieges sociaux et d’elements culturellement bien americains comme les parkings en plein air (certes plus rares qu’a Houston) s’en sort bien differament. Il y a bien donc une difference de « grain », de « detail » de la ville, hormis la question bien evidente de la difference des architectures.

Batiments sur les centres de Lyon et Pittsburgh

Batiments sur les centres de Lyon et Pittsburgh

Des qu’on rajoute les batiments, et malgre la diference de critére entre les deux bases cartographiques (on fait avec ce que l’on trouve…), il y a des similitudes importantes, mais une grande difference (au moins apparament): l’idée de cour, bien plus presente a Lyon.

Cartes a la même echelle des proches banlieues de Lyon (environs de Montchat) et Pittsburgh (autour de Mt Washington)

Cartes a la même echelle des proches banlieues de Lyon (environs de Montchat) et Pittsburgh (autour de Mt Washington)

Du coté des banlieux, par contre, la question devient differente: la puissances des zones pavillonaires americaines ressort; a Lyon il y a aussi cette question, mais la presence d’habitat collectif, quand même plus courant, change un peu la question. Monotonie contre desordre? deux formes de desordre? des que l’on rajoute les batiments, l’image européene devient bien plus complexe; il faudrait savoir si ce desordre est plus ou moins durable.

tamparc-lyon-pittsburgh2-2

Lyon et Pittsburgh (3) Cartes

Carte de la Commission des Inondations de Pittsburgh de 1909. Access par http://images.library.pitt.edu/f/flood/

Carte de la Commission des Inondations de Pittsburgh de 1909. Access par http://images.library.pitt.edu/f/flood/

La ville se retrouve parfois entre un fleuve et l’eau…
Crue de 1849 a Lyon. Image originale sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8443231b.r=innondation+lyon.langES
Crue de 1849 a Lyon. Image originale sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8443231b.r=innondation+lyon.langES

Lyon et Pittsburgh (2) Plans

Les deux villes sont les cœurs de leurs agglomérations; Lyon est près de 2,1 millions, Pittsburgh autour de 2,3. Les deux territoires sont complexes, dès leur définition. Sauf pour une ile éloignée, les zones métropolitaines ne sont jamais faciles a cerner, et la plupart du temps on est dans un territoire flou. Certaines choses peuvent cependant être mesurées, comme les liens fonctionnels des bassins de vie, mais ce n’est pas nécessairement ce qui vous apporte un territoire reconnaissable. Donc, définir un périmètre quelque chose d’un art, parfois, car la politique y joue aussi.

Les plans d’agglomeration sont des instruments intéressants ; ils doivent faire face a des choses importantes pour le quotidien des habitants, comme la qualité du paysage des grandes echelles, les transports en commun ou les infrastructures. Mais dans certains pays, par manque d’une carrière professionnelle spécifique il y a une confusion entre planification de grande échelle et design. La planification régionale n’est pas celle qui établit les hauteurs des bâtiments, sauf dans quelques cas ou la question peut toucher au paysage, comme avec les tours (et même la, souvent de façon indirecte).

Lyon est très franco-française, car ces 2,1 millions sont éparpillés sur les 514 communes de sa zone urbaine de 2009. Un territoire entouré de montagnes et fleuves, avec par endroits des liens plus ou moins étroits avec le centre (la volonté d’intégrer un club compte aussi), finalement vous avez une forme complexe pour son périmètre.

Le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) 2030 Agglomération Lyonnaise ne couvre qu’une partie de cette zone. Seulement 73 communes, avec 1,32 millions d’habitants et la plupart des boulots sur 730 km2.

Carte INTERSCOT Simpli

lyon scot

Composantes transports en commun, vert et bleu du SCOT 2030

La régulation physique des choses comme l’architecture est faite par le Plan Local d’Urbanisme de la Communauté Urbaine de Lyon (seulement 58 communes qui se sont mis d’accord pour le format de leur plan… en ce sens, il est bien difficile d’expliquer a un étranger cet emboitement de structures supra communales bien française mais qui semble plutôt un jeu de poupées ruses…) 8 ce ces communes sont en fait des arrondissements de Lyon même (400.000 personnes sur 47 km2).

Le périmètre de l’agglomération de Pittsburgh (metropolitan statistical area) couvre sept comtés de Pensylvanie. Mais la Southwestern Pennsylvania Commission, qui gère le Plan Régional, couvre 10 comtés, avec une population d’ensemble de 2,57 millions sur une surface de 18.432 km2. En comparaison, le comté d’Allegheny, ou est Pittsburgh, a 1,22 millions d’habitants sur 1.929 km2. Donc, oui, c’est moins dense que Lyon (pas une grande surprise…)

La ville de Pittsburgh elle-même a quelques 300.000 habitants sur 151 km2. Plan PGH est le Pittsburgh Comprehensive Plan, en cours de rédaction. Et c’est la que l’architecture se produit.

pittsburgh green

Lyon et Pittsburgh (1) Que d’eau…

Certes, MacMahon l’a dit en découvrant la crue de la Garonne en 1875 a Toulouse (ou une crue de la Loire, ou, va savoir avec tout ce qui court par Internet…). Mais la phrase est aussi valable quand on voit la place que prend l’eau dans l’agglomération lyonnaise. La ville centrale est une longue et étroite presqu’ile entre deux fleuves…

A (quelques…) exception près, le même contexte de Pittsburgh : collines, fleuves et gens. Il est intéressant de comparer une ville américaine qui ne peut être une grille (pentes trop raides) à une européenne.

Frontieres (6) Rang St André

Voila un point de la frontiere entre le Quebec et l’Etat du New York ou aparament on ne peut plus passer. Bien curieux, les frontieres europeenes sont bien visibles sur google street view, mais l’enorme poste frontalier qui est sur l’autoroute I-87 (New York- Montreal) a moins d’un kilometre a l’ouest n’est pas visible (on peut avancer toutes sortes de theories, bien sur, j’ai bien le droit de croire que la voiture de google es tombée en panne). C’est une frontiere tranquille si l’on croit qu’un simple grillage et des panneaux vont disuader qui voudrait passer, ou alors il y a d’autres moyens de surveillance… Quand on voit la surface des installations a la frontiere sur l’autoroute, on mesure d’avantage a quel point la supression des frontieres interieures a été importante en Europe.

Jumelages (4) Les baies

Il y a des ports qui profitent d’un espace naturellement protégé capable d’accueillir les bateaux du moment; Bruges ou Gand ont été des ports importants a un moment donné, mais l’augmentation de la taille des bateaux et la fermeture de leurs estuaires par ensablement ont révolu cette situation. Et il y a des ports qui le sont parce qu’ils sont tout simplement dans des baies spectaculaires, ou une flotte entière y tiendrait; quand ils sont entourés d’une aire métropolitaine, le résultat peut être simplement spectaculaire en termes de paysage et de complexité urbaine. Des grands ponts avec des tracés étranges (l’idée de faire le lien le plus court entre deux points est souvent altéré par la présence d’un ile ou un récif qui permet de poser une pile de pont plus facilement), la concurrence pour l’usage des sols en plaine de bord de mer (quais, aéroports, usines, infrastructures…) et un relief complexe et intéressant sont présents.

Lisbonne est l’une des villes les plus intéressantes en termes de relation paysage- tissu urbain de la péninsule ibérique et de toute l’Europe. Elle est l’ouverture a la mer d’un bassin hiérographique qui couvre une partie importante du centre de la péninsule ibérique. L’estuaire du Tage s’élargit sur la Mer de Paille avant de passer par le détroit entre Almada et Alcántara, créant une porte vers la mer qui, de par sa dimension, est en même temps fermeture et aperture visuelle. L’empire est déjà passé, mais ses restes construits sont toujours intéressants: la place du Commerce est un exemple de qualité d’architecture ouverte au Tage, mais n’est pas pour autant oppressive.

San Francisco a une baie encore plus grande, formée par la confluence des fleuves Sacaramento et San Joaquín. C’est la sortie naturelle a la mer de la grande vallée centrale de Californie. Le centre urbain est près du détroit du Golden Gate vers le Pacifique, mais la relation visuelle avec le large est moins directe qu’a Lisbonne. En échange, la dimension transversale plus réduite de la presqu’ile permet d’avoir une façade urbaine (d’une densité plutôt réduite, et pas du tout formalisée) vers les plages du grand large. Il y a des gratte-ciels importants, mais aucun espace avec la présence scénique de la Place du Commerce de Lisbonne; l’image, comme dans pas mal de villes américaines, est configurée plus par l’agrégation de fragments que par un projet architectural classique. Certains projets comme celui pour une gare de TGV ont proposé des images urbaines fortes, mais pas en relation avec la mer, ou l’une des interventions les plus importantes en temps récents a été plutôt soustractive: la fin de l’autoroute de l’Embarcadero.

Rio de Janeiro configure un paysage urbain d’une énorme complexité, dont la qualité a été récemment reconnue par son inscription sur la liste du patrimoine mondial UNESCO. Le projet de transformation urbaine de Porto Maravilha entend, entre autres questions, transformer un secteur portuaire, mais ici l’espace représentatif de la ville face a l’eau est la plage, sans que pour autant Copacabana soit le centre de Rio; c’est une image connue et un lieu fréquenté, mais pas nécessairement le centre urbain tel qu’on le conçoit sur d’autres pays. En termes socioéconomiques, Rio subit encore, après des décennies, l’impact de la perte de la capitale fédérale au profit de Brasilia .

Jumelages (3) Capitales

Les capitales peuvent se diviser en deux genres : celles qui le sont par la force des faits (même si elles ne le sont pas en termes politiques, comme New York, qui n’est que la capitale de son propre comté, un fait déjà difficile a expliquer car celui-ci ne couvre que Manhattan…), et celles qui le sont par la force d’une loi qui leur accorde cette condition a un moment de manque de définition politique, même si plus tard elles peuvent de fait être autre chose. Il est très tôt pour juger ce qui se passera a Brasilia, mais Madrid est un bon exemple du deuxième genre au XVIème siècle, et Washington et Berlin au XVIIIème siècle. L’intéressant est a quel point la condition de capitale a créé des espaces urbains d’intérêt, et d’autre part si une ville est bien capable d’aller au-delà de cette première dimension « bureaucratique ».

Madrid apparait dans l’histoire comme un hameau musulman aux frontières avec le royaume de Castille au IXème siècle. Avec le temps un bourg apparait, avec une importance bien inferieure a celle de villes comme Ségovie ou Tolède. En 1561 Philippe II décide d’installer la capitale a Madrid et, sauf entre 1601 et 1606, et une courte période pendant la guerre civile de 1936-1939, la ville reste la capitale de l’Espagne. Une position centrale en Espagne et l’absence de pouvoirs locaux forts, au contraire de ce qui se passait sur d’autres villes de Castille, semblent avoir été des rasions importantes. Madrid ne se dote pas avec la condition de capitale d’un projet urbain a la géométrie reconnaissable, mais elle consolide certains éléments de présence sur le paysage : la corniche sur la Manzanares, le Palais Royal et celui du Buen Retiro (aujourd’hui seul le parc subsiste) ou la Casa de Campo. La primauté de la ville sur le système urbain espagnol se consolide vraiment après 1939 ; les premiers temps du franquisme ont vu des plans monumentaux, que l’économie n’a pas autorisé. Depuis 1980 et jusque en 2007 il y a eu une forte croissance, mais sans un véritable projet urbain visible dans la globalité. Ce n’est pas aujourd’hui une ville riche (elle subit une lourde dette publique, entre autres a cause du cout de l’enfouissement de la rocade M-30 sur la Manzanares), mais elle reste la plus grande et l’une des plus dynamiques économies métropolitaines espagnoles.

Washington apparait a cause du besoin de donner a l’Union une capitale qui ne soit pas soumise a l’un des Etats membres, sur des terrains cédés par le Maryland. Ici l’urbanisme apparait depuis le début comme un élément de la personnalité de la ville, avec le plan de L’Enfant pour une ville baroque a une échelle qu’en Europe on ne voyait que sur les jardins des palais royaux. Même si la véritable centralité économique est dans d’autres villes de la mégalopole de la côte atlantique qui va de Washington a Boston, et spécialement a New York, son aire métropolitaine a grandi et est actuellement l’une des plus actives en termes économiques du pays. Une partie très importante de sa main d’œuvre est composée de fonctionnaires, et aussi une partie importante de l’emploi privé vient du fait d’être capitale.

Berlin est un petit bourg jusque a sa déclaration comme capitale de la Prusse en 1701. Sa croissance est liée a celle de ce royaume et sa position de pouvoir en Allemagne, et ceci se voit par la configuration d’un centre urbain avec une volonté de monumentalité classique. Pendant le XIXème siècle elle devient une ville ou l’activité industrielle est aussi importante. Peu avant la deuxième guerre mondiale Albert Speer propose un plan pour convertir la ville en capitale mondiale, avec des échelles architecturales inouïes. Apres la deuxième guerre mondiale la partie occidentale devient une enclave séparée du centre urbain historique ; la partie ouest perd la condition de capitale au profit de Bonn, tandis que la partie orientale cherche a devenir la capitale d’un état bien plus petit et avec des problèmes pour sa reconstruction, malgré les tentatives monumentales comme Karl- Marx Allée. La réunification a apporté nouvellement a la ville son intégrité, au prix d’être une ville « pauvre, mais sexy », comme dit son maire Klaus Wolvereit, et elle est entourée d’états occidentaux qui après la réunification peinent encore derrière les états occidentaux.

Jumelages (1) Presque la mer…

Sur les entrées de villes de pas mal de communes européennes on peut voir des panneaux de jumelage avec des municipalités étrangères. Les raisons pour ces accords peuvent être de tout ordre ; ici j’ai cherché des similitudes surtout géographiques entre des villes ibériques et d’autres pays. Ceci ne veut pas dire que ces villes soient jumelées formellement a ce jour ; simplement, je trouve des similitudes de paysage intéressantes.

Seville, Nantes et Houston sont des ports fluviaux historiques ; ils sont a une distance comparable de leurs embouchures, ou il y a des ports importants (Cadix a quelques encablures, Saint Nazaire, Galveston) qui polarisent le système territorial de leurs régions. L’itinéraire de Séville vers la mer était probablement plus similaire a l’époque romaine a celui de Houston a Galveston aujourd’hui, car les marais actuels étaient une baie, et le profil de la Loire a aussi évolué avec le temps.

Dans les trois cas, le long de l’estuaire se succèdent des zones de haute valeur écologique et des activités plus anthropiques (quais, industries, cultures industrielles…). Les travaux hydrauliques sont importants (rectification des boucles du Guadalquivir et de la Guadaira, canaux comme ceux de La Martinière ou le Houston Ship Channel), et la combinaison de zones assez plates avec des voies importantes de communication a fait construire des grands ponts. Malgré quelques collines comme celles de l’Aljarafe a Séville ou les timides côtes au nord de la Loire, ce sont des zones éminemment plates, presque le lieu idéal pour une expansion métropolitaine sans limites.

En termes sociaux, Séville n’est pas une ville riche, et si elle était aux Etats- Unis elle serait plutôt la Nouvelle Orléans que Houston, malgré la présence d’industries de pointe comme l’aéronautique. Nantes est parmi les villes les plus dynamiques de France. Séville et Nantes sont sous la barre du million d’habitants (aire métropolitaine), tandis que Houston est près des six millions.

Dignity Village

1

Dignity Village est un camp pour SDF établi par la ville de Portland, état de l’Oregon. C’est un espace qui a des parallèles avec les zones d’accueil pour nomades de certains pays européens comme la France (quoique dans ces derniers il y a normalement un espace pour des roulottes), ou a une forme plus organisée et contrôlée des petites bidonvilles (núcleos chabolistas) qu’il y a sur certaines villes espagnoles, la des cas d’illégalité.

Il y a des expériences similaires sur plusieurs villes américaines, comme montre ce rapport de la National Coalition for the Homeless. Elles peuvent commencer comme une cité de tentes de campagne plus ou moins spontanée, que les autorités reconduisent plus tard sur un site contrôlé, avec un régime de fonctionnement un peu similaire a celui d’un camping. C’est similaire a un bidonville du fait qu’il n’y a pas de rue, mais tout simplement des bâtiments précaires.

Les bidonvilles les plus nombreuses dans l’histoire recente des Etats- Unis, les Hoovervilles (ainsi appelées par le president Hoover, dont le mandat a vu le debut de la grande depression), ne semblent pas avoir laissé des traces ; mais dans le temps une partie de Central Park fut occupée.