Cartographie

Cartes 2015 (7) Consommation au-delà de l’horizon

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Certaines cartes n’arrivent pas a transmettre tout ce qu’elles comportent sans les données associées ; c’est l’exemple d’une carte web proposée par la Wildlife Conservation Society, qui décrit comment chaque pays du monde agir sur les autres en termes de consommation de ressources environnementales (données de 2005) ; et chacun peut consulter comment son pays agit. L’Afghanistan ou Cuba ont une empreinte bien différente des pays européens, quoique certains résultats semblent étranges (l’Espagne ayant une forte influence sur le … Liberia ?). L’option « global » montre comment la planète agit sur elle-même.

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Cartes 2015 (6) Une carte mentale

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… d’une partie des derniers articles et d’un échantillon des prochains. Comme j’avais avancé précédemment sur Catalyseurs du changement urbain (1), mon intérêt, au-delà de l’état actuel des villes, est dans les facteurs sou jacents de leurs évolutions. J’avais aussi indiqué mon intérêt pour le grain de la ville, donc la question de l’échelle est aussi pertinente. J’accepte vos suggestions.

Cartes 2015 (3) Bogota

J’ai l’habitude de lire des cartes et d’en déduire les différences des hauteurs des bâtiments a partir du plan. Mais parfois il est bien plus clair de voir ce que ceci implique sur une vision 3D. D’après les données du cadastre, voici a quoi ressemble le centre de Bogota (Colombie) en termes de volumes. Le fond de carte est OSM et le volume du terrain est SRTM.

Vue du fonds de carte en relief depuis le sud. La zona la plus proche est le centre administratif historique

Vue du fonds de carte en relief depuis le sud. La zona la plus proche est le centre administratif historique

Vue du sud avec les volumes. Le centre historique a des hauteurs limitées, et l'on peut apprecier les batiments sur les flancs de collines.

Vue du sud avec les volumes. Le centre historique a des hauteurs limitées, et l’on peut apprecier les batiments sur les flancs de collines.

Vue du même secteur depuis le nord.

Vue du même secteur depuis le nord.

La vue du nord montre en premier les tours des zones d'affaires. On peut apprecier que c'est encore une ville en transition, avec des differences importantes d'hauteur.

La vue du nord montre en premier les tours des zones d’affaires. On peut apprecier que c’est encore une ville en transition, avec des differences importantes d’hauteur.

Cartes 2015 (2) La panne de la bulle

Comme j’ai déjà annoncé il y a quelques jours, l’argument central du blog cette année sera le grain de la ville ; c’est-à-dire, comment se constitue le détail que l’on voit dans l’espace urbain par un cumul de circonstances. Les ordonnances des bâtiments vieilles de 200 ans sont aujourd’hui une matière de guide touristique, et les crises des temps anciens expliquent souvent comment un quartier est devenu ce qu’il est (tentez d’expliquer l’urbanisme du XVème arrondissement de Paris sans la brutale coupure économique de l’entre guerres mondiales…).

Aujourd’hui je vais parler de comment s’est répandu dans le pays la crise immobilière de l’Espagne ces dernières années. Le secteur immobilier, a la base de la croissance de l’économie depuis la moitié de la décennie 1990, s’est appuyée sur la construction de logements nouveaux essentiellement sur des zones de périphérie. En termes de paysage ceci a impliqué l’aménagement (parfois encore en ce moment et probablement pour des années a venir sans bâtiments) de grandes zones périphériques, en contraste avec des tissus urbains centraux ou les voiries ont été embellies mais les bâtiments n’ont pas tellement changé.

L’arrêt de ce que l’on a appelé la bulle immobilière n’est pas homogène sur le territoire. Ceci peut être analyse de plusieurs façons, et j’ai choisi la suivante. Le Ministerio de Fomento, entité du Gouvernement de l’Espagne le plus lié au logement (matière régionalisée), publié chaque trimestre des données sur l’évolution du prix au m2 des logements, pour un ensemble de 283 municipalités de plus 25.000 habitants, faisant la différence entre celles de moins de deux ans et celles de plus (en comptant toujours a partir de la fin du chantier). Pour l’analyse que je vais entreprendre le prix n’est pas important, mais plutôt a quel moment se produit la « panne de courant » de la donnée a cause d’une information qui n’est plus statistiquement représentative. Je suis conscient qu’il y a d’autres sources d’agents privés qui ont des données différents, mais j’ai choisi celle-ci car elle est publique et chacun peut y faire la comparaison, et en plus elle a des chances de rester active plus longtemps. Une remarque pour ceux qui auront la patience d’aller rechercher les données originales : pour le période analysé (premier trimestre de 2005- troisième de 2014) une municipalité fut rajoutée a la liste ; je me suis passé de ses données pour donner une homogénéité aux données.

J’ai procédé aux analyses suivantes :

Data blackouts for new homes prices in Spain (if animation stops, reload the webpage to see it again)

« Pannes » des données sur le prix des logements neufs en Espagne (si vous voulez revoir l’animation, actualisez la page)

  • Carte des « pannes » des données (image superieure animée, on voit le passage du vert au rouge) : il s’agit d’identifier la dernière donnée disponible dans chaque municipalité sur le logement de moins de deux ans. Il n’y a que deux municipalités (Madrid et Barcelone) sans aucun trimestre en « panne » de données pendant ce temps, et au troisième trimestre 2014 il n’y avait que huit avec des données : Almeria, Barcelone, Caceres, Madrid, Merida, Las Rozas de Madrid, Madrid, Teruel et Saragosse. Pour certains cas (comme Madrid et Barcelone…) les agglomérations, avec un grand nombre de points très proches, peut masquer la visibilité des municipalités encore « actives ».

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  • Graphique d’évolution par trimestres du nombre de villes sans valeurs représentatives pour le prix de l’ensemble des logements (sans distinction d’âge), de celles de plus de deux ans et de celles de moins (logements nouveaux). On voit qu’a partir de 2009 les nuages noirs se font visibles, et que le premier trimestre 2011 marque un seuil substantiel. En comparant ce graphique a l’évolution des logements libres (sans subvention publique a l’achat) qui finissent leurs chantiers et le prix moyen du m2 de sol urbain dans les municipalités de plus de 50.000 habitants, on voit beaucoup de parallèles : les logements de moins de 2 ans se réduisent, car on ne produit plus en grande quantité.

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  • Comparaison des graphiques d’évolution des prix du logement, en moyennes nationales, en Espagne, Colombie, France et les Etats- Unis, par trimestre, entre le premier de 2007 et le deuxième de 2014, avec comme 100% de référence le premier de 2007. On voit qu’en France il n’eut pas de chute de prix (production de logements réduite), aux Etats Unis la correction de 10% semblé passée (quoique la différence de taille de pays demanderait probablement des nuances dans la comparaison), et le graphique de la Colombie rappelle celui de l’Espagne 5 ans avant, ce qui ne semble pas un bon signe.

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  • Vision croisée de la taille démographique des municipalités avec le nombre de trimestres (sans accorder une importance a l’ordre) ou ils ont été « hors radar » pour le prix des logements de moins de deux ans. C’est clair que la taille importe, et les municipalités avec des populations plus hautes (qui en Espagne ont aussi souvent des grandes superficies et des opérations importantes d’aménagement) sont celles qui semblent s’être le moins mal sorti de la crise, avec un marché plus large et une concentration plus importante, malgré tout, d’activité et d’éléments objectifs (distance aux emplois, services, transports) de support des prix et de l’intérêt pour la construction.

Pour l’avenir ceci n’implique pas des leçons automatiques pour la planification de ces municipalités ; les plans doivent confronter l’avenir, toujours incertain, et il y a donc besoin d’une certaine flexibilité. Mais la leçon serait plutôt (comme on verra dans des articles prochains) que les plans a long terme ont un sens en urbanisme a condition de comprendre que les bâtiments arriveront aussi a long terme. Et ce fut tout le problème ici, de dessiner et aménager sans avoir une demande pour les bâtiments qui devaient compenser ces couts de construction des voiries et réseaux divers (laissons appart le foncier, parfois acheté a un prix faramineux).

Cartes 2015 (1) La plaine américaine

Ce premier exemple de 2015 n’est pas vraiment une carte, mais la représentation d’une idée qui a été lauréate d’un concours pour étudiants de l’American Society of Landscape Architects. Son auteur, Reid Fellenbaum, propose un stratégie d’évolution des paysages des plaines centrales des Etats- Unis, menacées par le progressif épuisement des nappes phréatiques qui alimentent ses cultures céréalières. Il résume son projet comme un évolution partant de la grille jeffersonienne vers un aménagement plus adapté a la topographie fine d’un territoire plus fragile qu’il en a l’air. Je ne vais pas parler ici de la faisabilité de l’idée (ce qui est plutôt complexe de juger), quoique probablement les cultures traditionnelles ont deux ou trois choses a montrer, mais la qualité graphique de la présentation est vraiment remarquable.

En plus, ce projet parle d’un concept, le « grain » du territoire, sur lequel je vais parler sous peu… in extenso.

Cartes 2014 (44) L’histoire de la cartographie d’après l’Université de Chicago

Venus comme l'etoile de l'aube, ancienne carte celeste du Mexique prehispanique, Codex Borgia (livre 3 du volume 2 de la publication).

Venus comme l’etoile de l’aube, ancienne carte celeste du Mexique prehispanique, Codex Borgia (livre 3 du volume 2 de la publication).

En ce moment de l’année, à l’ endroit ou j’habite on est en saison festive, et les gens font des cadeaux. Je ne peux offrir ce que je ne possède pas, mais je peux signaler a ceux qui partagent avec moi le gout des cartes le lien a une ressource excellente : l’histoire de la cartographie de l’Université de Chicago, qui va des temps préhistoriques jusqu’à la renaissance européenne. L’ouvrage n’est pas limité au monde « occidental », et incorpore aussi des exemples d’autres cultures.

Le site web permet le telechargement par volume et par chapitre. Bonne lecture !

Cartes 2014 (43) Le monde romain

Orbis-web

L’université de Stanford a développé un modelé géospatial du monde romain, Orbis, auquel on peut accéder a partir d’une carte web. En termes techniques il s’agit d’un système d’information géographique ou l’on représente, en utilisant des modelé courants dans la planification des transports de nos jours, la route la plus économique, la plus courte ou la plus rapide entre deux points de l’empire prenant compte des technologies de l’époque. L’explication méthodologique du SIG est intéressante ; et les résultats, dont je ne suis pas en mesure d’évaluer l’authenticité, sont au moins vraisemblables.

J’ai testé la route la plus rapide entre Flavium Brigantium et Lutetia : 17,2 jours en été, quelques 50 en hiver, essentiellement en bateau. Plus jamais 2 jours de route me sembleront longs…

Cartes 2014 (42) Dégradations urbaines aux Etats Unis

Cette carte fut produite en 2011 par Derek Watkins, éditeur graphique du New York Times, qui a un portfolio avec des nombreuses références extrêmement attractives (et des mentions aux outils employés pour sa création). La carte fut générée par la recherche de photos géocodées avec des mentions a des dégradations urbaines sur Flickr. On peut remarquer que le nombre de photos sur chaque ville est parfois assez réduit. En réalité, ce n’est pas une carte sur un phénomène, mais sur la perception de ce phénomène par un univers d’individus a la caractérisation complexe (photographes sensibles a l’esthétique spéciale des ruines et enclins a partager leurs images sur Flickr ?). Très belle carte, en tout cas, et assez aligné dans les résultats avec d’autres données sur le sujet.

Cartes 2014 (41) Churyumov-Gerasimenko a París

J’aime bien les cartes qui racontent une histoire sur les relations d’échelle. Et la nouvelle de cette semaine (avec l’hymne à la joie au fond, et le drapeau des douze étoiles) est un peu lié à ce concept. Au-delà des distances de millions de km, ce qui surprends est de voir a quel point la comète est petite (on pourrait marcher d’un bout a l’autre en une heure, sous condition de pouvoir marcher sans gravité…), ou ce qu’elle représente par rapport a une grande ville.  L’image est diffusée par l’Agence Spatiale Européenne et donne une idée de la capacité humaine de transformer la planète a des échelles géologiques, même interplanétaire (si d’ici nous voyons la comète assez bien pour l’atteindre, depuis la comète il y aurait des chances de voir Paris…)