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Biblio (116) Evolution des empreintes de l’approvisionnement alimentaire de Paris entre les XIXème et XXIème siècle

Chatzimpiros

Voici la thèse doctorale de Petros Chatzimpiros (ingénieur et spécialiste en environnement, actuellement professeur universitaire de Géographie), soutenue en juin 2011 devant l’Université Paris Est. L’auteur concentre son attention sur l’approvisionnement en viandes et lait.

La méthode d’analyse consiste en une étude d’empreinte spatiale, utilisation des eaux et flux d’azote. D’après les conclusions, depuis le début du XIXème siècle la surface de production s’est vue divisée par six pour des consommations similaires de viandes et lait a cause des améliorations dans la production, mais au cout de doubler la consommation d’eau et de multiplier par trois l’intensité d’usage des sols.

Tout comme Pikety s’est appuyé sur des longues séries de revenus, ici on utilise des longues séries de données environnementales et économiques.

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Biblio (115) Combien de temps consacrent les français a leurs courses?

Captura

L’INSEE vient de publier une étude assez intéressante sur le temps consacré par les français aux courses (aussi bien quotidiennes, comme la nourriture, que celles des biens d’élection, comme la mode). D’après les résultats de l’analyse d’une série de données entre 1974 et 2010, les courses sont faites de moins en moins fréquemment, et elles sont toujours plus longues le samedi, avec des déplacements toujours plus loin du domicile.

En 2010 le français moyen (a supposer qu’il existe…) consacre 2 heures 41 minute a la semaine aux courses; entre 1974 et 2010 les femmes on reduit le temps consacré de 28 minutes et les hommes ont rajouté 21 minutes par semaine. Les achats par internet restent peu nombreuses en France. 20% pensent que les courses sont une corvée en 2010, tandis qu’en 1986 ils n’étaient que 10%.

Voici des chiffres qui peuvent sembler loin de l’urbanisme, mais elles montrent que pour le petit commerce urbain, qui apporte une vie aux villes, les choses ne vont pas bien…

Biblio (114) La formation des structures spatiales urbaines : marchés et projets

Biblio-114-the formation of urban spatial structures

Ce travail d’Alain Bertaud analyse les liens entre projet (c’est un architecte urbaniste) et marché, en apportant des réponses a de questions comme pourquoi il n’est pas désirable d’avoir des rues privées ou que certaines choses soient publiques. En prenant des exemples qui vont de Hartford, Connecticut, a la Chine, il analyse les liens entre économie et urbanisme. Intéressant, et souvent ouvert au débat.

Biblio (113) Hausse et chute des densités a Manhattan

biblio 113- Manhattan densities

Ce document de travail par Shlomo Angel et Patrick Lamson- Hall, chercheurs au Marron Institute de l’Université de New York, étudie l’évolution des densités de population dans les zones édifiées de Manhattan depuis 1800 jusqu’à 2010. Les sources sont des données des recensements pour la population et des cartes, ce qui leur permet de conclure que les temps sont favorables pour un programme de densification urbaine permettant de loger un plus grand nombre de personnes partant d’actions depuis le niveau de base, sans avoir recours a des grandes actions financées par le secteur public. La proposition serait essentiellement une modification des dispositions zonales du Plan d’Urbanisme, permettant des densités plus hautes dans les arrondissements périphériques, comme ce fut fait dans le temps a Manhattan. Ce qui ne serait pas si étrange la ou j’habite, avec une habitude plus courante d’habitation verticale, mais implique une évolution culturelle au pays des pavillons. Malgré le voisinage avec les gratte-ciels, les logements en hauteur ont d’autres implications culturelles, en partie car ils représentent la perte des libertés d’être le roi de sa propre parcelle.

Il faut remarquer qu’il y a deux vidéos intéressantes qui représentent ces données qui ont permis d’atteindre ces conclusions.

https://www.youtube.com/watch?v=9Snw3Huxm5U

https://www.youtube.com/watch?v=AGXJTwkc0CA

Biblio (112) World Urbanization Prospects

biblio112-world urbanization prospect

Les Nations Unies publient tous les deux ans une étude sur le dégrée d’urbanisation de la planète qui comprend aussi bien le partage entre populations urbaines et rurales que l’évolution des tailles des villes par rangs.

L’édition actuelle de l’étude quantifie la tendance déjà vérifiée depuis des années a une forte croissance des mégalopoles du sud global, mais confirme aussi que les villes de moins de 500.000 habitants sont toujours importantes, avec a peu près la moitié de la population urbaine actuelle, et environ 45% de celle de 2030.

Biblio (111) Une histoire visuelle du futur

Biblio 111- A visual history of the future

Foresight, l’organisme du gouvernement britannique qui assume la recherche de base a long terme qui permet d’orienter les politiques publiques, a entrepris un programme sur l’avenir des villes. C’est dans le cadre de ce programme qu’il faut inscrire un volume relatif a l’évolution pendant plus d’un siècle des images sur l’avenir des villes, partant de sources diverses qui intègrent aussi bien le monde de l’urbanisme que le cinéma. Bien évidement, Orange Mécanique n’est pas un ouvrage d’urbanisme, mais il y a un message sur l’utilisation de l’espace urbain…

Une compilation intéressante d’images, qui illustrent l’évolution de la vision de l’avenir la ville, essentiellement occidentale (a ces effets le Japon y est, figure 38 sur le document), allant des hippies (figure 42) a l’académique (figure 56), et de l’art (figure 51) au désespoir (figure 39).

foresight-urban futures- image 51

Voici une vision qui me rappelle fortement la montagne des « Rencontres du troisième type », qui viendrait en quelque sorte a Berlin. Certes, les chances d’aboutissement de cette idée sont de minces a nulles, mais l’image est bien forte.

Biblio (109) Infrastructures vertes

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Le concept d’infrastructure verte est un produit complexe des visions ecologiques, et un assez interesant. Le concept traditionnel d’infrastructure (« infrastructure grise », dans le nouveau jargon) est celui de toute sorte de bidule qui permet de mobiliser les lois de la physique ou toute autre science pour adapter les conditions environnementales a nos besoins en tant qu’espece; on utilise normalement des elements actives demandant des importants investissements en ressources naturelles et des formes de maintenance. L’infrastructure verte se presente comme une approche ou l’intervention humaine est moins visible, avec une volonté d’obtenir des bons niveaux de performance en termes de services environnementaux (bien sur, d’un point de vue ethnocentrique) travaillant d’une façon plus symbiothique avec les ecosystemes. Comprendre le fonctionnement de la nature aide permet une plus grande sobrieté et moins de pollution et degats environnementaux (ce n’est pas que les anciens ingenieurs etaient des brutes, mais ils travaillaient suivant un paradigme different). Le livre de l’Agence Européene de l’Environnement explique en detail la question. 

Biblio (108) Journal of Urban Cultural Studies

Que peut apporter une nouvelle revue scientifique sur des matières urbaines de nos jours ? Seulement le temps pourra le dire, mais en tout cas il semble positif d’avoir des nouveaux systèmes de diffusion et de réflexion. Les études de culture urbaine apparaissent comme une vision du dialogue entre art et société, avec un large éventail de disciplines liées allant de l’architecture aux jeux vidéo. Pour certains, ce serait la typique réflexion développée dans une université américaine qui, malgré avoir pris comme guide un « saint marxiste » (Henri Lefebvre) ne serait, en fin de comptes, qu’un produit de plus de la société de consommation, un produit de niche. C’est-à-dire, une université d’un certain prestige se doit de proposer toute sorte de produits, comme un bouquet numérique vous propose aussi bien « secret story » que « Mad Men ».

Une telle vision me parait, pourtant, peu juste et assez réductionniste. En reprenant le précèdent « biblio » sur le besoin de faire évoluer l’urbanisme en partant d’une conscience claire de la part des praticiens sur ce qui va au delà des chiffres de opérations d’aménagement en prenant conscience de la société sous-jacente, cette initiative semble intéressante. En suivant le blog de son directeur, Benjamin Fraser, on peut voir qu’il y a quelque chose ici. En plus, pas d’excuse possible pour aller jeter un coup d’œil : le numéro 1 est en consultation gratuite sur internet (ça, c’est comprendre la culture du moment…).

Biblio (107) Pourquoi il nous faut un urbanisme“cool” (d’après The Guardian)

Biblio 107

Voici un article publié le 10 novembre sur The Guardian, écrit par Tom Campbell, auteur d’un récent roman, « The Planner », sur l’histoire d’un jeune urbaniste a Londres (décidément, de nos jours les gens écrivent sur n’importe quoi…).

L’auteur décrit dans l’article, dans le contexte anglais, un écœurant divorce entre des étudiants d’architecture soumis a la critique par leur imagination débridé et farfelue et des étudiants en urbanisme qui suivent des programmes absurdement coincés sur un cadre de régulation, sans une vision plus large des implications de leur travail pour la société.  La vision diffusée par le gouvernement britannique de l’urbanisme comme une limitation pénible a la croissance économique n’aide pas. Deux initiatives qui tentent de briser ces dynamiques sont présentées : «Building Rights » et « Novus ».

Bien sur, il parle du Royaume Uni. Cette triste situation n’est le cas nulle part ailleurs…