arbres

Calculs simples (4) Une heure, six mois, bouffe et bagnoles

coches+arboles

J’ai entendu parfois aux filles dire que les viennoiseries sont “une minute dans la bouche et toute la vie sur les hanches”. Avec le CO2 c’est un peu la même chose, mais dans les sens contraire.
Il y a quelques années on a fait une étude pour le Gouvernement Basque sur les mutations climatiques et l’urbanisme dans lequel un calcul rapide nous montrait que dans le contexte climatique actuel du Pays Basque une voiture hybride circulant a 110 km/h émettait une quantité de CO2 équivalente a celle absorbée par un Hêtre commun pendant six mois. Ce calcul rapide était en vérité appuyé sur un large ensemble de documents, y compris des études sur le rythme de croissance des arbres sur les sols basques, tenant compte des essences et autres questions. Sur l’ensemble du Pays Basque (a la fois un territoire assez boisé et assez riche dans le contexte espagnol) les forets avaient une capacité d’absorption de 2,9 tonnes de CO2 par an, tandis que les émissions régionales totales étaient autour de 20 millions.
Les calculs rapides doivent être pris avec caution en ce qui concerne les mutations climatiques. Faisant une synthèse rapide, les arbres absorbent le CO2 pour grandir, et le consacrent a la production de masse de bois, le transférant aussi au sol. Le métabolisme de la plante est important pour le rythme d’absorption, et ainsi une même essence donnera des résultats très différents a Paris, a Madrid ou a Dakar, car climat et sols y sont pour quelque chose…. C’est-à-dire, acheter une bagnole tout content parce que l’on se fait dire que l’on plantera un arbre qui absorbera ses émissions es plutôt faux, sauf si vous ne conduisez que quelques minutes par an, ce qui semble peu probable compte tenu du cout des voitures… donc, nous voilà pas très loin des arguments de la pub pour des biscuits…

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Cartes 2014 (12) Global Forest Watch

global forest watch

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, ESRI, Google et une série de groupes pour l’environnement viennent de lancer Global Forest Watch, un site web qui tente de montrer en temps réel la déforestation et reforestation dans le monde. C’est une première, avec quelques problèmes qui surement seront résolues avec le temps : par exemple, une plantation industrielle de palmiers (pour un écologiste, comparable comme investissement spéculatif a un terrain de golf) ne se distingue pas d’une foret pleine de biodiversité. Mais en tout cas, un outil intéressant.

La plaine de Konsen

Il est courant en géographie de parler du concept de trame rurale. Des penseurs comme Ian Mc Harg ont introduit l’idée d’une analyse du territoire par couches. Tout ceci est visible, souvent, pour un œil averti ; a l’est du Hokkaido, sur la plaine de Konsen, en face de la baie de Nemuro, ces concepts sont clairs pour qui aura accès a google maps.

Les trames rurales de l’Est du Hokkaido, protégées comme patrimoine de l’ile, sont un exemple curieux d’une idée certainement environnementale, qui semble avoir bien marché avec le temps, mais qui probablement est plutôt imperceptible pour un visiteur qui ne connait pas l’image aérienne. La zone est dans l’extrême nord du Japon, balayée par des vents très froids, ce qui a mené a planter les arbres en grille pour protéger les cultures et les fermes d’élevage de la plaine. Il y des trames réticulaires ailleurs (la trame jeffersonienne aux Etats-Unis, la centuriatio romaine en Italie et autres pays), mais l’introduction  ici des arbres dans des corridors de plus ou moins 100 m de large est vraiment intéressante, surtout quand le réseau se connecte aux forets des berges fluviales, ou se superpose aux routes ou autres éléments linéaires. Il y a des sections ou la trame es plus fine, ou avec des directions différentes. Ce n’est pas comme les grandes voies plantées des anciennes routes européennes, car les routes seulement croisent ces forets réticulaires, mais ne sont pas dans leur centre. Ce sont presque des pare-feux, mais à l’ envers.

La rua Gonçalo de Carvalho a Porto Alegre

Une pure découverte internet, car je n’ai jamais visité Porto Alegre (ni d’ailleurs nulle part du Brésil). Voici une rue plutôt locale, mais qui a des arbres formidables (Tipuana tipu, aussi connu comme palo rosa) et un espace intéressant, avec une chaussée en pavés et un pavage en pierre irrégulière sur les trottoirs qui parait agréable, au moins vu depuis la bagnole de Google Street View…

D’apres le blog poavive, ces arbres ont été plantés et maintenus par les voisins, et la rue est maintenant protégé legalement.

Rue Conde de Cartagena,  a Madrid. Des platanes, mais aussi une belle cannopée. Moins de pierre dans les surfaces

Rue Conde de Cartagena, a Madrid. Des platanes, mais aussi une belle cannopée. Moins de pierre dans les surfaces

Ce qui  me surprend le plus, vu de l’Espagne, est que la plantation et entretien de ces arbres dans la rue soit assumé par les voisins. Dans pas mal de pays c’est une affaire municipale. Il y a d’autres rues a Porto Alegre, regardant google maps, qui ont aussi des beaux arbres, comme la rua Marqués de Pombal (un peu moins épais, certes), je ne sais pas si aussi grâce aux voisins. Même ici a Madrid, une ville nettement moins tropicale, il y a des rues avec des arbres formidables, quoique moins exubérants, et la Mairie y est pour quelque chose. Je reconnais aussi que parfois le rôle des voisins, très important, est d’empêcher la coupe des arbres. Après la lecture de l’article sur  le blog amics arbres- arbres amics, il parait que dans le cas de Porto Alegre il y avait aussi cette situation.

Vert (4) Bon et mauvais

Eucaliptus
Toutes le professions ont leurs obsessions: les coutouriers ne peuvent supporter la vue de certains vetements, et pour les ecrivains certains livres seraient a bannir a perpetuite ( les architectes sont une categorie toute speciale, capables d’admirer ce peu de gens aiment et d hair ce que presque tout le monde voudrait voir partout, nous sommes des droles d’oiseaux…).
Les experts en environnement sont prets a embraser les arbres… Mais pas n’importe lesquels. Dans le nord de l’Espagne l’eucaliptus (image superieure, plage de Santa Cristina, Oleiros) et autres essences a croissance rapide sont montres du doigt por leur impact sur les arbres autochtones, leur demande en eau et la configuration d’espaces avec une moindre biodiversite.
Mais voila que la question du rechauffement climatique se pose. La teneur en carbone du bois est a peu pres semblable par unite de poids pour toutes les essences, ce qui implique que celles qui ont une croissance rapide absorbent plus efficacement les gaz a effet de serre. Ce potentiel ne se concretise qu’a condition d’avoir une gestion durable des forets (les feux de forets ou une mauvaise gestion des sols peuvent liberer le carbone absorbe) et des produits forestiers.
Donc, c’est vraiment une question ecologique, ce qui revient aux systemes complexes, ou un seul facteur n’est pas le seul a considerer. En tout cas, quand je passe sous ces arbres parfois je comprends ces gens qui aiment des batiments que je deteste.