agriculture

Urbanisme et nourriture (8) Lanzarote

L’ile de Lanzarote est un territoire volcanique sur l’ocean Atlantique. Une serie d’eruptions au XVIIIeme siecle a detruit des paysages agricoles importants. Les habitants de l’ile ont su developper des cultures viables sous des telles conditions (vent fort, terre aride, presque pas d’eau). Aujourd’hui ces productions ont parfois gagné des prix de qualité (pour le vin, par exemple), mais la production alimentaire ne suffit pas aux populations locales et aux nombreux touristes, et donc l’ile importe du petrole pour ses usines de desalation d’eau de mer (des energies renouvelables devraient prendre le relais) et de la nourriture.

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Urbanisme et nourriture (7) La Aldea de San Nicolás

Comida- San Nicolas1

La Aldea de San Nicolas est une municipalité de 8.626 habitants sur la côte ouest de l’Ile de Gran Canaria. Elle est entourée d’espaces protegés a cause de son paysage aride et volcanique. Il y a 2.300 hectares de culture sans irrigation, avec 111 unités agricoles, et 381 hectares de cultures irriguées, avec 230 unités agricoles. Etant donnée que l’eau est rar sur l’ile, elle provient du dessalement de l’eau de mer, et une partie importante des cultures irriguées sont sous des serres en plastique. Comme d’habitude, les serres sont installées ou retirées en fonction des expectatives de benefice des agriculteurs, et sont des marques visibles sur le paysage, en une alternance pelle-melle avec la trame agraire traditionelle et les hameaux traditionels. Comida- San Nicolas2

Urbanisme et nourriture (6) Madrid, les pommes de terre et le Retiro

Le parc du Retiro du centre de Madrid, substitué par des terrains de culture de la region a la même echelle

Le parc du Retiro du centre de Madrid, substitué par des terrains de culture de la region a la même echelle

Après voir plusieurs approches a la question sur des villes diverses, un regard vers Madrid. La consultation des données de l’Institut de Statistique de la Région et des données sur cinq cultures importantes pour la diète courants en ville (blé, mais, pommes de terre, raisins et olives), il est clair que ces derniers 25 ans la surface de culture s’est vue réduite de façon importante, sauf pour les oliviers. Les productions ont aussi descendu en plusieurs cas, mais d’une façon plus erratique (l’agriculture etant une activité economique, les agriculteurs semment suivant leurs perspectives de benefice). Les rendements en tonne par hectare montent en général.

Evolution en 25 ans des rendements agricoles par hectare dans la region de Madrid

Evolution en 25 ans des rendements agricoles par hectare dans la region de Madrid

En tout, sur un hectare, et prenant la moyenne des 25 derniers ans, il est possible de produire :

  • 2,24 Tm de blé ou
  • 9,75 Tm de maïs ou
  • 25,08 Tm de pommes de terre ou
  • 2,56 Tm de raisins ou
  • 0,50 Tm d’olives

Le parc du Retiro, au centre de Madrid, mesure un peu plus de 100 hectares ; pour arrondir ce chiffre sera considéré. Si le Retiro était utilisé intégralement pour des cultures (ce n’est qu’une hypothèse, pas du tout une proposition…), chacun des 1.075.000 habitants du centre de Madrid (emprise du Proyecto Madrid Centro) pourrait manger, a chaque récolte :

  • 208 grammes de blé ou
  • 907 grammes de maïs ou
  • 2,33 kg de pommes de terre ou
  • 230 grammes de raisins ou
  • 46 grammes d’olives

S’il est vrai que certaines expériences montrent la possibilité de plus hauts rendements dans les potagers urbains que dans les cultures courantes, il n’est pas certain que les sols du Retiro soient aussi bons pour la culture…

Formulé autrement, pour chaque m2 de cultures urbaines, avec ces mêmes chiffres, a Madrid l’on obtiendrait :

  • 224 grammes de blé ou
  • 975 grammes de maïs ou
  • 2,5 kg de pommes de terre ou
  • 256 grammes de raisins ou
  • 50 grammes d’olives

Ceci ne veut pas dire pour autant que l’agriculture urbaine soit insensée a Madrid, mais qu’il faut bien cerner ses capacités réelles de production et que ses fonctions vont bien au delà de la production alimentaire, pour toucher aussi aux questions sociales et environnementales.

Urbanisme et nourriture (5) Buenos Aires

Distribution de l'agriculture des familles et autres dans l'agglomeration de Buenos Aires

Distribution de l’agriculture des familles et autres dans l’agglomeration de Buenos Aires

L’article Agricultura familiar periurbana y ordenamiento territorial en el Área Metropolitana de Buenos Aires. Un análisis diacrónico, publié sur la revue Geografía y sistemas de información geográfica (GEOSIG) de l’Universidad Nacional de Luján, analyse l’evolution de l’agriculture dans le periurbain de la capitale argentine.

Les dernieres decennies one eté marquées par une population metropolitaine croissant, et une progressive reduction de la part des petits exploitants agricoles, au benefice des grands exploitants. Les auteurs trouvent les raisons de ces mutations aussi bien dans les politiques economiques d’etat que dans une legislation d’urbanisme qui est axée sur la regulation des tissus urbains (et, fait curieux, sur les lotissements fermés entre toutes les thematiques possibles) mais n’a pas etabli une vision integrale du territoire prenant compte de l’ensemble de ses valeurs, entre autres la productivité agricole.

Urbanisme et nourriture (4) Paris

D’apres la Note Rapide 605- Quelles perspectives d’évolution pour le marché de Rungis? publiée par l’Institut d’Urbanisme et d’Amenagement de la Règion Ile-de-France, le marché d’interêt national de Rungis est le plus important marché de gros de produits frais au monde. Ceci implique une place de choix dans le systeme alimentaire qui soutient une population qui va vers les 12 millions d’habitants sur l’ensemble de la règion. Apelé a substituer les anciennes halles de Paris en 1962 et les abatoirs de La Villete en 1973, il occupe 230 hectares, avec 12.000 salariés de 1.200 entreprises. Le chifre d’affaires provient a hauteur de 87% des produits alimentaires. 56% des arrivages correspondent aux fruits et legumes, 21% aux produits carnés, 12% aux produits de la mer et 12% aux laitiers et traitieurs.

Par ce marché passent 40% des fruits et legumes consommées en Ile de France, 30% des produits de mer, 20% des carnés et 10% des fromages. Il pese pour 80% dans l’approvisionnement du commerce de detail independant, pour 35% pour les restaurants, mais il n’est qu’un complement pour les grandes surfaces.

La concurrence est representé par les cash and carry, specialement le groupe Metro, et des grossistes independants.

D’aprés la Note Rapide 535- Nourrir 12 millions de franciliens: un defi au quotidien, egalement publiée par l’IAU-IDF, ce marché d’interet national se place au centre d’un systeme alimentaire regional marqué par une capacité de production agraire importante au niveau national, mais qui dans l’ensemble importe la plupart de sa consommation. Ce systeme alimentaire est axé essentiellement sur l’aval (le commerce alimentaire de detail represente 80% des emplois et etablissements, contre a peine 9.000 etablissements agricoles et agroalimentaires). Une certaine partie de la production alimentaire est transformée sur d’autres regions. Pour la farine, par exemple, le volume produit en Ile-de-France est a peu pres equivalent a la consommation, mais les echanges sont deficitaires du fait du traffic commercial.

La concurrence entre agriculture et autres destinations du sol est aussi presente en Ile-de-France, ou 45% des exploitations ont disparú en vingt ans.  Le developpement des filieres franciliennes adaptées aux defis des evolutions climatiques est un besoin.

Urbanisme et nourriture (3) San Francisco

 

L’etude Think globally- eat locally- San Francisco Foodsed Asssessment commence par une question: est-ce que la ville de San Francisco (partie de l’aire metropolitaine de Bay Area) pourrait manger seulement avec la nourriture produite dans un cercle de 100 miles autour du Golden Gate?. La production identifiée dans ce cercle est de 20 millions de tonnes anuelles, en comparaison avec les 935.000 tonnes consommées anuellement dans la ville et les 5,9 dans l’aire metropolitaine. Sauf pour les eaux, agrumes, ble, mais, porc et pommes de terre, la production dans ce rayon de 100 miles serait sufisante pour la demande actuelle, sans tenir compte de la saisonalité.

 

Mais il est impossible de connaitre aujourd’hui quelle proportion de la consomation locale vient de cercle evoqué. Les zones irriguées dans ce cercle sont a peine 18% des terres agricoles, mais elles produisent 3/4 de la valeur agricole comercialisée; elles sont menacés par la croissance urbaine, a un ritme de quelques 25 habitants par hectare. La traçabilité alimentaire devrait etre encouragée, car elle pourrait aider a mieux proteger les terres de culture.

Urbanisme et nourriture (2) New York

Cet article s’appuie sur deux sources:

Infrastructure > Health, Modeling production, processing and distribution infrastructure for a resilient regional food system. C’est une etude de l’Urban Design Lab, a l’Earth Institute (Université de Columbia), developpée avec une aide du Rockefeller Brothers Fund. Le resutat, le New York Regional Foodshed Project (Projet Regional du bassin alimentaire de New York) est en coherence avec le National Integrated Regional Foodshed Project (Projet National de Bassins Alimentaires Integrés).

  • Le projet constate le haut taux d’obesité des enfants et des adultes, et son haut cout social pour le pays, comprenant l’obesité comme un probleme d’infrastructure, qui joue sur le cout de la nourriture, avec des consequences sur l’environnement et la santé.
  • L’hypothese de que l’amelioration des infrastructures et la prise de conscience des citoyens permet un meilleur access a une nouriture de qualité est prise. L’etude prend des travaux a l’echelle nationale la vision des productions agro-alimentaires sur un rayon de 200 miles (quelques 300 km) autour des grandes aires metropolitaines.
  • Le groupage des productions agroalimentaires par comté est analysée sur l’etat de New York (seulement une partie du bassin alimentaire de la ville), avec une etude des productions de veau, pommes et cidre, des localisations des abattoirs et des temps d’accesibilité. La localisation optimale des nouveaux abatoirs et centres de groupage alimentaire est estudiée.
  • Le systeme de distribution alimentaire par le commerce a New York est aussi etudié.

Production de fruits et legumes, cereales, produits laitiers et viande autour de New York

The Potential for Urban Agriculture in New York City. Growing Capacity, Food Security, & Green Infrastructure est une etude de l’Urban Design Lab a l’Earth Institute (Université de Columbia), developpée avec une aide du New York State Energy Research and Development Authority et la Doris Duke Charitable Foundation.

  • Les buts de l’etude sont:
    • Quantifier la capacité de la ville de New York pour la production agroalimentaire urbaine, tenant compte du foncier disponible et des cultures viables
    • Estimer les benefices potentiels de l’agriculture urbaine, dans une analyse globale des couts et benefices. L’etude considere:
      • Impact de l’agriculture urbaine sur la securité alimentaire.
      • Implications des usages agricoles sur la gestion des eaux de ruisellement et gestion durable des egouts.
      • Impact sur les bilans energetiques et la mitigation de l’effet d’ile de chaleur urbaine.
      • Implications pour la reduction des dechets urbains
  • Les resultats de l’etude montrent que:
    • L’agriculture urbaine peut jouer un role important comme infrastructure urbaine productive, reduissant la consomation energetique, gerant les eaux de ruisellement et par la conservation des sols.
    • L’agriculture urbaine fait une ville socialement plus durable, transformant des friches urbaines qui permetent plus de relations entre les voisins.
    • Il y a un potentiel de 5.000 acres, ou quelques 20 km2 (sis fois Central Park) dans lesquels seriat possible l’agriculture urbaine. Des plus grandes capacité serait a identifier avec un cadastre meilleur.
    • La production bio intensive peut apporter des rendements plus elevés que les techniques traditionelles.
    • Nourrir l’ensemble de la ville avec l’agriculture urbaine n’est pas possible, mais des ameliorations sensibles sont possibles dans certains quartiers.
    • Des analyses cout-benefice plus precis sont necesaires.
    • Les terrasses en toiture des immeubles sont une grande opportunité.
    • La bureaucratie est un obstacle.
    • L’infrastructure urbaine peut desservir l’expansion agricole.
    • Les cultivateurs urbains peuvent s’en sortir avec une combinaison de revenus qui viennent de la vente aux particuliers et aux restaurants, des services de compostage et des services educatifs.
    • L’agriculture urbaine s’inscrit dans une approche horticole plus large au vert urbain, qui depasse la simple production alimentaire
    • L’agriculture urbaine contribue a un systeme alimentaire local durable.

Biblio (18). Urbanisme et nourriture, ou l’idée de bassin alimentaire

Etude sur la production alimentaire dans l’etat de New York

Noel aproche, et il parait logique de se pencher quelques instants sur les trois éléments qui font le plus bouger les sociétés urbaines (occidentales) pendant ces dates : nourriture, commerce et voyages ; les deux premiers pour des raisons évidentes, et le troisième parce que soit les familles se rejoignent, soit les gens fuissent ces réunions a la recherche de quelques jours dans un endroit réputé meilleur. Le fait qu’a l’origine ces fêtes avaient une raison religieuses n’a plus grande chose a voir avec la réalité d’aujourd’hui dans une grande partie du monde occidental, et mon attention sur le sujet sera tangentielle.

Ce premier article de la saison concerne la nourriture, et d’une façon plus spécifique une tendance émergente en matière d’urbanisme durable : la relation entre agriculture et villes.

Deux approches peuvent être abordées. La première concerne la possibilité d’utiliser les espaces urbains pour la production alimentaire. Les gravures historiques montrent que les cours des ilots avaient des potagers, et certaines toponymies illustrent sur un passe agricole. La recherche d’une alimentation plus locales (produite a x km du point de consommation pour réduire les impacts dérivés du transport) et une plus grande conscience environnementale semblent les buts principaux d’un mouvement qui mène a transformer des terrains en friche et des halles en zones de culture.

Même si la densité des villes actuelles est variable, il semble pertinent de rappeler que l’autarchie en la matière n’est pas a poser dans les mêmes termes que dans d’autres domaines comme l’énergie, ou les marges d’efficacité semblent bien plus grands ; si les villes assiégées ont tombé historiquement par la faim, c’est parce qu’il est difficile d’avoir assez de surface de culture. Néanmoins, il y a une chance pour des productions concrètes, tant que l’impact des cultures urbaines reste plus réduit que celui du transport (ça n’aurait pas beaucoup de sens de réduire le carbone des camions en asséchant des puits lointains pour apporter de l’eau a la ville). Le cout foncier lui-même peut conditionner ces formes d’agriculture par rapport a d’autres usages, sauf si l’urbanisme réserve des espaces.

La deuxième voie d’approximation est la prise en considération, toujours depuis le point de vue de la préférence pour une alimentation aussi locale que possible, des dynamiques d’occupation urbaine des sols d’intérêt pour l’agriculture. Dans les agglomérations urbaines dynamiques souvent il y a une concurrence pour le foncier ou les usages plus rentables déplacent ceux qui le sont moins, y compris l’agriculture. Plusieurs projets de villes américaines sont inscrits dans cette démarche, et l’ Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de l’Ile de France a convoqué pour les 6 et 7 décembre le colloque international « Hungry City », sur la matière plus large de la gouvernance alimentaire.

Le concept de bassin alimentaire (foodshed en anglais, terme defini par  Walter Page Hedden en 1929 dans « How great cities are fed« ) est proche de celui de bassin hidrographique, ou encore mieux de celui de bassin d’emploi; il implique l’etude du territoire necesaire pour alimenter la ville. Les projets tentent d’estimer le rayon en km necesaire autour de la ville.

Le concept de souveraineté alimentaire est different, dans la mesure ou il n’est pas associé aux aires metropolitaines mais plutot a des concepts plus politiques. Les deux concepts peuvent etre retrouvés sur la literature specifique.

Quelques references qui seront developpées dans des articles futurs:

The New York Regional Foodshed Project

San Francisco Foodshed Assessment