Mois: novembre 2014

Chaussures

zapatos

Hier soir j’ai vu la fin du film « Tracks » (2013), qui raconte l’histoire du voyage de 2.700 km entrepris en 1977 par Robyn Davidson d’Alice Springs a l’Océan Indien, en Australie. L’histoire décrit comment l’adolescente se prépare pour le voyage en solitaire, accompagnée par quatre chameaux et une chienne, et comment le parcours du désert est vécu ; il y a certains parallèles avec les histoires de naufrages, comme « La vie de Pi », et en termes visuels le film est un régal.

Ce qui m’a intéressé est un détail. En raison du déroulement de l’histoire il y a plusieurs adieux. Mais les plus importantes ne sont pas quand quelqu’un monte dans un véhicule pour partir, mais plutôt s’éloigne en marchant normalement. Quelques minutes plus tard j’ai vu quelques minutes de «Jane Eyre» (version récente, même comédienne). Et encore une fois la même situation ; le personnage se voit seul sous la pluie au milieu d’une lande anglaise, simplement a pied. Tout comme quand dans la Bible sont décrits les déplacements a pied entre les villages. Il y a quelques jours j’ai aussi vu une partie d’un film polonais récent, « La Glanure » (2012) ; l’histoire est terrible (un pogrom en 1941 vu en 2001), mais l’intéressant dans ce contexte est que les deux frères agriculteurs (dont un fraichement débarqué d’un vol de Chicago, ou il habite)  se déplacent a pied la plupart du temps, parfois des grandes distances.

D’un point de vue « simple », ces histoires ne seraient pas possibles aux Etats-Unis, terre de la bagnole par excellence, avec des villes sans trottoirs (je dis simple car en realité la situation est probablement plus complexe partout)… mais il y a davantage a dire en rapport avec les chaussures…

Des Prix (5) Gare centrale de Salzbourg

The station, as described graphically by the architects

La gare, description graphique par les architectes

La gare centrale de Salzbourg, que j’ai visité cet été, est en train de subir de travaux de mise au jour suivant le projet de Kadawittfeldarchitektur, une agence allemande qui a gagné le concours en 2009. Le projet fut lauréat de la 45eme édition du Staatpreis Design d’Autriche dans la catégorie de conception architecturale et urbaine (décerné par le Ministère Fédéral de l’Economie, la Famille et la Jeunesse a ÖBB, les chemins de fer nationaux, en tant que maitre d’ouvrage), et le Prix Européen de l’Acier en 2012.

La gare était configurée comme terminus (les trains devaient repartir en marche arrière) jusque en 2010, ou l’on créa des voies continues qui, avec 4 quais en plus, ont permis d’améliorer la capacité.

Vue depuis le bout des quais

Vue depuis le bout des quais

Detail: la verriere historique au fond, et l'extension devant

Detail: la verriere historique au fond, et l’extension devant

L’usage de l’acier avec des structures a éléments porteurs en Y assez séparés n’est pas nécessairement une solution économique, mais le résultat est intéressant ; il est toujours difficile de décider le juste prix pour une chose que l’on verra tous les jours, et dont on peut finir par en avoir ras-le-bol. Sous le niveau des voies le passage transversal a la gare, qui relie deux quartiers, est simple mais bien éclairé, en grande partie en raison des généreuses ouvertures pour les escaliers vers les quais. On ne peut pas le voir sur mes photos, mais je me rappelle d’avoir vu certains détails intéressants dans la façon d’adapter le passage aux différences de niveau entre les deux bouts.

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Biblio (104) Le livre du Prix National d’Urbanisme du Chili

Premio Nacional de Urbanismo Chile

Je sais bien qu’il n’y a que quelques jours j’ai parlé du même sujet ; ici il s’agit d’une monographie sur les personnalités qui ont été lauréates dans les éditions successives. Comme j’ai déjà dit, le prix a eu une irrégularité claire dans son calendrier. Un prix décerné pour la première fois au Chili en 1971 et dont la deuxième édition a lieu en 1996 est comme un prix qui en Grande Bretagne serait décerné pour la première fois en 1978 sans suite jusqu’en 1998 ; le débat des idées se transpose parfois au paysage politique de telle sorte que certains sujets perdent leur intérêt pendant un temps.

Je n’ai aucune raison pour me douter de l’intérêt des œuvres de chaque lauréat pour le Chili, mais c’est intéressant de voir ce que l’on met en valeur : dans le premier cas un projet de logement social, dans le deuxième une trajectoire de planification métropolitaine et d’infrastructures, et dans les suivants des trajectoires qui intègrent de plus en plus développement durable et participation publique.

Cartes 2014 (39) Les batiments des Pays- Bas

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La Waag Sociey, un institut des arts, des sciences et des technologies aux Pays Bas, a développé avec le designer et ingénieur en software Bert Spaan une carte de tous les bâtiments du pays. La carte représente l’âge des bâtiments avec un code en couleurs et apporte certaines données de base sur chaque élément.

Des Prix (4) Prix National d’Urbanisme du Chili

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En 1971 le Ministère du Logement et de l’Urbanisme du Chili a établi le Prix National d’Urbanisme ; en 1996 le Colegio de Arquitectos (Ordre des Architectes) intègre l’organisation du prix. Le prix doit récompenser des architectes et autres professionnels ayant fait preuve de son excellence, créativité et contribution importante a la qualité de vie dans les villes du pays.

Jusque a présent il n’y a pas eu une échéance régulière, ayant été décerné six fois depuis 1971. Le lauréat de la dernière édition (2014) est Sergio Baereswyl Rada, architecte qui a travaille spécialement dans la région du Bio Bio. Fonctionnaire de la municipalité de Concepción (224.000 habitants), il a rédigé son Plan Régulateur, qui a impliqué une procédure de participation publique novatrice dans la ville et une organisation en corridors urbains, avec protection du paysage et des systèmes naturels. Il a travaillé récemment dans la reconstruction de la bande côtière de Bio Bio après le tremblement de terre et le raz de marée de 2010.

Au-delà du prix a la personne, que je suppose bien mérite, je m’intéresse aux plans. Je n’ai jamais visité le Chili, donc les observations qui suivent résultent de l’analyse de sources secondaires. Dans le cas du Plan Régulateur de Concepcion, d’après le règlement disponible sur le site web de la municipalité (avec des modifications jusque septembre 2009), sont établis des périmètres de zones sensibles aux risques naturels et anthropiques ; sur ces aires on exige aux projets une étude de risques, mais il n’y a pas d’interdiction formelle de construire. Ceci peut sembler étrange, mais ce n’est pas si rare, car parfois les endroits surs ne sont pas si accessibles ; on peut penser aux risques posés par les anciennes carrières a Paris, ou la localisation inondable d’une grande partie des villes anglaises. Malgré tout, en Europe on évolue vers l’interdiction des expansions urbaines sur des terrains a risque, au moins ou c’est possible, car les Pays Bas sont un exemple de cas spécial.

Les plans pour les villages côtiers, préparés après le tsunami, comprennent des périmètres d’interdiction d’usage de logement et d’équipements. Ce qui semble une bonne mesure.