Mois: mars 2013

Logement (3) Réhabilitation durable aux Etats Unis

Le promoteur Philip Beere, de Phoenix, a spécialisée son entreprise Gstreet (www.gstreetinc.com) dans la réhabilitation de logements en mauvais état (ou vides a cause des évictions qui résultent de la crise hypothécaire) qui sont a proximité des lignes des transports en commun ; mettant a l’œuvre les normes du National Green Building Standard on obtient des logements avec des hautes prestations énergétiques qui sont demandées par le marché local. L’entreprise est en expansion sur d’autres marchés des Etats-Unis avec le programme G Home, qui intègre aussi des travaux faits par des tiers qui sont regroupées pour la commercialisation.

La certification énergétique du logement est un élément central du programme, mais il y aussi un travail sur la qualité de l’air intérieur, une question de plus en plus importante avec certains matériaux de construction.

Logement (2) Logement progressif au Chili

Projet de l'agence chiliene Elemental. Partie superieure, les logements tels que livrés aux habitants (chaque "L" comprend un logement en horizontal et  un logement de deux etages sur la partie superieure). L'image inferieure montre l'evolution un peu plus tard.

Projet de l’agence chiliene Elemental. Partie superieure, les logements tels que livrés aux habitants (chaque « L » comprend un logement en horizontal et un logement de deux etages sur la partie superieure). L’image inferieure montre l’evolution un peu plus tard.

Jusque a l’arrivée du XXème siècle et la parution des politiques de logement, il était courant de voir les gens construire leurs propres logements, spécialement dans les villages ou les zones de la ville avec des typologies individuelles ; le logement était étendu avec le temps et les possibilités de la famille.

Même quand cela est encore possible en certains cas, en Europe le plus commun est de voir le logement comme un produit fini dans lequel on entre comme habitant sans avoir participé a la construction, et sans des grands changements en perspective, et ceci implique aussi le logement social (même si il y a eu jusque a date relativement récente des expériences de logement social en auto construction sur certaines parties de l’Espagne). De fait, les normes et les exigences de qualité font très difficile l’option.

Comment faire une politique de logement dans des pays avec peu de ressources publiques, des populations avec des revenus très bas et un grand besoin ? En Amérique Latine il est courant de voir des programmes de « logement progressif », et notamment le chilien depuis 50 ans. L’administration publique (ou les habitants en certaines modalités) construit une partie restreinte du logement, avec une structure portante et les éléments plus complexes (eau, assainissement, énergie) et après chaque famille étend sa maison suivant ses disponibilités économiques. C’est bien loin de l’idée de contrôle total de l’image urbaine, il y a nombre de déficits a combler, mais ça a permis a nombre de familles d’avoir un chez soi. Les programmes se sont associés dans plusieurs pays aux grandes régularisations foncières.

L’agence Elemental (www.elementalchile.cl ), dirigée par Alejandro Aravena, compte avec des exemples récents très illustratifs.

Logement (1) Maisons Kingo

Projet d'origine. L'etat actuel peut etre vu sur http://maps.google.es/?ll=56.032259,12.579829&spn=0.004748,0.00883&t=h&z=17

Projet d’origine. L’etat actuel peut etre vu sur http://maps.google.es/?ll=56.032259,12.579829&spn=0.004748,0.00883&t=h&z=17

Jorn Utzon est surtout connu par l’Opéra de Sydney, mais il a construit d’autres œuvres très intéressantes, y compris en matière de logement (comme sa maison a Minorque).  Les maisons Kingo, construites en 1958 a Elsinore, Danmark, sont parmi ces œuvres ; aujourd’hui elles portent le nom de romerhusene, il est intéressant de visite la page www.romerhusene.dk. Les 60 maisons se regroupent sans arriver a faire des files monotones, mais comme des grappes de cellules carrées (maison en L fermée par une cour) sur un terrain en pente vers un lac. Les cours s’orientent vers le sud, et l’ensemble montre unité et variété. Utzon aurait décrit l’ensemble comme « des fleurs sur les branches d’un cerisier, chacune tournée vers le soleil ».

kingo-2

Kingo-3

Chaque logement est sur une parcelle de 15×15 m (225 m2). La surface bâtie est de 104 m2. Ce n’est pas du logement social, mais ce n’est pas non plus une mansion de luxe. C’est quelque chose de semblable a ce que représentent aujourd’hui les « clustered developments » proposées par les urbanistes américains pour contrer l’extension sans limites du logement individuel par la libération de grands espaces verts communs, mais avec une qualité architecturale bien meilleure.

Biblio (34) London Housing Supplementary Planning Guidance

Biblio34- London housing planning guidance

 

Jusqu’ici ce blog s’est axée sur le paysage, le patrimoine, l’esthétique, l’agriculture urbaine, et toute sorte de chose… mais peu sur le produit architectural que presque tout le monde utilise tous les jours, qui configure la plupart des tissus urbains (un concept qui peut parfois devenir n’importe quoi a certains endroits), et dont l’impact est le plus haut sur la qualité de vie : le logement. Il parait qu’il était temps de s’y mettre, et donc la suivante série d’articles montrera un ensemble de références a la question sur des lieux et des contextes différents. Ceci veut dire que je souvent ce sont des projets ou des documents qui concernent des zones que je ne connais pas physiquement, et je remercie tout apport de ceux qui connaissent les ouvrages ou les politiques et leurs résultats de premier abord.

La Supplementary Planning Guidance est un supplément au London Plan de 2011 du Maire conservateur Boris Johnson (et une itération du plan de 2004, approuvé sous le Maire travailliste Ken Livingstone). Son but est une approximation qualitative aux prévisions quantitatives de logement du London Plan. Ce n’est pas une norme d’application directe a la construction et rénovation des logements, mais elle est sensée orienter les politiques de la ville en la matière. Le document intègre les apports d’une procédure de participation publique.

Le London Plan estime nécessaire la construction d’au moins 32.200 nouveaux logements chaque année jusqu’en 2021. Il faudrait bâtir des nouveaux logements sur toutes les communes, surtout en recyclage urbain, et recherchant une bonne intégration avec le système de transports en commun. Il n’y a pas une solution standardisée, mais la volonté de s’adapter aux conditions de chaque site, aussi bien en termes de typologie architecturale qu’en formes d’accès au logement.

Le document s’organise autour des points suivants :

  1. Croissance du parc de logements. Une distribution spatiale de la croissance et des buts par type de tissu y sont définis. Optimiser le foncier et le parc de logements préexistants sont des priorités, reliant densité et accessibilité en transports en commun.
  2. Qualité des logements. Le confort et la mise en conformité des nouveaux logements avec les demandes techniques et environnementales se posent en parallèle a la question de la sécurité dans l’espace public.
  3. Choix des logements. Une diversité croissante de formes de vie demande des typologies variées et la possibilité de passer d’une a l’autre.
  4. Logement a prix accessible. L’une des questions les plus polémiques sur tous les plans.
  5. Parc préexistant et besoin d’investissements pour sa mise en conformité.
  6. Infrastructure sociale (santé, éducation, sports)
  7. Mixité urbaine, évitant la conformation de quartiers sans activités. Une question complexe, car les activités tendent a se concentrer avec des logiques différentes de celles du logement. 

Cartes (6) La Table de Peutinger

Tous les chemis menent a Rome...

Tous les chemis menent a Rome…

Les romains avaient un sens pratique indéniable qui les a fait construire un réseau de chaussées. L’une des premières cartes connues du monde est la Table de Peutinger, une copie du moyen âge d’une carte itinéraire romaine. En réalité c’est plus un schéma du réseau qu’une carte au sens ou nous les utilisons : il n’y a pas de tentative de reconstruire la forme géométrique du territoire, et pour « ne pas gaspiller du papier » la Méditerranée est devenue une sorte de long fleuve. Pourtant, la forme de bote de l’Italie est déjà visible, et il est curieux de voir comment on dessine les territoires actuels. La carte originale couvrait du Portugal a l’Inde, mais la première page (péninsule ibérique, partie du Maghreb et iles britanniques) fut perdue et reconstruite en 1898.

Le document est un rouleau de parchemin de 0,34×6,75 mètres, et il n’est pas facile de le montrer sur une seule image. Une image originale du manuscrit peut être vue dans la Biblioteca Augustana (université de Augsburg), sur  http://www.hs-augsburg.de/~harsch/Chronologia/Lspost03/Tabula/tab_manu.html (attention, site en latin), et une image plus claire, qui intègre la reconstruction de la feuille perdue de la péninsule ibérique, peut être consultée sur wikipedia.

La feuille reconstruite de la peninsule iberique et du Maghreb. Gibraltar (colonnes d'Hercules), Lisbonne (Olissipo) ou ma region natale (autour de Brigantia) sont visibles...

La feuille reconstruite de la peninsule iberique et du Maghreb. Gibraltar (colonnes d’Hercules), Lisbonne (Olissipo) ou ma region natale (autour de Brigantia) sont visibles…

Cartes (5) Le vieux Manhattan

L’ile de Manhattan a fait l’objet de plusieurs descriptions. Ici je propose celles qui sont contenues dans le livre « The Iconography of Manhattan Island 1498-1909, de Stokes, Patsits et Wieder, en téléchargement libre sur http://archive.org/details/iconographyofman06stok (attention, c’est un fichier de 73,5 Mo). Il n’y a pas que des cartes, mais aussi une collection d’intérêt de vues historiques sur l’évolution du tissu urbain. Je propose deux images :

NY- concesiones originales

Le plan des concessions originales du foncier et la délimitation des fermes du sud Manhattan, sur ce qui aujourd’hui est Wall Street (pages 132-133 du pdf)

NY 1848

La vue depuis la toiture de Trinity Church en 1848, qui montre une ville encore européenne en ce qui touche aux hauteurs et organisation (pages 218-219 du pdf).

Cartes (4) Suisse

Mont Dolent, la triple frontiere entre la Suisse, la France et l'Italie. En 1938 (a gauche) et aujourd'hui. Les glaciers fondent un peu...

Mont Dolent, la triple frontiere entre la Suisse, la France et l’Italie. En 1938 (a gauche) et aujourd’hui. Les glaciers fondent un peu…

Le service cartographique suisse fête ses 175 ans et propose un voyage dans le temps avec ses cartes depuis 1938 jusque a nos jours, sur une carte interactive de tout le pays. Un régal pour ceux qui aiment la cartographie.

Genevve

Cartes (3) Itineraire Madrid- Irún 1849

ItinerariodeMadridaIrun 1849

La carte itinéraire Madrid- Irún de 1849, conservé a l’archive cartographique et d’études géographiques du Centre Géographique de l’Armée Espagnole, décrit en détail le chemin entre les deux villes. L’usage des courbes de niveaux était déjà courant a l’époque, mais ici le relief est encore montré d’une façon plus pictorique, quoique assez éloquente. C’est une carte avec un graphisme simple, mais élégant.

Cartes (2) Flux de personnes a Tokyo et geotags a Madrid

Tokyo-1

Le CSIS (Center for Spatial Information Science) de l’Université de Tokyo travaille sur une ligne de recherche sur la modélisation du flux des personnes dans les zones urbaines par l’utilisation de GPS. Ici, la carte est en realité une video du flux de personnes dans le centre de Tokyo au long d’une journée en 2008.

Il y a des resultats semblables avec d’autres sources, comme la carte de Madrid des geotags des utilisateurs des sites de photographies flickr et picasa, qui montre en quelque sorte la concentration des interets des touristes…Toutes deux des cartes interesantes, mais il faut lire bien la description, et se rappeler du fait que ce n’est pas tout le monde qui se deplace avec un GPS, et toutes les photos prises ne sont pas sur flickr ou picasa…

Cartes (1) L’orage Sandy

Je vous conseille de voir l'original sur http://project.wnyc.org/si-elevation/embed.html?layer=0#14.00/40.5753/-74.0892 et de lire l'histoire

Je vous conseille de voir l’original sur http://project.wnyc.org/si-elevation/embed.html?layer=0#14.00/40.5753/-74.0892 et de lire l’histoire

Un bon exemple d’une carte élégante, simple et qui montre une réalité dont on se serait passé : morts a cause de l’orage Sandy dans les zones qui sont sous le niveau de la mer a Staten Island, ville de New York. Une simple carte, avec les courbes de niveau et les points (je vous conseille d’accéder au lien) ou sont mortes les personnes, avec leurs noms