Mois: février 2013

Madrid, Buenos Aires (3)

Surface des parcelles du centre historique de Madrid (gauche) et du quartier de San Telmo a Buenos Aires

Surface des parcelles en m2 du centre historique de Madrid (gauche) et du quartier de San Telmo a Buenos Aires

 

C’est quoi, un centre ancien ? pour commencer, un endroit ou le tracé urbain et le parcellaire sont anciens ; les bâtiments sont rénovés et changent plus vite que ce que l’on pense, et sauf exception même les plus médiévales ont une partie importante de ses bâtiments avec moins de 200 ans.  Normalement ce sont des endroits ou le parcellaire est plus réduit en taille, car les moyens techniques et financiers pour construire des logements étaient il y quelques siècles plus limités.

C’est intéressant de voir que le « grain » (relation de taille entre parcelles) du centre historique de Madrid et du quartier de San Telmo, l’une des parties les plus anciennes de Buenos Aires, est similaire. La trame est totalement différente en ce qui concerne la structure, avec un tracé organique a Madrid sur lequel sont disposée des essaies d’espaces réguliers d’époques différentes, comme la Plaza Mayor, dont la construction commence en 1576 (presque en même temps que la seconde fondation de Buenos Aires)

Le centre de Madrid a plus d’espaces de cérémonie que celui de Buenos Aires, qui compense par un réseau plus puissant de grandes avenues (comme celle de Mayo, qui relie le dôme du Congres a la Casa Rosada) et la proximité du Río de la Plata (qui malheureusement n’est pas visible du centre urbain)

Plaza Mayor in Madrid

Plaza Mayor a Madrid

Detail de la façade de la Casa de la Panadería a Madrid, apres sa restauration pendant la derniere decennie (a droite sur l'image superieure)

Detail de la façade de la Casa de la Panadería a Madrid, apres sa restauration pendant la derniere decennie (a droite sur l’image superieure)

Espacio Artes y Oficios dans le cloitre du convent de San Francisco, dans le quartier de San Telmo a Buenos Aires. Image de gsonzogni sur panoramio

Madrid, Buenos Aires (2)

plazas oriente-mayoTrouver deux espaces comparables dans deux villes differentes et distantes n’est pas une tache facile. Les espaces du pouvoir repondent specialement a cette condition; je ne sais pas comment sont les espaces qui entourent les capitoles des 50 etats des U.S.A., mais je suis sur que, malgre l’apparence presque identique de tous ces batiments, leur position urbaine est differente (wikipedia indique aussi que sept d’entre eux n’ont même pas de dôme…).

Au cas de Buenos Aires et de Madrid, prenons deux espaces representatifs: la Plaza de Mayo sur la premiere, la Plaza de Oriente pour Madrid.

La Plaza de Oriente est un espace conçu pendant le court passage au trone de José I Bonaparte, creant un espace urbain soumis au Palais Royal de Sabatini. Si ce dernier est sans doute un batiment de grande qualité et presence urbaine, les architectures et le tracé de la place sont un exemple d’uniformité, mais elles ne sont pas a la hauteur du Palais; le Teatro Real est sans dout un batiment historique avec des valeurs, mais pas a la hauteur de celles du batiment de Sabatini. Les arbes apportent une importante barriere visuelle, brisé en faveur du Palais par la calle Bailén, avec des belles vues sur l’entourage; les denivellements y contribuent.

plaza oriente

La Plaza de Mayo est l’evolution de la Plaza Mayor conçue en 1580 par Juan de Garay, fondateur de Buenos Aires, avec une forme de rectangle de 100×100 m. Des le debut ce qui est aujourd’hui la Casa Rosada (siege de la présidence de la Republique) est un lieu de pouvoir de la colonie. La place a evolué et devenue parc au cours du XIXeme siecle. La Casa Rosada est un batiment qui trouve ses origines dans le fort original sur l’avenida Ribadavia, a coté duquel est construite en 1853 la maison des postes. En 1886 l’architecte Tamburini se voit confier le projet d’union entre les deux batiments, et depuis il y a eu plusieurs aditions, avec un resultat eclectique. La Cathedrale Metropolitaine, a l’Ouest sur la place, configure une grande façade neoclasique avec un fronton imposant, avec une integration dans la place qui compte avec un espac libre de moindre dimension a l’est sur sa même parcelle pour aporter l’image de temple isolé; conçue en 1745 et finalisée vers 1836, sa presence sur la place est presque plus importante que celle de la Casa Rosada elle même.

Biblio (28) Le conte de deux cités

Madrid-BsAs

J’ai pleine conscience du fait que Charles Dickens a conçu en 1859 son ouvrage « Le conte des deux cités » pour raconter l’évolution en parallèle de Londres et Paris sous la révolution française. Mais le titre semble trop intéressant ne pas l’utiliser pour parler de deux villes très différentes et a la fois très proches, Madrid et Buenos Aires.

J’habite la première depuis plus de dix ans, mais je n’ai jamais visité la deuxième.  Mais ayant vécu en Galice 30 ans, Buenos Aires a été une présence constante, j’imagine que la même que New York pour un irlandais.

Apparemment Benjamin Disraeli, premier ministre de la Reine Victoria, disait qu’il y a trois formes de mensonge : mensonge, maudits mensonges, et statistiques. Avec cette prudence, et tenant compte qu’il y a toujours des sources alternatives, les annuaires statistiques des deux villes semblent une voie d’approche aux réalités de ces deux villes.

L’Annuaire publié para la Ville de Madrid en décembre 2012 comprend des aspects socioéconomiques et environnementaux.

L’Annuaire publié par la Ville de Buenos Aires en 2011 comprend des aspects similaires, ce qui facilite la comparaison

Dans les deux cas, les statistiques générales parlent de villes très touchées par les crises économiques : celle du début de la décennie passée a Buenos Aires, celle qui a commencé en 2007 a Madrid.

Buenos Aires (2010)

2,89 millions d’habitants

13,2% de non natifs

4,5 par mille, croissance annuelle de la population

16% population de plus de 65 ans

24.354 logements informels

29,5% population avec des revenus inferieurs a la corbeille de consommation

Madrid (2010-2011)

3,23 millions d’habitants

15,4% d’étrangers

19,36% population de plus de 65 ans

12.109 euros de revenu moyen par personne

5% population qui ne peut maintenir son logement a la température adéquate

13,5% population en risque de pauvreté

Poliorcetique (6) Pampelune

Pampleune au XVIIIeme siecle. La carte peut etre consultée sur gallica.bnf.fr, signature GED-4683

Pampleune au XVIIIeme siecle. La carte peut etre consultée sur gallica.bnf.fr, signature GED-4683

Pampelune est un exemple de ce qui est arrivé dans la plupart des villes espagnoles pendant le XIXeme siècle. La muraille est pour la plupart démolie. Ici elle subsiste sur un secteur occidental et sur la citadelle du sud-ouest ; le secteur ver la riviere, ou il n’y avait pas de pression pour batir, subsiste aussi. Une grande avenue de liaison avec l’ensanche est crée

La muraille vers la riviere

La muraille vers la riviere

Poliorcetique (5) La Valette

Plan des Forteresse de Vallete, bourg et sangle de Malte... H Boulange fe. 1645.  Gravure qui represente la ville au XVIIème siècle, qui peut etre consulté sur gallica.bnf.fr avec la signature GE C2362

Plan des Forteresse de Vallete, bourg et sangle de Malte… H Boulange fe. 1645. Gravure qui represente la ville au XVIIème siècle, qui peut etre consulté sur gallica.bnf.fr avec la signature GE C2362

Arrivant de l’Espagne La Valette est une ville intéressante; pendant le XIXème siècle la plupart des villes espagnoles ont démoli leurs murailles pour créer des ensanches, extensions urbaine régulières en continuité avec la ville ancienne. Pourtant, a La Valette ils ont eu et la persistance des fortifications et les extensions urbaines. La vue de 1645 montre la situation de la ville historique et une prévision pour l’extension vers l’intérieur qui s’est matérialisé.

Sans doute, le rôle de Malte dans la Méditerranée, en tant qu’ile avec une notoriété géostratégique indéniable (il n’y a qu’a penser au nom de « porte-avions insubmersible » donné par les britanniques au cours de la deuxième guerre mondiale) fait que la destruction des défenses ait été perçue comme moins urgente qu’ailleurs. C’est un endroit formidable pour voir des forteresses urbaines de la renaissance et la période baroque, et une ville des mêmes périodes bien conservée et très attractive pour la photographie.

Le Château du Saint Ange sur l'image de 1645

Le Château du Saint Ange sur l’image de 1645

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Château du Saint Ange aujourd’hui, vu de la peninsule centrale

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Façade urbaine de la peninsule centrale vers la baie orientale

L'extension de 1645, devenue Floriana de nos jours

L’extension de 1645, devenue Floriana de nos jours

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La porte d’acces a la vieille ville depuis Floriana. Un fosé tres profond et une porte recente

Poliorcetique (4) St Nazaire

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Les forteresses sont souvent vues sous un angle romantique: paysages pittoresques, avec une intégration paysagère qui résulte d’une végétation qui a grandi avec le temps… une fois qu’elles sont obsolètes. Saisir son contexte et l’impact de leur construction sur la vie des gens courants n’est pas toujours facile : le cas de St Nazaire est illustratif.

Ville moyenne française qui a commencé sa croissance avec l’industrialisation au XIXème siècle, la défaite française de 1940 la surprend en tant que port important de la façade atlantique. L’occupation allemande et l’extension de la guerre au trafic maritime mène a sa désignation en tant que port de base pour les sous-.marins. Cette condition existe aussi dans d’autres ports, de Brest a Bordeaux, mais a Saint Nazaire, dont le port consiste en un bassin a flot avec des écluses pour faciliter les opérations avec les marées, la base est implantée en plein centre ville. Ainsi, le centre perd sa relation avec la mer, a cause d’un immense bunker, accompagné d’un de taille plus réduite pour protéger une écluse spéciale pour les sous-marins.

Les bombardements alliés visant la base n’ont qu’un impact limite sur elle, mais dévastateur pour le centre urbain ; a la fin de la guerre la base est l’un des derniers bastions de la résistance allemande, mais la ville est disparue et devenu un immense champ de ruines.

Apres la guerre, la base est utilisée par la marine française, mais plus tard abandonnée et utilisée pour certaines activités industrielles. Sa démolition est étudiée, et jugée de loin trop couteuse. La ville est reconstruite autour, mais le centre reste un espace perdu.

Au cours de la décennie de 1990 une opération de transformation est lancée suivant un plan, entre autres, de l’urbaniste barcelonais Manuel de Sola Morales. Un super- ilot est conçu comme un ensemble de mixité fonctionnelle (y compris le centre commercial ouvert « ruban bleu », de telle sorte que par la différence de niveaux, la base a une présence plus réduite en tant que barrière visuelle. Mais la mer et l’eau ne sont pas visibles… je ne sais pas si la base sera encore la en cent ans, mais peut être quelqu’un aura déjà trouvé un rôle pour elle…

En tout cas, je n’aimerais pas que l’on pense que la ville n’a aucun intérêt bunker apart ; la partie côtière compte l’une des meilleures promenades maritimes en France (Jacques Tati a filmé sur une des plages «Les Vacances de Mr Hulot »), et le paysage de l’estuaire de la Loire est très intéressant.

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Poliorcetique (3) Lorient

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Comment organiser en toute vitesse un système défensif novateur? Par essai et erreur… Quand l’Allemagne envahi la France en 1940, la côte Atlantique devient un endroit idéal pour baser les sous-marins qui doivent étrangler l’Angleterre. Entre les ports qui accueillent ces bases est le breton de Lorient.

La base est construite a l’entrée de l’estuaire, hors de la ville. La première guerre mondiale avait déjà vu des sous-marins, mais la seconde voit leur importance augmenter. La base de sous-marins se configure comme un système de hangars individuels pour chaque sous-marin, des alvéoles de béton avec des murs et une toiture avec une épaisseur mensurable en mètres, en deux rangées parallèles, avec des chariots au centre pour déplacer les sous-marins vers l’écluse donnant accès a la mer. C’est comme un parking actuel de voitures, avec des places individuelles et une sortie unique…sauf pour le fait qu’un sous marin hors de l’eau est bien loin d’etre « automobile ». Le système est substitué dans la phase suivante par des alvéoles au niveau de la mer, de telle sorte que chaque sous-marin peut sortir par ses propres moyens…

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