Mois: février 2013

Biblio (30) Un systeme cadastral pour les Etats-Unis

30-national land parcel

 

La plupart des pays avec des économies développées peuvent compter sur des systèmes cadastraux. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. La fragmentation administrative, l’une des caractéristiques du système politique du pays depuis sa fondation par le souci d’éviter l’absolutisme en équilibrant les pouvoirs, fait que souvent l’accès aux données cadastrales, simple a l’échelle nationale en Espagne ou en France, requiert des connaissances locales aux Etats-Unis.

Le rapport du service des recherches du Congres expose qu’il y a de plus en plus de données géographiques de production privée ou non fédérale, ce qui accroit le besoin d’une coordination pour éviter la duplication des couts. Les urgences plus importantes pour mettre en place un système de ce genre sont la réaction aux catastrophes (avec une forte implication fédérale), le suivi des phénomènes naturels et le changement climatique, ou le suivi de la crise immobilière et la dynamique de saisies judiciaires par défaut dans les remboursements de prêts hypothécaires.  Des options d’organisation légale du système sont proposées, tout comme les problèmes que peuvent se poser dans le développement du système.

Il est pertinent de se poser la question sur si un jour on verra en Europe un véritable cadastre continental, étant donnée que notre diversité légale est bien plus grande…

Barcelona- Bogotá (6)

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Le centre ancien de Barcelone est le résultat de l’évolution de la primitive colonie romaine, même si c’est difficile a croire en regardant la trame urbaine (les grandes voies droites dérivent du plan de Cerdá au XIXème siècle). Au cas de Bogotá, les traces des Lois d’Indes et leur grille est plus claire.

A Barcelone la Cathédrale (rouge) et la mairie (bleu) occupent des places différentes, tandis qu’a Bogotá un même espace est partagé, avec un grand symbolisme car la même place est aussi le site de la haute cour de justice et du Parlement.

La croissance de la ville montre que la volonté de régularité se heurte toujours au besoin d’intégrer des conditions inattendues… la trame régulière est presque impossible.

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Barcelona- Bogotá (5)

Surface batie de logements (m2) par ilot a Barcelone et a Bogotá. NO implique l'absence de surface residentielle sur l'ilot

Surface batie de logements (m2) par ilot a Barcelone et a Bogotá. NO implique l’absence de surface residentielle sur l’ilot. Les hotels de ville sont marqués par un cercle noir.

Ou vivent les gens? Et ou font-ils leurs achats ? répondre a ces questions de façon précise est complexe. Mais il est plus facile savoir ou ils pourraient faire une ou autre chose, encore une fois avec des données cadastrales sur des plans a la même échelle des deux villes. Ceci implique qu’il n’y a pas une sécurité de trouver des gens qui vivent a ces endroits ou des commerces ouverts, mais quelqu’un paie (ou devrait le faire) des impôts pour ces usages sur ces parcelles.

Ces plans ne montrent pas des densités, mais des quantités par ilot ; il est aussi intéressant de savoir ou et de quelle magnitude sont les surfaces de ces usages que de savoir ou ils ne sont pas localisés.

La première conclusion est que l’intensité de l’usage résidentiel au centre de Barcelone est plus haute qu’a Bogotá (même si les ilots sont de moindre surface). Et ca peut surprendre de premier abord, car les images de la première montrent souvent des tours, tandis que l’image de Barcelone est plutôt sa grille traditionnelle avec des hauteurs plus uniformes. C’est vrai, Bogotá a une population plus grande, mais sur une aire bien plus étendue. Ce qui arrive est que Bogotá a des hauteurs moyennes plus réduites, et des bâtiments souvent moins profonds. A Barcelone, 150 ans après la présentation par Cerdá de son projet pour réduire la congestion du centre, et malgré avoir accompli cela en partie, la ville nouvelle est aussi très dense.

Autrement, 2012 Barcelone comptait 1,6 millions d’habitants (padron, ine.es) et un peu plus de 72 millions de m2 de surface construite résidentielle (cadastre) ; chaque barcelonais compte ainsi 45 m2 de logement. Bogotá Distrito Capital comptait en 2012 un peu plus de 8,9 millions d’habitants (estimations de dane.gov.co) et un peu plus de 179 millions de m2 de surface résidentielle (cadastre) ; chaque bogotano  avait en moyenne 20 m2 de surface de logements, moins de la moitie, ce qui explique aussi les différences de densité résidentielle. 

En ce qui concerne l’usage commercial (l’usage tel qu’appliqué par les cadastres respectifs, avec des différences pas toujours nettes entre grossistes et vente au détail), il y a une différence et une similitude. Le centre historique de Barcelone est plus vaste en termes de densité commerciale (il concentre aussi de façon plus claire la population avec les plus hauts revenus sur la grille du XIXème), tandis qu’a Bogotá la zone au nord de la place de Bolivar ou se concentrent ces activités est plus réduite. La similitude est dans la formation de grands centres commerciaux. Malgré un lien parfois important avec les transports en commun, ils attirent aussi des flux importants en voiture.

D’après les données du cadastre, a Bogotá il y a 0,07 m2 d’usage commercial par m2 d’usage residentiel ; a Barcelone la proportion atteint 0,118. Pour chaque bogotano il y a 1,4 m2 de commerce, tandis que pour chaque barcelonais il y a un peu plus de 5. 

Surface batie par ilot a destination commerciale, en m2. NO implique l'absence de surface pour cet usage sur l'ilot.

Surface batie par ilot a destination commerciale, en m2. NO implique l’absence de surface pour cet usage sur l’ilot.

A: Plaza de las Américas- Mundo Aventura, combinaison d’un parc a theme et un espace de commerce

B: Centro Mayor

C: Centro Comercial Calima

D: L’Illa Diagonal

E: La Maquinista

F: Diagonal Mar (la parcelle avec la plus grande surface batie de Barcelone, 107.000 m2)

Corte ingles pcatalunya

G: El Corte Inglés sur la Plaza de Cataluña, un grand magasin lié a la centralité historique.

Barcelona- Bogotá (4)

Agora Bogotá (Daniel Bermudez+ Herreros Arquitectos)

Avec un COS de moins de 2 (moyene de la zone, quoiqu’avec des typologies diferentes) le centre Agora sera un espace de conventions sur la carrera 40 et a coté de la Corporación de Ferias au sud de Bogotá. Le project peut etre consulté sur http://www.herrerosarquitectos.com/Ind_Proyectos.html. Il permet de transformer une zone industrielle qui fait charniere entre activités et logements.

Quand la Diagonal arrive a la mer; Forum 2004 a Barcelone

Quand la Diagonal arrive a la mer; Forum 2004 a Barcelone, site du Centre de Conventions de Barcelone

Le Forum 2004 a Barcelone a une grande concentration de tours qui marquent son paysage. Mais son COS est plus reduit coté tours (moins de 3) que derriere, sur le Centre Commercial Diagonal Mar (plus de 5), une typologie bien plus compacte sur une moindre hauteur.

Barcelona- Bogotá (3)

Gaudí au Paseig de Gracia, sur un ilot avec 5,5 de COS moyen

Gaudí au Paseig de Gracia de Barcelone, sur un ilot avec 5,5 de COS moyen

Le COS ou coefficient d’occupation des sols correspond a la division entre surface batie (l’adition de celle de tous les etages) et l’emprise au sol qui est adoptée comme référence. Il n’est pas facile de connaitre la densité d’une zone de premier abord, car elle dépend aussi bien de ce qui est bâti que de la surface sur laquelle elle est mesurée. Ainsi, une tour peut avoir une densité sur parcelles bien moindre que celle d’un ilot moins haut. Même sur un ilot, les cours peuvent avoir des dimensions variables, et ainsi il n’est pas facile d’apprécier ce paramètre de l’extérieur. Et cela, sans arriver au cas du film « La estrategia del caracol » (la stratégie de l’escargot), de Sergio Cabrera (1993) et sa vision de la « densité en réduction » a Bogotá…

Densité par ilot aux centres de Barcelone et de Bogotá

Densité par ilot aux centres de Barcelone et de Bogotá

Tours residentielles pres de Diagonal Mar a Barcelone. COS 1,7 sur parcelle cadastrale

Tours residentielles pres de Diagonal Mar a Barcelone. COS 1,7 sur parcelle cadastrale

Plaza Bolivar, Bogotá. Une zone avec un COS moyen de 3. Image de Richard Lozin sur Panoramio.

Barcelone- Bogota (2)

Barcelone. Le carre rouge indique la Mairie. Les fleches indiquent des continuités urbaines qui n'ont pas été considerées sur la carte

Barcelone. Le carre rouge indique la Mairie. Les fleches indiquent des continuités urbaines qui n’ont pas été considerées sur la carte

La densité peut être exprimée de façons diverses. Ici sont montrés, d’après des données cadastrales, les gradients des coefficients d’occupation du sol par courbes de niveau. L’indicateur utilisé est du genre kernel, les chiffres affichées n’etant pas les coefficients eux mêmes, mais donnant un aperçu rapide a cette echelle de l’image globale

Au cas de Barcelone la ville montre un tissu avec une densité relativement homogène, entourée de montagnes et de la mer et en tant que centre d’une agglomération plus large.

A Bogotá la dispersion des densités est bien plus claire. Parfois les zones plus denses sont prés des montagnes.

Bogotá. Le carre rouge correspond a la Mairie

Bogotá. Le carre rouge correspond a la Mairie. La ville se prolonge vers le Nord et le Sud le long de la vallée

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Torres del Parque, batiment de Rogelio Salmona, a Bogotá. Image de Juan Daniel sur Panoramio

Deux villes sur deux continents et deux contextes différents. Barcelona sur la mer Méditerranée, malgré la crise une ville avec un partage des revenus proche de la moyenne européenne, et Bogotá entourée de montagnes andines et avec la structure sociale d’un pays d’Amérique Latine en croissance. Cette semaine je propose une excursion par ses tissus urbains en fonction de leur densité, ce paramètre qui obsède les urbanistes et qui après, en fonction des conditions, es recherché ou refusé par les habitants.

Pour ceci des donnés du cadastre ont été utilisées pour déterminer des iso lignes de densité qui permettent de comparer les situations

La montagne de Collserola vue de la zone de la Gare de Sants a Barcelone

La montagne de Collserola vue de la zone de la Gare de Sants a Barcelone

 

Biblio (29) El Vedado, La Havane

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Voila l’exemple d’un plan singulier a plusieurs egards. El Vedado est une municipalité de l’agglomeration de La Havane, dont le tracé urbain pourrait etre consideré comme un exemple des projets innovants de l’urbanisme européen du XIXeme siecle; je suis pleinement conscient que La Havane n’est pas en Europe, mais le plan aprouvé en 1860 (presque au même moment que les ensanches de Madrid et de Barcelone) l’est dans une ile encore espagnole, et la philosophie est clairement differente de celle de la grille coloniale classique. El Vedado est une grille, mais une differente, soumise a modification comme presque n’importe quel plan, mais capable de maintenir ses valeurs. Je n’ai jamais visité La Havane, mais il parait que le quartier est a la mytologie locale ce que l’ensanche est a celle de Barcelone.

Ce n’est pas une nouveauté de dire que Cuba a un systeme economique peu frequent; c’est curieux que dans une premiere lecture le plan assume un langage sur les investisseurs peu different de ceux qui sont courants sur d’autres pays.

C’est aussi surprenant de voir que ce plan est organisé et justifié comme un document du « new urbanism » (même quand c’est un plan qui est passé par un comité populaire). Et qu’il a reçu une mention honorable au prix Driehaus du Form Based Codes Institute, une organisation des Etats-Unis.

Ce ne sont que des conditions singulieres. Je repete que je n’ai jamais mis le pied sur Cuba et je doit juger sur des sources secondaires, mais le plan parait interesant a plusieurs egards: de l’autre coté de l’Atlantique il aurait été tres debatu par la proposition de nouvelles tours en bord de mer, mais de l’autre coté du detroit de la Floride ceci n’aurait probablement pas été tres ataqué. Les parties historiques et analytiques sont bien ecrites, et semblent une bonne introduction a l’histoire recente du centre de La Havane, et le reglement semble coherent. A coté de l’arome « new urbanism » on voit aussi la main des certains experts de Barcelone.

Le document peut etre consulté sur: http://formbasedcodes.org/files/driehaus/ElVedadoMunicipalCode-2012Driehaus-reduced.pdf

Madrid- Buenos Aires (5)

Deux projets urbains avec histoire, qui montrent la complexité de passer des idées a l’action dans une ville.

Zuazo-Jansen

 

A Madrid, en 1929 Secundino Zuazo et Herman Jansen gagnent le concours pour l’extension de la Castellana (grand axe nord-sud actuel). Pendant les années qui précédent la guerre civile 1936-1939 le projet n’arrive pas a se développer, et plus tard il y aura des développements partiels qui n’auront pas grande chose a voir avec l’idée originale, de AZCA (déjà pensée par le Plan Bidagor de 1946) jusque aux tours inclinées de la Plaza de Castilla. Il y a un bon article de Carlos Sambricio sur le projet Zuazo- Jansen.

Elevateurs de céréales a Puerto Madero

Elevateurs de céréales a Puerto Madero

Le projet de Le Corbusier

Le projet de Le Corbusier

La nuit de Buenos Aires depuis le Rio de la Plata, avec le projet de Le Corbusier

La nuit de Buenos Aires depuis le Rio de la Plata, avec le projet de Le Corbusier

 

Le Corbusier visite Buenos Aires en 1929 et dessine des premières ébauches d’une approximation de la ville au Rio dela Plata, transformant Puerto Madero, un ensemble de docks dans la zone central, en un espace marqué par ses gratte-ciels « cartésiens » (il faut avouer que la lecture des voyages de Le Corbusier rappelle les campagnes de Napoléon…). Le projet est développée plus tard a Paris en 1937-1938, et il y a même une tentative avortée de développement par le gouvernement de la ville en 1947-1949. Le travail avec un ensemble d’architectes argentins (décrit dans « La Red Austral, obras y proyectos de Le Corbusier y sus discípulos en Argentina », par Liernur et Pschepiurca) fut essentiel pour développer ce travail, même s’il n’aboutit pas. Sous la présidence de Carlos Menem pendant la décennie de 1990 l’idée est reprise ; Puerto Madero est devenu un nouvel espace de centralité, mais on peut supposer que Le Corbusier râlerait, comme a New York, contre la petitesse (en plan) des gratte-ciels. Il y a un article d’intérêt de Juan Manuel Borthagaray sur le procès, tout comme le site de la Corporación.

Puerto Madero, tel que construit

Puerto Madero, tel que construit

Madrid, Buenos Aires (4)

Retiro-Retiro

Un quartier élégant este général un espace ou l’architecture a pu se développer avec un plus grand raffinement avec le temps parce que, simplement, ses habitants ont eu l’argent pour se payer des bâtiments meilleurs et ils les ont conservés. Il parait que Gangnam-gu est l’un des quartiers plus riches de Seoul, mais étant donné que la ville fut détruite presque entièrement par la guerre de Corée, il faudra surement un temps pour qu’une architecture comparable se configure (mais ils ont une chanson…)

Le quartier de Retiro a Buenos Aires (un peu au nord de la Plaza de Mayo) et le quartier de Salamanca a Madrid (au nord du parc du Retiro) ont été construits pendant le XIXème siècle.

A Madrid le quartier de Salamanca, conçu avec la volonté d’orienter l’ensemble de la croissance urbaine, est tout comme l’ensanche de Barcelona (projet qui coïncide dans le temps) une tentative d’utiliser la grille comme loi directrice. Il est devenu finalement le quartier le plus exclusif car ceux qui avaient moins de ressources avaient des opportunités moins chères hors de la ville réglementée. Et il reste un espace très coté, quoiqu’extrêmement dense, car comme a Barcelone les normes d’origine sur les bâtiments se sont vues substituées par d’autres plus favorables a la spéculation. En tout cas, il y a encore deux ilots a l’est de la plaza de Colon ou l’on peut apprécier la configuration originalement prévue avec des cours centrales, plus tard oubliées.

A Buenos Aires le quartier de Retiro ne montre pas une volonté spéciale dans son tracé ou projet. Comment se différencier en tant que grille dans une ville qui est une grille ? En fait, il est surprenant de voir que sa configuration est moins régulière que celle du Ensanche de Madrid (lui aussi adaptée aux préexistences). Le quartier apparait quand les habitants plus riches cherchent un nouvel espace après l’épidémie de fièvre jaune de 1871 ; Paris est le modèle pour l’architecture d’un quartier construit quand l’Argentine, en tant que grande puissance agraire, se présente comme un pays émergent. Des la décennie de 1930 c’est un point d’entrée de l’architecture moderne.

Avenida Córdoba, a Buenos Aires. Image de Panoramio par Franciscovies