Mois: janvier 2013

Eau (4) Lyon Confluence

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La ville française de Lyon a plusieurs raisons pour attirer votre attention: son emplacement entre deux fleuves qui paraissent ne pas vouloir se joindre, creant une longue presqu’ile qui est devenue le centre urbain, son relief qui vous apporte des belles vues même sur les Alpes, a quelques 100 km, et un urbanisme qui montre un ordre. Et aussi la nourriture, tant qu’on y est…

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Le centre historique est autour de Fourvière, sur la Saône, et il s’est étendu vers l’est. Le plan de Jean-Antoine Morand de 1764 montre une vision de la consolidation de la ville partant de la traversée des fleuves. La confluence de la Saône et du Rhône, dont la position a changé au cours des siècles de par la dynamique fluviale et les travaux de canalisation, a été jusque a date récente un faubourg avec un peu de désordre et des usages industriels et associées au rail.

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En 2003 la Ville de Lyon lance l’opération d’aménagement, avec l’intention de configurer un quartier a haute qualité de vie, avec des logements a des prix abordables, mixité urbaine et vie culturelle, et intégrant le siège de la Région Rhône- Alpes.

Le territoire de projet en 1972

Le territoire de projet en 1972

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Le territoire de projet couvre 150 hectares, dont 70 pour des parcelles et 35 pour les espaces publics. Le quartier devrait a terme atteindre les 16.000 habitants et les 25.000 emplois, avec des bâtiments a hautes performances environnementales. Toute zone est a moins de 400 mètres de l’eau et des transports en commun. Le risque d’inondation est réduit par la minimisation de l’imperméabilisation des sols (moins de places de parking en surface, des espaces publics végétaux) et avec un projet qui intègre des canaux.

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Les bâtiments et espaces publics ont fait l’objet d’un projet qui intègre l’eau et le patrimoine.

Plus d’informations sur www.lyon-confluence.fr

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Eau (3) Le Plan Delta

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En 1953 les Pays Bas ont souffert des inondations catastrophiques. En tant que pays dans les bouches du Rhin, avec une partie substantielle de son territoire sous le niveau de la mer, le risque d’inondation est toujours haut; mais ce jour une grande tempête sur la Mer du Nord, qui a aussi touché l’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne, a augmenté le niveau de la mer de plus de 4 mètres par rapport a son état habituel. Pour aggraver la question, la plupart des habitants dormaient dans leurs lits, et il eut plus de 1.800 morts.

Un plan de protection côtière fut implémenté, créant l’un des paysages contemporains les plus abstraits et impressionnants, avec un nombre comme but: 4.000 ans, la période de récurrence statistique d’un orage a même de produire des dégâts comparables a ceux de 1953 une fois les barrières en place (pour comparaison, en Espagne un terrain est considéré inondable si il peut être sous les eaux au moins une fois tous les 500 ans). Le grand cout des travaux et leur entretien est compensé, au moins partiellement, par la constitution d’un savoir faire spécifiquement néerlandais qui est exporté. J’ai visité les Pays Bas, mais je ne suis jamais allé sur la barrière; l’image supérieure (prise sur http://holland.com) montre un paysage entièrement abstrait et artificiel, ou chaque élément a sa raison d’être.

Les calculs originaux pour le Plan Delta se sont vus modifiés par les prévisions de changement climatique et les connaissances tirées de la catastrophe du Katrina a la Nouvelle Orléans en 2005. Les Pays Bas repensent leurs politiques de protection contre les inondations, ce qui veut dire qu’ils sont forcés de repenser la moitie du pays.

Eau (2) Wc sans eau

L’introduction des égouts modernes au XIXème siècle fut en grande mesure possible avec l’invention du wc moderne. Cet appareil présente des avantages sanitaires indéniables, mais un problème clair : le besoin d’un volume d’eau qui, combiné a large échelle dans les villes, peut devenir important. D’après le PLANYC de New York, il y a quelques années la Ville réfléchissait sur la construction d’un nouveau barrage pour faire face a l’accroissement de la demande d’eau ; la solution fut finalement un programme de rénovation des wc, par substitution par des modèles avec une demande d’eau réduite, ce qui a mené a l’annulation du nouveau barrage. De l’autre coté, l’évacuation des eaux usées demande aussi une infrastructure couteuse.

Le problème se pose quand il n’y a pas d’infrastructure d’eau, une situation courante dans les pays en développement. La fondation de Bill et Melinda Gates a lancé en 2011 le Reinvent the Toilet Challenge, avec les buts suivants pour une nouvelle génération de wc :

–           Elimination des pathogènes et récupération des ressources valorisables comme énergie, eau propre et nutriments.

–           Opérationnel sans besoins d’eau, égouts ou électricité.

–           Cout par jour de moins de 5 cents d’euro

–           Promotion des services d’assainissement durables dans des environnements urbains pauvres

–           Configurer un produit attractif que tout le monde voudrait dans tous les pays.

Le résultat est une série de bourses de recherche pour des institutions diverses pour développer des prototypes. Une grande idée pour les pays en voie de développement, une chance de réduction des infrastructures et des impacts sur l’environnement dans n’importe quel pays.

Eau (1) Dessalement

Que faire si l’eau n’est pas au rendez-vous? Soit vous faite un transfert entre bassins hydrographiques a l’aide d’aqueducs, soit vous avez recours au dessalement si de l’eau salée est disponible. C’est ce qui a été fait dans certains endroits de la côte du sud-est de l’Espagne. L’usine de dessalement du Bajo Almanzora est sensée apporter de l’eau a une region de culture intensive sans avoir recours aux transferts partant d’autres bassins.

Pour une capacité de 20 hm3 d’eau et un investissement de 75,9 millions d’euro (23 provenant des fonds europeens), les 150.000 habitants de la zone et les cultures ont acces a une resource plus stable que la naturelle dans cette zone aride. Utilisant une technologie d’osmose inverse, l’usine asure l’evacuation des saumures (eaux avec une haute salinité qui sont un dechet de dessalement avec un impact sur l’environnement marin) requiert une conduction de 2,5 km (la mer est tout pres, vous pouvez le voir sur google maps). L’usine ne depasse pas les 5 hectares au sol.

Je ne connais pas les données exactes de cette usine de dessalement. Mais on peut imaginer que son eficacité energetique será autour de 4 kwh d’electricité par m3 d’eau dessalée (une moyenne pour les installations a osmose inverse). Donc, 20 hm3 d’eau par année requierent 800 Mwh d’electricité. Avec des parcs d’eoliennes avec des puissances de 50 Mw, ceci devient faisable avec des energies renouvelables (quoique ce n’est pas toujours le modele utilisé,et une connexion au réseau est necessaire pour pouvoir fonctionner les jours sans vent…). Comme exemple, voici une publication specificique

Biblio (25) La politique de l’eau en France

3- EAU FRANCE-world water forum

D’après les données du Forum Mondial de l’Eau, tenu a Marseille au début 2012, il est prévu qu’en 2030 la consumation d’eau par personne dans le monde aura augmenté de 40%, et que 47% de la population mondiale sera dans des zones soumises a stress hydrique. L’agriculture consommera autour de 70% des ressources hydriques, et l’industrie et la production d’énergie un 10%. La quantité d’eau douce renouvelable disponible par habitant aura descendu a moins d’un tiers de la quantité disponible en 1950, pour se situer autour de 5.100 m3 (en grande mesure a cause de l’accroissement de la population). Le site des Nations Unies publie des statistiques interesantes.

3- EAU FRANCE

Dans ce contexte, la politique de l’eau en France est basé sur la Loi de 1964 sur les bassins hydrographiques (huit en métropole, 5 outremer), la Loi de 1992 qui établit le principe de gestion équilibrée, et la loi de 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques. La Loi Grenelle 2 établit des mesures pour le contrôle des pertes dans les réseaux de distribution et la réduction de l’usage des produits phytosanitaires. La gestion des inondations est adaptée a la Directive Européenne de 2007 sur la matière.

Le système intègre la participation publique dans la rédaction des Schémas Directeurs d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE)

Vert (4) Bon et mauvais

Eucaliptus
Toutes le professions ont leurs obsessions: les coutouriers ne peuvent supporter la vue de certains vetements, et pour les ecrivains certains livres seraient a bannir a perpetuite ( les architectes sont une categorie toute speciale, capables d’admirer ce peu de gens aiment et d hair ce que presque tout le monde voudrait voir partout, nous sommes des droles d’oiseaux…).
Les experts en environnement sont prets a embraser les arbres… Mais pas n’importe lesquels. Dans le nord de l’Espagne l’eucaliptus (image superieure, plage de Santa Cristina, Oleiros) et autres essences a croissance rapide sont montres du doigt por leur impact sur les arbres autochtones, leur demande en eau et la configuration d’espaces avec une moindre biodiversite.
Mais voila que la question du rechauffement climatique se pose. La teneur en carbone du bois est a peu pres semblable par unite de poids pour toutes les essences, ce qui implique que celles qui ont une croissance rapide absorbent plus efficacement les gaz a effet de serre. Ce potentiel ne se concretise qu’a condition d’avoir une gestion durable des forets (les feux de forets ou une mauvaise gestion des sols peuvent liberer le carbone absorbe) et des produits forestiers.
Donc, c’est vraiment une question ecologique, ce qui revient aux systemes complexes, ou un seul facteur n’est pas le seul a considerer. En tout cas, quand je passe sous ces arbres parfois je comprends ces gens qui aiment des batiments que je deteste.

Vert (3) L’Academie des Sciences de Californie

L’Academie des Sciences de Californie est au coeur du Golden Gate Park, a San Francisco. C’est un exemple classique de batiment public representatif qui occupe un espace central dans un grand parc public. Le tremblement de terre de Loma Prieta en 1988 a endomagé de façon irreparable le batiment historique, et l’architecte italien Renzo Piano (entre autres, coauteur du Centre Pompidou a Paris) a asumé le projet de reconstruction. L’ideée (qui peut etre perçue en aggrandisant la photo de google maps) est de redonner la surface du batiment aux plantes, avec une toiture vegetale interesante. Le bâtiment a fait l’objet d’une evaluation LEED avec une haute note en termes de développement durable (10% de l’energie utilisée provient des paneaux solaires sur place, et les six pouces/15 cm de terre de la toiture vegetale forment un isolement naturel). Plus d’informations sur sur ce batiment, assez interesant, sur: http://www.calacademy.org/academy/building/sustainable_design/

Vert (2) Le Retiro

Le Parc du Retiro a Madrid apparait au XVIIème siècle comme un lieu de repos pour le roi Philippe IV. En vérité les jardins sont un élément liée a un grand ensemble de bâtiments, et montrent avec le passage du temps la complexe relation entre les éléments édifiées et le vert qui est habituelle dans ces espaces de recréation urbaine, aussi bien que, sur a peine 1 km2, l’occupation progressive de ces espaces initialement libres par la ville par des installations sportives ou des équipements publics.

Le plan de Texeira de 1656 montre un paseo del Prado (a droite) encore entouré de potagers et un palais qui ne se pose pas la question de sa présence urbaine. L’étang du Retiro existe déjà, accompagné par un réseau de canaux pour les jeux royaux. Les arbres atteignent ce qui est aujourd’hui le Paseo de Reina Cristina, et la façade aux rues Alcalá- O’Donell et l’Avenue Menéndez Pelayo acquiert sont tracé.

Plan de Texeira

Plan de Texeira

L’image suivante (lithographie de J.Donnon) montre l’avant-projet de distribution des ilots a bâtir sur le Site Royal du Buen Retiro, approuvé par la Ville de Madrid et l’Administration de la Maison du Roi et Patrimoine en février 1865. Le palais qui était à l’ origine du parc avait disparu pendant la guerre contre Napoleon, mais des traces subsistaient, comme le Musée du Prado. Le projet fut soumis a plusieurs modifications : la rue Alfonso XI fut finalement rectifiée, le Palacio de Comunicaciones occupe un espace qui devait avoir en origine des jardins, et le maintien de ce qui est en ce moment le Musée de l’Armée a modifiée le tracé prévu autour du Casón del Buen Retiro.

Image de la Biblioteca Digital Hispánica (bne.es)

Image de la Biblioteca Digital Hispánica (bne.es)

L’image suivante montre l’Exposición Histórico Americana du quatrième centenaire (1892), qui occupait ce qui sont maintenant les palais de Velazquez et de Cristal, avec une configuration qui subsiste. Malgré la dimension des bâtiments, le relief sur lequel ils se placent (sous le niveau des artères principales du parc) et la dimension des arbres permettent une intégration raisonnable, qu’avec le passage du temps est devenue mémoire historique.

Image de la Biblioteca Digital Hispánica (bne.es)

Image de la Biblioteca Digital Hispánica (bne.es)

Le Pavillon de Gym construit par Ábalos y Herreros en 2003 sur la partie occidentale du parc est un apport contemporain sensible aux conditions de l’entourage. La plupart du programme est souterrain, quoique bien éclairé et ventilé, et le volume visible est pour la plupart un tissu métallique de protection de la piste supérieure en plein air, ce qui renforce sa transparence.

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Le Pavillon de Gimnastique. Plus d'information sur http://www.herrerosarquitectos.com/PROYECTOS_ES/Ind_Proyectos06.html

Le Pavillon de Gimnastique. Plus d’information sur http://www.herrerosarquitectos.com/PROYECTOS_ES/Ind_Proyectos06.html

Vert(1) Les Landes de Gascogne

La forêt des Landes vue depuis la dune de Pyla. A gauche, l'Ocean

La forêt des Landes vue depuis la dune de Pyla. A gauche, l’Ocean

Les Landes de Gascogne sont une partie de la France qui constitue la plus grande partie de la façade littorale de l’Aquitaine, avec quelques 14.000 km2 d’extension. Elles sont un exemple de la complexité des grandes interventions sur le territoire.

Ce qui est aujourd’hui l’une des plus grands forets de l’Europe est en réalité une création humaine. Les Landes étaient traditionnellement perçus comme un territoire de marécages insalubres, avec des sols pauvres et une économie de subsistance avec des cultures peu productives et l’élevage de moutons, qui recyclaient une végétation pauvre en engrais. Après plusieurs tentatives sans succès pour développer des cultures du riz au tabac, et sous la menace du paludisme et les dunes mobiles, la Loi du 19 juin 1857 établit l’assèchement des landes et la plantation des pins pour l’exploitation des résines et du bois.

L’assèchement et plantation durent jusqu’en 1914. En parallèle il y a une importante privatisation des terres (jusque la en grande partie publiques, ce qui facilitait la circulation du bétail) et des tensions sociales a cause du passage de l’agriculture et élevage de subsistance vers l’exploitation de la forêt.

L’exploitation de la résine perd son importance pour disparaitre a la fin du XXème siècle. En 2009 la tempête Klaus déracine un nombre important d’arbres, ce qui mène a des mesures de stabilisation du marché du bois (la mise sur le marche du chablis modifierait le cours du bois) et a un débat sur le modèle sylvicole.

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Biblio (24) ECO2 Cities

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La Banque Mondiale est une institution vouée au soutien technique et financière aux pays en développement. Comme d’habitude dans ce genre d’institutions, ses opérations financières sont dirigées prenant compte d’études internes et externes sur plusieurs matières. Le développement urbain est l’une des matières, un fait qui ne surprend pas dans un monde ou la population urbaine s’accroit dans les pays en développement, dont la surface des villes devrait se multiplier par trois entre 2000 et 2030.

La Banque a lancé en 2009 sa nouvelle Stratégie Urbaine, ou s’intègre la stratégie ECO2 Cities : villes écologiques comme villes économiques. Le but est d’aider les villes des pays en développement a s’orienter vers un développement plus durable en termes économiques et écologiques, en tant que facteurs complémentaires et pas contradictoires. Le livre présenté marque la fin de la première phase de l’initiative, configurant un cadre d’analyse et opérationnel, susceptible d’adaptation aux conditions locales de chaque ville.

La structure du livre est :

  • Partie 1 : description de l’initiative, les défis et les leçons de plusieurs villes.
  • Partie 2 : présentation d’un système d’appui a la prise de décision de base urbaine. Plusieurs matières sont intégrées, comme la participation publique et des acteurs privés et gouvernementaux, les analyses de flux et couts économiques et environnementaux tout au long du cycle de vie, et des méthodes de prospective et de planification de résilience climatique.
  • Partie 3 : guide de référence de travail, avec des textes de référence, une vision en détail des problématiques des infrastructures, et des analyses de bonnes pratiques.

Le texte s’appuie sur les sources classiques sur la planification du développement durable, partant du Design with Nature d’Ian McHarg (1969), et élargit le sujet pour introduire la perspective économique.

Comme pour d’autres produits de la Banque Mondiale, il peut faire l’objet de critiques idéologiques, ou même techniques ; en tout cas, c’est une proposition structurée, avec une large vision sur les problématiques urbaines sur des contextes très divers.